Où la porte de l'atelier d'un des
plasticiens encore présents dans les murs a été fracassée la semaine
passée.
Rien ne va plus entre les membres
du légendaire squat qui ont déjà accepté de quitter les lieux pour être relogés
(à Sèvres ou dans le XIe arrondissement de Paris) et ceux qui ont passé l'été
14, rue du Général-Lasalle, en sachant que c'était un dernier sursaut avant
fermeture.
Dans cette ancienne usine de chaussures, en plein Belleville,
une sorte de comité de vigilance continue de vouloir faire savoir qu'il est
dommage de quitter l'endroit avec la seule perspective d'hypothétiques logements
sociaux dispersés et moins inspirants que les volumes de la Générale : 6 000 m 2
désaffectés devenus une ruche remarquablement autogérée et clean où fonctionnait
le principe de mutualisation des outils.
On ne croise aujourd'hui plus
grand monde dans les larges escaliers de bois. Ceux qui faisaient du théâtre ont
disparu de ces locaux pénombreux, propriété de l'Education nationale. Voici un
moment que Christophe Girard, adjoint à la culture de Bertrand Delanoë, a fait
savoir aux fondateurs du squat que le ministère de la Santé est en passe
d'acquérir les murs gris pour démolir et construire un hôpital psychiatrique
(qui curieusement serait privé de jardin). La mairie de Paris a souvent protégé
les activités des groupes abrités dans la Générale. Le voisinage dit préférer
les artistes aux malades mentaux. Chacun sait qu'entre la fermeture fixée au 7
septembre et le début des travaux, trois années passeront.
En attendant,
c'est le 12 septembre que débute l'exposition «B cube», trois accrochages sur
les trois niveaux du site. Lancée par le collectif LGA (la Générale des arts),
ce bouquet final en forme de panorama d'ouvres de plasticiens actuels s'annonce
sur les thèmes du trait, du plan et du volume : Traits à la douzaine,
l'Ouvre-boîte et Sommés sans rime. A chaque étage, une quinzaine d'artistes, non
des moindres. Solidaires.
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