La guitare de
Bertignac a électrisé le Pont du Gard.
D'emblée, en arrivant sur le
parking, première sensation : l'impact sonore, décuplé par le vent, était digne
d'un gros festival d'été. Samedi soir, pour la clôture du cycle de concerts
Nuits d'arôme, proposé par le conseil général, on n'avait pas lésiné sur les
moyens auditifs.
Pas besoin de
s'approcher de la scène (installée rive droite, dos au Pont) pour saisir les
paroles, même si le concert de Bertignac (précédé par les régionaux d'Oust
Louba) était bilingue. Car l'ancien guitariste de Téléphone a beaucoup puisé
dans son répertoire anglo-saxon préféré : Help ! des Beatles, My
generation des Who, et puis bien sûr les Stones, Hendrix... Du pain bénit
pour les fans de rock tendance hard-blues à l'ancienne, et de soli de six-cordes
à rallonge. Et à cet exercice mimétique, il est assez fortiche, le soldat
Louis.
Tout à fait le profil
du prof de gratte que l'on aurait aimé avoir, avec son côté grand frère sympa.
Son seul défaut, c'est qu'il ne possède pas les mêmes facultés vocales que ses
illustres aînés.
Mais bon, outre les
amateurs de grands classiques du rock, les nostalgiques de Téléphone ne lui en
auront pas tenu rigueur. Car on a évidemment eu droit à des reprises de
l'ex-groupe de rock français numéro un. Bertignac a commencé par celle qu'il
chantait déjà à l'époque, Cendrillon, juste après un petit laïus sur ses
appréhensions de citoyen à la veille du scrutin. Et cet aveu : « Je vote pas,
j'y comprends rien, et je veux pas porter malheur ».
Ah bon ? Pas grave. Les
milliers de Gardois qui se sont déplacés ne lui demandaient pas autre chose que
de faire ce qu'il sait faire de mieux : jouer.
M. C. Midi
Libre
Pour faire un trackback sur ce billet : http://joezappa.zeblog.com/trackback.php?e_id=193406