Patti Smith in Paris
Patti Smith tient salon à Paris.
Trois profonds fauteuils de cuir, un ampli et une guitare rock : bienvenue dans le salon de Patti Smith, transporté à Paris où la figure historique du rock new-yorkais invite le public à partager son « monde intérieur » , par la poésie, la photographie et la vidéo. Un monde avant tout convivial : les fauteuils club donnent envie de s'y enfoncer, ils sont là pour çà. « J'ai ramené tout ce que j'estimais nécessaire pour que les gens se sentent à l'aise, pour dessiner, parler, écrire des poésies » , sourit Patti Smith, éternelle adolescente de 61 ans, en jean, ample chemise blanche et gilet noir cintré.
Dans la famille Smith, les visiteurs pourront découvrir le fils, Jackson, solide gaillard à la casquette vissée sur la tête, qui jouera de la guitare. Et la fille Jesse, qui accompagnera au piano sa maman lisant les poésies de Virginia Woolf, vendredi soir. La famille musicale de Patti Smith a également fait le déplacement parisien : les membres de son groupe, mais aussi Tom Verlaine, l'autre figure du New York underground de la fin des 70s', Fred Frith, Ted Milton, du groupe Blurt, feront le boeuf un soir ou l'autre.
Mais c'est un monde plus silencieux, introverti et austère que l'exposition Land 250, invite à découvrir. Land 250, c'est un modèle d'appareil photo Polaroïd que Patti Smith trimbale depuis 1994. Une année noire pour elle, marquée par la mort de son mari Frederic Smith, l'ancien guitariste de MC5, et de son frère Todd.
« J'étais alors incapable de m'exprimer émotionnellement, et le Polaroïd, parce que c'est simple et immédiat, m'a permis de retrouver confiance en moi en tant qu'artiste dans cette période difficile » , explique Patti Smith, qui a légué à l'histoire du rock des albums cultissimes comme Horses (1975) ou Easter (1978).
Les photographies petit format révèlent une Patti Smith fascinée par la statuaire des cimetières, les ciels chargés et les champs battus par le vent, apparaissant comme autant de tentatives de dialogue avec des forces et des présences immatérielles. D'Arthur Rimbaud à Albert Camus, Walt Whitman ou Charlotte Brontë, l'expo est truffée de références littéraires, la vraie passion, peut-être, d'une femme qui avoue avoir atterri sur la scène rock un peu par hasard, et à qui sa mère, issue d'un milieu modeste, lisait Les chants d'innocence de William Blake dès l'âge de huit ans.
Land 250, Fondation Cartier pour l'art contemporain, du 28 mars au 22 juin. Tous les jours, sauf lundi. 261, Bd Raspail, Paris 14e.
Sir Arthur C. Clarke
Disparition -
Ses livres avaient inspiré
2001 Odyssée de l'espace.
Sir Arthur C. Clarke.
Crédit Photo : TF1/LCI
Biographie - L'écrivain d'anticipation britannique Arthur
C.Clarke est mort mercredi au Sri Lanka, à l'âge de 90 ans.
L'homme de
lettres et de sciences avait dès 1945 prévu l'essor des communications par
satellite.
DjS (avec agences) - le 19/03/2008
Tout
le monde connaît le film de Stanley Kubrick 2001, Odyssée de l'espace. Mais
beaucoup moins savent que ce film culte a été inspiré par les ouvrages de
l'auteur de science fiction britannique Athur C. Clarke. Ce écrivain prolifique
- il a 80 livre à son actif - avait, dès 1945, prévu l'essor des communications
par satellite.
Né le 16 décembre 1917 à Minehead en Angleterre, Arthur
Charles Clarke était passionné par la science et la fiction. Durant la Seconde
guerre mondiale, il avait servi dans la Royal Air Force (1941-1946), où il a
travaillé à la mise au point du premier radar avant d'entamer des recherches
sur les satellites.
Passionné de plongée
Il s'était fait d'abord
connaître comme scientifique en publiant des ouvrages de vulgarisation sur
l'astronautique. Mais il se fait surtout remarquer grâce aux Enfants d'Icare
(1953). Il avait déjà vendu des millions de livres en une trentaine de langues
quand 2001, Odyssée de l'espace, inspiré de sa nouvelle La Sentinelle, triomphe
au cinéma, puis dans les librairies en 1968. Il écrivit ensuite plusieurs suites
de 2001 avec 2010, Odyssée deux (1982), 2061, Odyssée trois (1988), 3001,
l'Odyssée finale (1997). Outre le cycle des Odyssées, il avait écrit le cycle de
Rama.
Clarke avait fêté son 90e anniversaire le 16 décembre en
souhaitant la paix pour son pays d'adoption, le Sri Lanka, où il s'était établi
en 1956 et où une académie porte son nom. Il y avait créé une école de plongée.
Ce passionné avait d'ailleurs écrit une douzaine d'ouvrages sur l'exploration
sous-marine. En 1998, un journal britannique l'avait accusé de pédophilie.
L'écrivain britannique avait violemment démenti, jugeant l'article du journal
"grossièrement diffamatoire".
"Il ne suffit pas souhaiter la
paix"
"Je préfère me poser en extrapolateur plutôt qu'en prophète,
confiait-il au Monde en 2001 J'essaie d'anticiper sur des futurs possibles
plutôt que de me laisser aller à la voyance. La recherche en intelligence
artificielle n'est pas allée aussi loin que je le croyais", estimait-il, se
déclarant "déçu que les programmes de conquête spatiale aient été aussi réduits
et que l'on envoie aussi peu de monde dans l'espace". "Mais ils finiront par
reprendre", avait-il ajouté.
Sir Clarke, qui vivait depuis 30 ans sur
une chaise roulante, s'est donc éteint hier dans un hôpital de Colombo, non sans
avoir souhaité en décembre dernier la paix pour son pays d'adoption, déchiré
par un conflit séparatiste ethnique. "Je suis conscient qu'il ne suffit pas de
souhaiter la paix et qu'il faut du travail acharné, du courage et de la
ténacité" pour y parvenir, avait-il ajouté.
The Cure
Tributes à go-go.
Alors que la clique à Robert Smith termine sa
tournée, deux albums de Tributes sont annoncés avec une pluie d'artistes
alléchants : CocoRosie, Blonde Redhead, Black Francis ou encore Bat for
Lashes.
The Cure sont toujours en activité, comme en témoigne leur récent
passage à Bercy, mais deux albums "Tribute" (ou "hommage" pour respecter la loi
Toubon) sont en cours de préparation. Sorties prévues pour 2009.
Comme quoi Robert Smith et ses sbires reviennent
à la mode. Après avoir produit un Tribute Neil Young uniquement repris par des
femmes, le label American Laundromat Records prépare Just Like Heaven: A Tribute
to the Cure.
Au menu : des reprises signées The Raveonettes,
Tanya Donelly ou Grand Duchy (soit Black Francis + Violet
Clark).
Le second, chapeauté par Manimal Vinyl et intitulé
Perfect as Cats: A Tribute to the Cure offre un sous-titre aussi peu imaginatif
que le précédent mais un casting encore plus impressionnant : CocoRosie, Jesu,
Blonde Redhead, the Dandy Warhols, Bat for Lashes et même notre Lou Doillon
nationale.
Une partie des bénéfices sera reversée à l'association
Invisible Children au profit des enfants d'Ouganda.
http://www.lesinrocks.com/
Free Kitten news
It's been more than 10 years since the last purrs from Free Kitten. They were the indie supergroup that kicked butt and took names, that yowled, rocked and rolled. And now it seems that at long last they're back.
Free Kitten are Sonic Youth's Kim Gordon, Pussy Galore's Julie Cafritz and Yoshimi P-We of the bad-ass Japanese avant-punk band, Boredoms. They released three albums - in 1994, 1995 and 1997 - working at times with Pavement's Mark Ibold on bass. On May 20 they return with Inherit, issued on Thurston Moore's Ecstatic Peace label. Ibold's nowhere to be found (perhaps he's studying his Pavement crib-notes?) but instead there's a cameo by the hallowed J Mascis.
Free Kitten's music sounded in the past like a demented mixture of Pavement, The Kingsmen and a headache. Regardless, we lick our chops at the promised tracklist: how can songs called Monster Eye, Bananas or Free Kitten on the Mountain be anything less than rad?
Inherit tracklist:
01 Erected Girl
02 Surf's Up
03 Sea Sick
04 Free Kitten on the Mountain
05 Roughshod
06 Help Me
07 The Poet
08 Billboard
09 Bananas
10 Monster Eye
11 Sway
guardian.co.uk © Guardian News and Media Limited 2008
Silver Mt. Zion news
Silver Mt. Zion à cordes et à cris.
Postrock.
Le groupe canadien, militant et atypique, sort
un cinquième album.
Recueilli par SOPHIAN FANEN, Libération : mardi
11 mars 2008
Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra &
Tra-La-La Band. 13 Blues for Thirteen Moons
(Constellation/Differ-ant).
Fin 2000 à Montréal, Godspeed You ! Black
Emperor vient de sortir son manifeste sonore, Lift Your Skinny Fists Like
Antennas to Heaven. Le rock instrumental renoue avec la tension progressive des
années 70 en y mêlant des nappes de cordes mélancoliques. Le groupe explose, la
musique de la métropole québécoise se retrouve sous les projecteurs mondiaux, et
Constellation, le label de Godspeed, vend des centaines de ses disques aux
pochettes jusque-là collées à la main. Mais Godspeed attaque déjà son dernier
acte, les musiciens sont vite lassés du message politique qu’on veut leur faire
porter.
Poussés par le guitariste Efrim Menuck, discret
meneur perpétuellement caché derrière ses longs cheveux et sa barbe, une partie
du groupe se replie vers un projet parallèle : A Silver Mt. Zion. Une
respiration pensée sans lendemain, pour faire plaisir à Menuck, qui veut y
expérimenter une musique moins cadrée et… parler de la mort de sa chienne.
Finalement, parvenu au bout de sa démarche musicale, Godspeed est mis entre
parenthèses après un dernier album furieux en 2002, et c’est Silver Mt. Zion qui
prend la relève. Instrumental à ses débuts, le groupe se met à chanter et à
produire un lent blues folk scandé, prostré devant un mur de son au sens
dramatique prononcé. «Plus d’action, moins de larmes» devient le mot
d’ordre.
Devenu Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra
& Tra-La-La Band, le collectif sort cette semaine un cinquième album : 13
Blues for Thirteen Moons. Quatre longues pièces chapitrées qui prolongent le
durcissement sonore entamé depuis quelque temps et laissent parler les mots, là
où les guitares s’exprimaient auparavant. Rencontre avec Efrim Menuck,
porte-parole d’un groupe militant et atypique. Thee Silver Mt. Zion a-t-il
définitivement pris la place de Godspeed ? Oui, de fait. Godspeed c’était trop
de frustration accumulée, un groupe de dix personnes, des concerts complexes. Et
puis la réputation du groupe était bien plus grosse qu’il n’était en réalité.
Nous étions militants, pas politiques ; au fur et à mesure, il est devenu
impossible de modifier l’image que le monde avait de nous. Godspeed n’était pas
un porte-drapeau. Nous avions aussi envie d’une musique moins méthodologique,
qui laisse davantage de place au hasard et à l’improvisation. Les morceaux de
Godspeed étaient très écrits et figés. Silver Mt. Zion est un territoire
d’expérimentation permanente. Pour cet album par exemple, nous avons développé
les morceaux sur scène avant de les enregistrer. Ce qui a fait naître cette
écriture plus directement rock ? Sans doute, mais il y a eu d’autres choses. On
a joué avec Patti Smith [en octobre, au festival Pop Montréal, ndlr], puis
travaillé avec Vic Chesnutt sur son dernier album et une tournée.
Ces expériences nous ont soudé en tant que
groupe scénique, alors qu’au départ Silver Mt. Zion était un projet studio.
Musicalement, ça change beaucoup de choses. Est-ce ce processus qui, d’album en
album, a accentué la place du chant ? Ça, c’est ma partie, et ce disque est plus
important que les autres pour moi de ce côté-là. Il est plus dur parce que 2006
et 2007 ont été des années difficiles, pour des raisons personnelles. J’étais
très triste et en colère, ce qui ressort forcément. Une impression diffuse
traverse les textes, comme une connexion avec le folk et le blues de la
dépression américaine des années 1920-1930. C’est une inspiration ?
Complètement, il y a du Bessie Smith et du Blind Willie Johnson dans les
chansons. Mais aussi quelque chose des premiers albums des Yardbirds, ce blues
britannique nerveux, dans le morceau 13 Blues for Thirteen Moons. 1 000 000 Died
to Make This Sound est pour sa part directement dédié à tous les musiciens
itinérants d’Amérique du Nord, ceux qui expliquaient les problèmes à la
population. On essaie de s’inscrire dans cette tradition.
C’est votre côté politique ? Ce n’est pas tant
de la politique que la vie de tous les jours : la pauvreté, la guerre qu’on ne
veut pas, l’aliénation par le travail, les délires bancaires… Ce sont des enjeux
sociaux qui ne sont pas assez pris en compte au Canada. J’ai quitté mes parents
à 17 ans et pendant trois ans j’avais nulle part où dormir, pas de boulot. La
pauvreté est un combat au quotidien.
Constellation, label échappé. La maison de
disques culte de Montréal continue d’œuvrer à part. S La maison de disques
montréalaise Constellation a fêté ses dix ans l’an dernier, avec la discrétion
qui la caractérise. Ce qui n’empêche pas de se poser quelques questions sur
l’avenir de cette forteresse anachronique, qui, avec ses belles pochettes
cartonnées, ses vinyles 180 g (format de luxe) et des albums numériques lâchés à
contrecœur, poursuit sa route au milieu du flou intégral qu’est le monde de la
musique en 2008.
Efrim Menuck : «Constellation n’a pas vraiment
changé. Nous sommes toujours une communauté soudée, avec pour seul principe de
réinvestir l’argent gagné. Ce qui passe par le financement de notre studio
d’enregistrement et la production de groupe locaux.» Une décision a tout de même
marqué une réelle rupture ces deux dernières années : Constellation a signé des
artistes hors Canada, des Américains. La rockeuse féministe Carla Bozulich, puis
le chanteur folk Vic Chesnutt. Et loin du faste des années Godspeed You ! Black
Emperor, des noms comme Do Make Say Think (postrock instrumental), Sandro Perri
(auteur du beau disque folk Tiny Mirrors en 2007) et Black Ox Orkestar (jazz
klezmer) trouvent une visibilité plus large et rompent avec l’enfermement de
Constellation dans le rock progressif grandiloquent. La suite ? «On croit au
format physique, affirme Efrim Menuck, serein.
Ceux qui aiment la musique ne seront jamais
heureux avec 3 000 albums dans leur disque dur.»
Jeff Healey
Jeff HEALEY nous quitte à 41 ans...
/ paru le 04/03/2008 /
Le guitariste de blues canadien Jeff Healey est
décédé dans un hôpital de Toronto des suites d'un cancer oculaire. Son épouse
Cristie devra élever seule leur fille Rachel (13 ans) et leur fils Derek (3
ans).
Le prodige de la 6 cordes avait perdu la vue à l'âge d'un an, suite
à un cancer de la rétine. A peine âgé de 3 ans, il apprit à jouer de la guitare.
Il développa un style particulier dû au fait qu'il était aveugle, il jouait la
guitare posée sur les genoux. A 6 ans, il donnait ses premiers
concerts.
Il collabora à la Canadian Broadcasting Corporation (radio
canadienne) pour un show hebdomadaire, il avait une collection de 25000 disques
78 tours de vintage music.
A 17 ans, il forme les Blue Direction, groupe
avec lequel il écume les clubs de Toronto. Très vite, ses qualités furent
reconnues par ses pairs, ce qui lui permet de partager la scène avec de grands
noms de la blues connection : Albert Collins, B B King, George Harrison (moins
blues), Stevie Ray Vaughan,...
Il forme le Jeff Healey Band avec Tom
Stephen aux drums et Joe Rockman à la basse. En 1988, ils signent chez Arista.
Bingo... l'album "See the Light" connaît un succès énorme, 300.000 copies
vendues au Canada ! Le titre "Angel eyes" (toujours les yeux...) atteint le top
5 du Billboard. Le groupe participe au tournage du film "Road House" avec
Patrick Swayze.
Le Jeff Healey Band tourne sans répit avant d'enregistrer
"Hell to pay", a star-studded project... Mark Knopfler, Jeff Lynne, G Harrison,
Bobby Whitlock, ... y apportent leur collaboration. On en vend 2
millions.
Le groupe sortira 8 albums, le dernier "Mess of blues" doit
paraître ce mois-ci en Europe. Pour être convaincu de son immense talent,
écoutez sa version de "While my guitar gently weeps".
Nous pleurons tous cette
perte immense !