Les boums, c’est fini : à
14 ans, on va en discothèque.
A peine entrés dans
l’adolescence qu’ils cherchent déjà à se distraire comme de jeunes adultes.
Alexia et Laura, 14 ans, sont des fidèles des « teens parties ». Tous les mois,
ces jeunes Montpelliéraines se rendent avec leurs amis en boîte de
nuit.
Les parents peuvent être rassurés : « Nous ne sommes qu’entre
jeunes et nous ne buvons pas d’alcool » explique Laura. Le principe de ces
soirées est de réunir des adolescents âgés de 14 à 18 ans dans des boîtes de
nuit de la région, entre 19 et 23 heures. Ici, pas d’alcool, ni de cigarettes.
Mais musiques à la mode et lumières fluorescentes sont de rigueur comme dans
toute discothèque.
Ce
concept, né en Angleterre il y a cinq ans, a été importé jusqu’en
Languedoc-Roussillon par Yannick Autard, 20 ans, et déjà gérant de l’entreprise
Autard Production. Depuis septembre 2005, ce Montpelliérain organise des soirées
dans les discothèques de la région. Il raconte : « Nous sommes trois dans
l’entreprise. Auparavant, nous étions une association. Mais comme on a vu que ça
marchait bien, on a décidé de monter notre boîte. » Un succès qui ne se dément
pas : jusqu’à aujourd’hui, les « teens parties » ont réuni, de Perpignan à Lyon
en passant par Nîmes et Montpellier, plus de 10 000 jeunes en boîte de nuit.
DJ
Wally, alias Olivier, 22 ans, s’occupe de l’animation musicale de toutes les
soirées. Il représente « un grand frère » pour de nombreux jeunes. Selon lui, «
il faut éduquer les adolescents au monde de la nuit. En pratiquant des
opérations de sensibilisation à l’alcool, au sida, et aux drogues, dans les
soirées. On les aide à mieux gérer les dangers futurs. »
Et
les boîtes de nuit peuvent ainsi se donner bonne conscience. Outre l’image de
marque véhiculée par ces soirées, elles espèrent aussi fidéliser une clientèle
bientôt majeure et utilisent un créneau horaire jusque-là inexploité.
Les entrées sont contrôlées par les videurs. « On vérifie les
cartes d’identité. La boîte de nuit est interdite aux personnes majeures »,
précise Yannick. « Tout est fait pour rassurer les parents, ajoute Olivier. Ils
accompagnent souvent leurs enfants à l’entrée de la discothèque. Plus besoin de
mentir pour sortir le soir ! »
Au-delà des festivités, le concept des « teens parties » permet aux
adolescents de se créer un véritable réseau de connaissances dans la région.
Tous ou presque possèdent une fiche personnelle sur le site internet. Objectif :
partager des photos ou des messages avec les jeunes rencontrés lors des soirées.
« On se connecte au moins une fois par jour, confie Alexia. On peut s’envoyer
des messages et s’envoyer des "kiss" quand quelqu’un nous plaît ». Car ces
soirées sont surtout l’occasion, pour ces adolescents, de tester leur séduction
et d’appréhender les limites liées à leur âge. « Les filles s’habillent très
sexy et se maquillent beaucoup. Mais elles savent qu’elles ne risquent rien. Il
y a toujours des membres de l’équipe qui surveillent », précise Yannick.
Si
l’initiative fonctionne très bien auprès des jeunes adolescents, ces derniers
ont cependant d’autres ambitions. Laura avoue que « dès 16 ans, elle ira dans de
véritables boîtes de nuit ». Pour eux, l’étape ultime vers l’âge adulte.
Claire FRAYSSINET, Midi
Libre
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