:.Haute sécurité pour
découvrir le "nouveau" Beatles.:
Merci de laisser vos
manteaux, sacs, téléphones portables, agendas électroniques, etc. au vestiaire."
"Et un stylo et un carnet, on peut les garder ?", lance un petit malin,
déclenchant le soupir blasé d'un membre de la sécurité qui a dû entendre la
blague une cinquantaine de fois. On est au planétarium du Palais de la
découverte, à Paris, mardi 14 novembre, pour découvrir le "nouvel" album des
Beatles, Love, qui sera mis en vente lundi 20 novembre (en CD stéréo et en
DVD-audio 5.1).
Passé l'entrée principale,
il faut passer au scanner. L'oubli d'une clef USB défectueuse vous ramène au
point de départ. Deuxième rigolo : "Et les bouteilles d'eau, on les met dans un
sac plastique transparent ?"
Il s'agit d'une des écoutes en avant-première
organisées, depuis mi-octobre, par la major du disque EMI. Et avant publication
officielle, tout ce qui porte le nom des Beatles est rituellement classé
"secret-défense".
La tête dans les étoiles de la Voie lactée, avec le défilé
des planètes, la projection des signes du zodiaque, de nuages stellaires ou le
suivi du trajet de la Lune durant l'année, une centaine de journalistes et
professionnels de la musique passent vingt-six titres et 80 minutes enveloppée
dans la musique des Beatles.
A l'origine de Love, il y a le travail de Sir
George Martin et de son fils Giles. Les deux hommes ont eu accès à la totalité
des bandes originales des enregistrements des Beatles, pour fabriquer la
bande-son du spectacle Love, créé par le Cirque du soleil à l'hôtel-casino
Mirage de Las Vegas. Le moindre bruit produit par les Beatles a alors été passé
au système d'enregistrement numérique ProTools.
Pour le disque Love, les
Martin ont utilisé ce matériau pour assembler des titres d'albums différents
selon la technique du mash-up, popularisée par des bricoleurs sur Internet. Ils
ont isolé des instruments, récupéré des sons enfouis, mis en avant des voix et
globalement redéfini des chansons que tout amateur du groupe connaît par
coeur.
Alors, ébahis ou dubitatifs ? Les premiers redécouvrent les Beatles,
c'est leur entrée dans le XXIe siècle. Les seconds dénoncent une trahison, du
révisionnisme - la disparition de certains passages irrite. Mais tous espèrent
que Love est la première étape vers le remixage, la remasterisation ou la mise
en ligne du catalogue Beatles, album par album. Pour le gros son, mais sans
recréation.
Sylvain Siclier, Le Monde
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