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Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone:
cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos.
Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.
Nuits Botanique
La Rumeur fait du bruit, The KissawayTrail
aussi.
PDG et S.L.
Belle affiche hip-hop dans le chapiteau clairsemé. Lyrisme multiforme à l'Orangerie.
Il y a de l'électricité dans l'air, mercredi, sous le chapiteau
du Bota. Avec l'electro qui sert de fond musical au hip-hop des Bruxellois de
Veence Hanao, pour commencer. Dans les traces d'une scène dont TTC ou La Caution
sont des groupes phares, ils optent pour l'humour cynique ou au 36e degré dans
leurs paroles. Cela fait parfois mouche, mais il y a encore du travail avant
d'arriver au niveau de ceux qui semblent être leurs modèles. Décharge electro encore, avec La Rumeur. Si sur leurs albums,
les beats sont plutôt minimalistes et sombres, en live, le son est gonflé
et surpuissant. Ambiance bien raccord avec le rap offensif de ces incorruptibles
activistes. Mais quand La Rumeur prend d'assaut la scène, le public ne se
contente pas de battre la mesure avec sa tête, il ouvre grand ses oreilles pour
profiter des textes, brûlots politiques à la teneur digne d'éditoriaux radicaux
particulièrement inspirés. Un concert intense et oppressant. Hardcore, comme on
dit dans le milieu. Difficile donc, pour Rocé, de rivaliser avec le trio qui l'a
précédé. Pourtant, lui aussi a une belle plume. Ses textes engagés sont, par
contre, mis en contraste avec un hip-hop jazzy pour un résultat final plutôt
convaincant. Une découverte de plus. Mots et émotions "Ils s'enchaînent, les mots; se déchaînent, se dégainent, se
diffusent", chante, tout doux, Seb Martel. C'est vrai que les mots se
diffusent bien dans une Orangerie en configuration assise, plus calme que
d'habitude, peut-être aussi plus ouverte aux surprises. C'est Superflu, avec ses chroniques douces-amères, qui ouvre le
bal. La voix du chanteur rappelle celle de Murat, avec lequel ce groupe partage
aussi quelque similitude musicale, entre chanson et rock. Après avoir acquis
"l'asile discographique" en Belgique, dit-il, "vu les événements
politiques récents en France, on pense déménager chez vous". Avec Seb Martel, on descend d'un cran dans le ton, mais on
monte dans le poétique étrange. Surtout quand le trio multi-instrumentiste
adopte des textes de Fred Poulet ("L'amour parfois peut tenir au fait qu'un
lacet ne tient pas", dit l'histoire). On n'est pas étonné d'apprendre que
les Français, deux albums à leur actif, ont des affinités scéniques avec Camille
et Mathieu Chedid. Mais la plus belle surprise de la soirée, c'est le groupe
danois The Kissaway Trails. Un rang de cordes électriques (une basse, trois
guitares) solidement planté à l'avant-scène, plus un batteur. De l'énergie à
revendre, de l'émotion, des voix (en duo, voire en quintet) à la Travis qui
s'étirent sur une puissante base rock : un lyrisme épique qui lorgne vers Arcade
Fire. On est chamboulé. Il faut quelques minutes pour replonger dans l'ambiance feutrée
de Peter Von Poehl, auteur de "Going to where the tea trees are", une perle
folk-pop. Outre ses guitares et son harmonica, le Suédois a amené batteur,
claviériste et bassiste-saxophoniste. On regrette l'absence des autres cuivres,
mais "le frisson" Von Poehl est là. Sauf sur "Going to where" gâché par un souci
technique et des synthés désordonnés. Mais l'inédit "Lost in space" rattrape
largement le coup. La Libre Belgique