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Joe el Misterioso

Joe el Misterioso Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone: cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos. Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.

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Jean Paul Montanari

Par Joe el Misterioso :: dimanche 20 mai 2007 à 16:32 :: Général
Jean-Paul Montanari, vache sacrée de la culture frêchienne.
 
PORTRAIT.
 
Depuis 27 ans Jean-Paul Montanari se promène, discret, dans les coulisses de la culture montpelliéraine. Sa fierté : avoir érigé le festival Montpellier-danse en incontournable.
 
Il y a d'abord ce physique. Immuable, dirait-on, depuis 27 ans qu'on le croise : quelque chose qui touche à un dandysme un peu inquiétant façon Nosferatu. Il y a cette réputation aussi qu'alimente sa quasi-invisibilité : jamais un dîner en ville, jamais un cocktail. Un moine-soldat qui le soir écoute Vivaldi en boucle et ne s'octroirait qu'un luxe : quelques séjours à Marrakech pour retrouver les senteurs de son Algérie natale. Dans une chambre louée à la nuitée, précise-t-il pour la rumeur qui le dit opulent. Jolie chambre, beau riad, mais louée.
 
Ainsi va Jean-Paul Montanari, vache sacrée de la culture montpelliéraine, maître de ballet du Versailles frêchien, plus ancien encore dans l'ordonnancement des fêtes que le Surintendant Koering. Cette proximité, cette ombre dansante dans celle si massive de Georges-le-Magnifique lui a d'ailleurs valu le surnom un peu cruel de "Montalamairie".
 
Mais Jean-Paul Montanari n'en a cure : il revendique à l'égard de Georges Frêche «fidélité, amitié, fraternité. Malgré - et plus encore à cause de - l'annus horibilis qui vient de s'écouler. Et jusqu'à ce que la Camarde m'emporte, dit-il. Qu'est-ce que ça voudrait dire l'indépendance ? Je ne suis pas un artiste. Et même les artistes... Michel-Ange peignait ce que voulait le prince ».
 
Voilà : évacué ce récurrent débat montpelliérain sur la garde culturelle qui fait à Georges Frêche, et jusque sur les bancs des prétoires, un rempart jamais lézardé. Tout au plus regrette-t-il que la tempête médiatique des derniers mois, au seul nom de Montpellier rende plus frileux ou plus méfiants les médias parisiens.
 
Car pour le reste ce ne sont pas les satisfactions qui lui manquent : sa Sixtine à lui -aux murs blancs - c'est cet ancien couvent, ancienne prison pour femmes, devenu Cité Internationale de la Danse. Son bureau y est monacal mais lumineux. Sa cathédrale, ce festival Montpellier-Danse qui, avec ses 30000 spectateurs, la richesse, la hardiesse de sa programmation depuis 27 ans, est devenu le plus important d'Europe.
 
Et sa fierté, c'est cela : avoir façonné un public prêt à se frotter aux plus biscornues expériences de la danse contemporaine. Le plus récent souvenir est celui, l'an dernier, du Ah, Ah de Maguy Marin où huit "danseurs" qui ne dansaient jamais riaient sur scène pendant une bonne heure.
 
Le public ne broncha qu'à peine : il est loin le temps où, pour la première venue de Merce Cunnigham, un spectateur avait crié : « Va apprendre à danser chez Béjart ! » Mais que ce soit pour Ah, Ah ou pour Béjart justement, Georges Frêche n'a jamais plaint un sou à une aventure qui ne risquait guère de verser dans l'électoraliste facilité populaire : la danse fille aînée de la politique culturelle montpelliéraine.
 
Le reste est affaire de chance et de talent de dénicheur. Pour la chance, il y eut la ren- contre avec Dominique Bagouet, bien sûr : douze ans d'une relation forte, chaleureuse jusqu'à ce que le sida emporte le chorégraphe en 1992. L'édition 2007, avec de nombreuses reprises de ses œuvres, lui est « un clin d'œil » : Montanari n'aime pas le mot hommage.
 
Le talent de dénicheur, lui, va de soi : tout ce qui compte, a compté, comptera dans la danse contemporaine passe par Montpellier. Et quant à ces 60 ans dont le seuil vient d'être franchi, qu'importe : la silhouette n'a pas changé en 27 ans. Elle restera bien immuable quelques années de plus (et en tout cas jusqu'aux municipales de 2008...)
 
J.V., Midi Libre

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