Radiographie d’un monde de
plus en plus fragile.
L’environnement est une
préoccupation forte de la société. Entre changement climatique, concentration en
gaz carbonique, érosion de la biodiversité, désertification et réfugiés
climatiques, les indicateurs d’une catastrophe planétaire s’affichent dans les
esprits.
Quelle est la part de fiction dans le scénario funeste? Allez
savoir! Dans son rapport 2006, un «pavé» de 500 pages, l’Ifen (Institut français
de l’environnement) dresse un état des lieux en France.
En Languedoc-Roussillon, où
la population pourrait croître de 30% d’ici 2030, l’urbanisation des terres et
l’exposition croissante aux risques majeurs détermineront les enjeux des
décennies à venir.
Depuis une vingtaine d’années, l’Europe oriente les
politiques nationales en matière d’environnement. Avec le développement durable
comme fil conducteur. Quatre ans après son dernier rapport, l’Ifen vient de
refaire le bilan. Vaste chantier, d’où émerge un constat fort: «Des résultats
tangibles ont été obtenus dans la lutte contre les sources ponctuelles de
pollution». En quinze ans, les pollutions industrielles en France ont fortement
diminué et les émissions acides ont baissé de près de 30%. Dans le secteur
industriel, l’émission des gaz à effet de serre a chuté de 21,6% entre 1990 et
2004. Dans les grandes et moyennes agglomération, la qualité de l’air s’est
améliorée.
En revanche, souligne
l’étude, «les pollutions diffuses se sont aggravées». Ce sont celles qui
nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels, pour se déplacer,
consommer, se chauffer ou se loger. Simple exemple très probant: un Français
consomme en moyenne 160litres d’eau par jour! Ces Français, lorsqu’on les
interroge sur les problèmes d’environnement, placent la pollution des eaux
souterraines au premier plan. Et l’urbanisation croissante en dernière place.
Pourtant, dans l’Hexagone,
60000 hectares sont grignotés chaque année par les zones artificielles
(urbanisées). Et le littoral est 2,7 fois plus artificialisé que l’ensemble du
territoire.
Dans la région, la déprise
agricole a été deux fois plus importante que la moyenne nationale entre 1993 et
2003.
«L’étalement urbain
favorise la dépendance de l’auto donc l’augmentation des gaz à effet de serre»
rappelle l’Ifen. Le citoyen se doit d’agir: entre 1990 et 2004, les gaz à effet
de serre résultant de l’habitat se sont accrus de 22,3%. Et ceux issus du
transport de 22,7%. Or, les voitures particulières représentent 57% du transport
routier.
Vu la tendance
démographique en Languedoc-Roussillon, ces problèmes risquent de s’amplifier.
Ils viennent s’ajouter à une exposition croissante des populations aux risques
majeurs, notamment induits par les changements climatiques. 7% des communes
françaises sont considérées comme «fortement vulnérables» au regard des
inondations, des feux de forêt et des tempêtes. Le Languedoc-Roussillon vient en
quatrième position, derrière Rhône-Alpes, Paca et l’Ile de France, avec224
communes exposées. Et le sud de la France est susceptible d’être soumis à des
séismes.
Les effets réels du
changement climatique inquiètent la plupart des spécialistes. L’Ifen souligne
que «la catastrophe la plus meurtrière de ces dernières années en Europe a été…
la canicule de 2003». La surmortalité de 15000 décès en France en fit la
catastrophe la plus meurtrière depuis l’éruption volcanique de la montagne
Pelée, au nord de la Martinique, en mai 1902 (28000 morts).
De manière générale, la
population française exprime une confiance limitée dans les actions des
autorités en matière de gestion des risques. Le développement durable n’est donc
pas un jeu d’enfant…
Anthony JONES.
Droits Réservés à
Midi-Libre
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