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Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone:
cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos.
Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.
Entretien : Sophie Lebrun
Les soeurs Casady affinent leur pop poético-ludique sur un troisième album. Un "pays des merveilles nocturne" initié en Provence et finalisé en Islande.
Bianca et Sierra, les soeurs Casady, sont inséparables depuis
leurs retrouvailles, à Paris en 2003, qui avaient engendré le projet musical
CocoRosie. Un ovni musical, pop ludico-poétique teintée de hip hop, de folk,
d'opéra, de jouets d'enfant et autres bruits bizarres; un univers étrange,
féerique et parfois inquiétant, en partie inspiré de l'enfance mouvementée des
soeurs aux Etats-Unis. Quatre ans, deux albums, une kyrielle de concerts et de
nouveaux projets artistiques plus tard, la magie CocoRosie opère toujours et
s'affine, même, sur "The Adventures of Ghosthorse and Stillborn", qui sort ce 10
avril. Ce troisième album - dédié à leur frère et à leur grand-père morts il y a
peu - réalise la synthèse de ses prédécesseurs. Il renoue avec l'intimité et
l'onirisme de "La Maison de mon rêve" et approfondit le son (moins bricolé, plus
harmonieux) de "Noah's Ark", tout en laissant plus de place au chant. On y
croise des "guerriers de l'arc-en-ciel", un loup-garou, une fillette qui parle
aux oies, un cheval-fantôme, quantité d'histoires de famille et une ritournelle
sarcastique ("Japan") sur le mirage de l'"ailleurs meilleur". C'est le duo
français Pierre & Gilles qui signe la photo de la pochette : une sorte de
déjeuner sur l'herbe revisité. Rencontre avec Sierra, 26 ans. Où vivez-vous à présent ? Ça a été une période intense, pendant plusieurs mois. Nous
avons fait le disque dans le Sud de la France et puis en Islande. Actuellement,
nous sommes, en transit, de retour à Paris, après avoir été trois ans à
Brooklyn. Quand vous avez tellement bougé, c'est difficile de dire où vous
vivez, ça n'a pas tellement de sens. Mais nous sommes heureuses de nous poser à
Paris. Mais on vous sent plus proche de la nature que de la
ville... C'est une des raisons pour lesquelles nous avons voulu revenir
à Paris : de là, nous pouvons facilement nous rendre dans le Sud - où vit notre
mère -, à la campagne, passer du temps à la ferme : c'est très important pour
nous. De fait, pas mal d'animaux se promènent dans cet album. Dans
la chanson "Animals", vous parlez de la solitude, et de l'idée, pour lutter
contre cette solitude, de vous réfugier parmi les animaux... Cela décrit mon expérience de l'adolescence. Je me sentais très
mal à l'aise dans le monde, parmi les gens, j'avais peur de sortir, je croyais
qu'on allait rire de moi. Je passais le plus de temps possible seule... D'un
autre côté, la ferme, les animaux ont fort influencé ce disque, c'est un thème
très présent. Comme celui de la mort... C'est clair, il parle beaucoup de la mort. Et de la vie. Il est
très différent de notre dernier album, je trouve, nous explorons des phases
différentes de notre vie. Nous avons composé, arrangé et enregistré les chansons
durant la nuit, seules, dans la ferme, dans une atmosphère très particulière
donc. C'est le moment où les hiboux chassent les chatons, où l'on entendait
pleurer un cheval malade...
La chanson "Girl and the Geese" est-elle inspirée d'un conte de fée ou l'avez-vous inventée ?
Quelqu'un l'a inventée, peut-être moi. Mais c'était un de ces moments - et il y en a eu beaucoup sur cet album -, où je me sentais très "ouverte", où je ne savais pas vraiment ce qui m'arrivait; mais à la fin, l'histoire était là. Les choses qui "sortent" ainsi de nous sont parfois surprenantes, nous procurent de grandes émotions. On écrit souvent ensemble, Bianca et moi. Mais au bout du compte, les paroles, les mélodies, on ne sait plus qui a fait quoi, cela devient flou.
Qu'aviez-vous à votre disposition dans cette ferme ?
On travaillait dans une grange. On a là un ancien orgue des années 70, très amusant, un très vieux piano, et plein de petits instruments. Dans une chanson, tout le monde pense que le son est celui d'un synthétiseur Wurlitzer : il s'agit en fait d'une flûte chinoise, que l'on a trouvée en voyageant.
Pourquoi être allées en Islande ?
Pour se séparer de l'atmosphère particulière de la ferme. Bien que nous ayons vécu là les plus merveilleux moments, nous avions besoin de contraste, d'un autre environnement, pour mixer l'album et réaliser les arrangements finaux. Le choix de l'Islande était basé, comme souvent dans notre cas, sur notre intuition, et sur une rencontre lors d'un précédent voyage. Ce changement de cadre, la clarté, la pureté de l'air nous ont éclairci l'esprit, nous ont permis de nous distancer de nos histoires, voir comment elles étaient reliées entre elles, travailler à l'organisation des chansons. De l'atmosphère islandaise, il reste peut-être de minuscules traces dans les arrangements, sur "Miracles" notamment.
A propos de clarté, vos textes sont truffés de mots tels diamant, cristal, larmes... Référence à la transparence, la lumière.
C'est intéressant. Sans doute parce que nous avons travaillé dans une sorte de paysage de "pays des merveilles nocturne", où se déroulent nos histoires. Dans cette nuit, il y avait une impression de lumière immense...
Dans la présentation de l'album, vous parlez d'un combat pour une "Amérique sans drogue...".
Nous espérons que notre musique puisse apporter une force, quelque chose de positif à la génération Prozac et aux gens en général. Une alternative créative, spirituelle, aux médicaments et aux drogues.
CocoRosie, "The Adventures of Ghosthorse and Stillborn", Touch
and Go. A l'Ancienne Belgique à Bruxelles ce 11 avril (