La rave-party non autorisée a
failli mal tourner.
Un agriculteur
lozérien, propriétaire d'un champ envahi par environ cinq cents "teufeurs", a
foncé dans la foule avec son tracteur pour détruire la sonorisation d'une
rave-party. C'était hier, vers 9 heures, à Saint-Étienne-du- Valdonnez, sur le
causse de Sauveterre, et fort heureusement le drame a été évité : il n'y a pas
eu de blessé.
Autorités, gendarmes, raveurs, mais aussi agriculteurs
membres de la Coordination Rurale, venus aider le propriétaire des lieux, en ont
été quitte pour une grande frayeur.
Tout a débuté vendredi, quand les
raveurs ont été refoulés d'Ardèche où ils avaient, selon eux, obtenu les
autorisations nécessaires pour organiser une free party, annulées ensuite. «
Nous ne sommes pas des porcs. Nous avions l'accord d'un propriétaire en Ardèche.
On nous a plantés au dernier moment. Nous sommes venus ici, pensant ne déranger
personne. Nous sommes prêts à louer ce terrain », expliquent les
organisateurs. Le terrain est une véritable cuvette où l'on accède par de
multiples chemins.
Des barrages de gendarmerie ont été placés tout
autour pour limiter le flux des véhicules. Sur les hauteurs, Jean-Michel Jumez,
le secrétaire général de la préfecture de la Lozère, est en négociation avec les
"teufeurs", mais aussi avec le porte-parole de la Coordination Rurale, Alain
Pouget, qui demande « l'évacuation pure et simple. Rien d'autre ! Sinon, nous
les sortons de là avec les tracteurs ».
Le ton est donné et la
pression est dans le camp de l'État. Les autorités présentes sur les lieux
demandent au leader syndical de se calmer quand un message provenant d'un
barrage de gendarmes annonce qu'un tracteur est passé et arrive à grande
vitesse.
En un instant, le véhicule est sur place. C'est le propriétaire
des lieux. Il évite de justesse la vingtaine de personnes installée là. Tout
s'emballe, les gendarmes crient et suivent avec leurs véhicules. Le tracteur
s'encastre dans la sono et s'arrête. Fort heureusement il n'ya pas de mal, mais
le conducteur est éjecté du véhicule par une cinquantaine de personnes qui
hurlent. Les coups pleuvent. Les gendarmes arrivent suffisamment vite pour
éviter le lynchage.
Le pare-brise du véhicule agricole est éclaté. La
tension est à son comble. Les militaires font écran entre le secrétaire général
de la préfecture, l'agriculteur et les raveurs.
Au bout de longues
minutes, le propriétaire des lieux est écarté et repart sur les hauteurs. Il
reviendra une nouvelle fois à la charge, mais ce sera Jean-Michel Jumez qui lui
barrera l'accès au terrain, en se plantant devant le véhicule agricole. «
J'ai vu rouge, explique Thierry Atger, l'agriculteur. Les gendarmes me
donnaient l'impression de faire la circulation. Ils (les raveurs) sont chez
moi et n'ont rien à y foutre tous ces cons. J'ai foncé dans le tas sans
réfléchir. Sans penser au pire.
»
Durant toute la matinée, le secrétaire général de la préfecture,
aidé par les gendarmes, mais aussi le sous-préfet de Florac vont mener la
négociation pour que le terrain soit évacué. Certains sont prêts à partir,
d'autres non. À 12 heures, les négociations aboutissent.
Jean-Michel
Jumez a trouvé un terrain à La Tieule qui est loué par la DDE où il décide
d'installer la Rave le long de l'autoroute A75. Tous s'y sont retrouvés en début
d'après-midi et la fête a pu avoir lieu avec la caution de l'État. Elle se
terminera aujourd'hui.
Jean-Pierre AMARGER
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