Babet : « Ce disque, je l'ai d'abord fait pour moi »
Quand avez-vous décidé de faire votre propre album ?
C'est venu un peu d'un coup. J'en ai eu l'idée en février 2006. J'ai passé à peu près un mois à me demander si j'étais vraiment sûre et prête à me lancer.
Tout s'est ensuite enchaîné très vite : j'ai trouvé une manageuse presque tout de suite, un tourneur pareil, le label dans les mois qui ont suivi. Et en septembre, j'étais en studio pour enregistrer...
J'avais besoin d'accomplir quelque chose par moi-même, besoin de me prouver quelque chose. C'était comme un challenge... Je suis arrivée en studio quatre jours après la fin de la tournée d'été de Dionysos. Je n'étais pas spécialement préparée mais le fait que les gens m'aient fait confiance rien que sur des démos enregistrées dans mon salon m'a donné la force, alors je me suis lancée. Au bout d'un mois, j'avais mon petit disque !
Vous portiez déjà ces chansons en vous ?
Oui, la musique a toujours été là. Les chansons sur ce disque représentent à peu près dix ans de mon parcours de vie en tournée. Certaines sont anciennes et d'autres nées au studio même. C'était quelque chose qui était en moi mais il n'y avait pas encore eu le déclic. J'ai dû attendre d'avoir 29 ans pour avoir envie de faire quelque chose toute seule.
Composer dans son coin, n'est-ce pas déjà se dire qu'à un moment, on sera prêt ?
Pas forcément... J'ai toujours composé des chansons. Déjà enfant. Il y avait un piano à la maison, je ne savais pas vraiment en jouer (j'apprenais le violon) mais je composais déjà des petits trucs dessus. En fait, mes parents nous ont toujours poussées, mes sœurs et moi, à nous exprimer artistiquement. Du coup, il y a toujours eu des chansons. Après... c'est comme la scène. Ça fait dix ans que j'en fais mais je n'ai jamais vraiment voulu. C'est venu par hasard. Un jour, j'ai rencontré Mathias, le chanteur de Dionysos, et trois mois après, j'étais sur la route avec eux ! Je n'avais rien prémédité, je faisais des études de philosophie de l'art. C'est bizarre mais ça a toujours été plutôt malgré moi. Là, c'est la première fois que je prends véritablement la décision de faire quelque chose.
Comment l'ont pris les garçons de Dionysos ?
Ils étaient super enthousiastes. Ça les a fait marrer, leur petite sœur qui s'émancipait. Après, il a fallu qu'on se casse un peu la tête au niveau des plannings pour y caser mes concerts en solo !
Ce qui est plaisant dans votre musique, c'est le côté bricolé.
Oui. Parce que je ne me considère pas du tout comme une professionnelle de la musique ni une habituée. Je ne bosse pas spécialement mes instruments. J'aime bien ne pas être super à l'aise avec et avoir toujours à les redécouvrir un peu. C'est aussi pour ça, je pense, que j'ai une très mauvaise mémoire : je me régale à oublier les choses... pour les réapprendre. En fait, je plane tout le temps ! Ça me permet de toujours m'émerveiller, de toujours découvrir.
Justement, vos textes ont quelque chose d'une rêverie...
Mais je suis comme ça ! Je suis une grosse rêveuse. Et super romantique ! Mais je le cache beaucoup. Dans la vie de tous les jours, je n'aime pas trop montrer ce côté-là de moi, je préfère être la fille qui déconne... C'est une question de pudeur. Mais ça s'exprime dans les chansons. Ce disque, je l'ai fait pour moi, comme un bilan de ma vie. Au bout de dix ans de suractivité, qui suis-je devenue ?
La réponse se trouve dans le titre : un drôle d'oiseau ?
J'ai appelé ce disque comme ça parce que ça fait à peu près sept ans que, quand je signe un autographe, je dessine un drôle d'oiseau à côté. Le titre m'est venu d'un coup. C'était logique. En fin de compte, j'ai donné une voix à cet oiseau qui est à côté de mon prénom depuis toutes ces années...
Trouvez-vous le temps de profiter de Montpellier ?
Pas assez, malheureusement. Depuis l'année dernière, je ne suis pas très souvent ici. Mais j'ai acheté un appartement boulevard du Jeu-de-Paume ! J'adore cette ville. J'y suis arrivée à l'âge de 17 ans et demi, après mon bac, pour mes études. J'y ai rencontré l'homme de ma vie, je m'y suis mariée, j'y ai mon appart ! C'est vraiment ma ville, j'y suis très bien. Dès que je peux, je monte au zoo de Lunaret, j'adore y aller. Je me fais le trip à pied et je rentre, je suis juste morte ! J'adore ! Quand il y aura un tramway qui nous emmènera jusqu'à la mer, ce sera la ville parfaite !
Recueilli par Jérémy BERNÈDE pour Midi Libre
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