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Joe el Misterioso

Joe el Misterioso Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone: cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos. Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.

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Nuits hip-hop

Par Joe el Misterioso :: mardi 15 mai 2007 à 13:08 :: Musique

Nuits Botanique

La Rumeur fait du bruit, The KissawayTrail aussi.

PDG et S.L.

Belle affiche hip-hop dans le chapiteau clairsemé. Lyrisme multiforme à l'Orangerie.

Il y a de l'électricité dans l'air, mercredi, sous le chapiteau du Bota. Avec l'electro qui sert de fond musical au hip-hop des Bruxellois de Veence Hanao, pour commencer. Dans les traces d'une scène dont TTC ou La Caution sont des groupes phares, ils optent pour l'humour cynique ou au 36e degré dans leurs paroles. Cela fait parfois mouche, mais il y a encore du travail avant d'arriver au niveau de ceux qui semblent être leurs modèles.

Décharge electro encore, avec La Rumeur. Si sur leurs albums, les beats sont plutôt minimalistes et sombres, en live, le son est gonflé et surpuissant. Ambiance bien raccord avec le rap offensif de ces incorruptibles activistes. Mais quand La Rumeur prend d'assaut la scène, le public ne se contente pas de battre la mesure avec sa tête, il ouvre grand ses oreilles pour profiter des textes, brûlots politiques à la teneur digne d'éditoriaux radicaux particulièrement inspirés. Un concert intense et oppressant. Hardcore, comme on dit dans le milieu.

Difficile donc, pour Rocé, de rivaliser avec le trio qui l'a précédé. Pourtant, lui aussi a une belle plume. Ses textes engagés sont, par contre, mis en contraste avec un hip-hop jazzy pour un résultat final plutôt convaincant. Une découverte de plus.

Mots et émotions

"Ils s'enchaînent, les mots; se déchaînent, se dégainent, se diffusent", chante, tout doux, Seb Martel. C'est vrai que les mots se diffusent bien dans une Orangerie en configuration assise, plus calme que d'habitude, peut-être aussi plus ouverte aux surprises.

C'est Superflu, avec ses chroniques douces-amères, qui ouvre le bal. La voix du chanteur rappelle celle de Murat, avec lequel ce groupe partage aussi quelque similitude musicale, entre chanson et rock. Après avoir acquis "l'asile discographique" en Belgique, dit-il, "vu les événements politiques récents en France, on pense déménager chez vous".

Avec Seb Martel, on descend d'un cran dans le ton, mais on monte dans le poétique étrange. Surtout quand le trio multi-instrumentiste adopte des textes de Fred Poulet ("L'amour parfois peut tenir au fait qu'un lacet ne tient pas", dit l'histoire). On n'est pas étonné d'apprendre que les Français, deux albums à leur actif, ont des affinités scéniques avec Camille et Mathieu Chedid.

Mais la plus belle surprise de la soirée, c'est le groupe danois The Kissaway Trails. Un rang de cordes électriques (une basse, trois guitares) solidement planté à l'avant-scène, plus un batteur. De l'énergie à revendre, de l'émotion, des voix (en duo, voire en quintet) à la Travis qui s'étirent sur une puissante base rock : un lyrisme épique qui lorgne vers Arcade Fire. On est chamboulé.

Il faut quelques minutes pour replonger dans l'ambiance feutrée de Peter Von Poehl, auteur de "Going to where the tea trees are", une perle folk-pop. Outre ses guitares et son harmonica, le Suédois a amené batteur, claviériste et bassiste-saxophoniste. On regrette l'absence des autres cuivres, mais "le frisson" Von Poehl est là. Sauf sur "Going to where" gâché par un souci technique et des synthés désordonnés. Mais l'inédit "Lost in space" rattrape largement le coup.

La Libre Belgique


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