Le visage radieux
d'une rencontre métissée.
Il est des
enthousiasmes que rien ne peut doucher, pas même la flotte. Samedi soir,
justement, la pluie a eu beau faire perler, à intervalles regrettablement
réguliers, sa froide acidité sur le public d'Arabesques, elle n'a même pas fait
vaciller la flamme qui dansait dans ses yeux.
Heureux, trop
heureux, d'être là. Ensemble. Toutes couleurs, confessions, cultures,
générations mêlées pour ces 2e Rencontres des arts du monde arabe, portées par
l'association Uni'Sons.
Après la subtile mise
en bouche offerte par le conteur Jihad Darwiche et sa fille Layla sous la pinède
du domaine départemental d'O, le festin final s'est déroulé dans un amphithéâtre
plein à craquer et surtout bourré d'énergies positives. D'abord Fethi Tabet,
puis l'Orchestre national de Barbès ont offert leur recette du plus roboratif
des couscous musical. Elle est simple : mélanger tout ce qu'il y a de plus
délicieux et nourrissant. Que ces ingrédients viennent d'Afrique, d'Amérique du
Sud, d'Europe ou d'ailleurs, peu importe, pourvu qu'ils soient bons. Ils furent
excellents ! On ne sait si la période électorale a valu jeun de cette nourriture
libertaire, égalitaire et fraternelle, le fait que le public s'est jeté dessus
comme un affamé ! Autrement dit, il a dansé, chanté, souri, applaudi et communié
comme rarement. La plus belle réponse à toutes les tentations communautaristes
de notre société.
« On était aux
anges. Même moi, malgré le stress, la trouille que la pluie gâche tout, je me
suis retrouvé à danser, à partager la joie du public ! », témoignait hier, à
l'heure du bilan, Habib Dechraoui, le directeur d'Uni'Sons. « On se devait de
confirmer que la réussite de la première édition ne devait rien au hasard. Je
crois qu'on y est parvenu et ça, on le doit à une super équipe, pro et
enthousiaste », poursuit-il. Il reconnaît que la fréquentation est plutôt
positive, mais il préfère retenir la satisfaction qu'il a lue sur le visage de
ceux qui se sont déplacés, de la Paillade, comme du centre-ville, seuls ou en
famille.
Ainsi confortée,
l'équipe d'Uni'Sons réfléchit déjà à la prochaine édition. « On va essayer
d'améliorer encore nos espaces animation et restauration, développer la part de
chaque art présenté et programmer des artistes de dimension internationale,
promet Habid Dechraoui. Une chose est sûre, on a la méthode, la volonté
et l'enthousiasme. On ne cédera rien de notre esprit et de notre indépendance.
Il faut que cela reste un rendez-vous cool, ouvert, humain. C'est ainsi que l'on
prouve que la mixité est possible, et que l'on casse les clichés. »
J. Be, Midi
Libre
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