Une petite équipe nîmoise
qui tourne bien.
Huit films en cinq ans, dont un péplum
(Général Tesmos), un western (Grotty Dump) et une histoire de
pirates (Le foulard pourpre)... Cette cadence stakhanoviste, qui semble
échappée de l'âge d'or d'Hollywood, on la doit à une association nîmoise de
cinéma amateur, System D productions, en passe de se
professionnaliser.
Il faut en effet préciser que les films en
question sont des courts-métrages aux budgets plus que dérisoires par rapports à
ceux des blockbusters : 5 000 € maximum jusqu'à présent. L'association
porte vraiment bien son nom : bénévolat et débrouillardise à tous les étages,
seul le sponsoring privé (essentiellement des commerces locaux) lui apportant
quelques ressources.
Qu'importent les moyens, pourvu que ça tourne :
tel pourrait être l'adage du trio qui tient les rôles principaux de l'aventure :
Florian Martinez, Christine Albaret et Michael Guillaume, respectivement
réalisateur-scénariste, secrétaire-régisseuse et trésorier. A 24 ans, Florian,
qui gagne sa vie en tant qu'éducateur sportif - il est professeur de squash -, a
signé six des huit courts-métrages. Les premiers en numérique, les deux derniers
en haute définition. Et cet autodidacte se débrouille plutôt bien, puisque Le
foulard pourpre a remporté le 1er prix fiction au festival de Montauban.
Autre encouragement à
persévérer : celui de Georges Lautner, en personne. Le vénérable "père" (86 ans)
des mythiques Tontons flingueurs a co-signé en 2004 une bande dessinée,
On achève bien les cons, farce policière ayant pour héros un
serial-killer un peu spécial... « Il nous a autorisés à en faire une libre
adaptation, explique Florian. Avec son scénariste, nous avons ainsi écrit
Tant qu'il y aura des cons où s'entrecroisent quatre personnages odieux et
cyniques qui finiront par s'entre-détruire. » Comédienne et amie de Lautner,
Cookie Castali a tenu l'un des quatre rôles principaux de ce film dont le
tournage s'est déroulé du 21 au 26 août dans le centre-ville de Nîmes (et les
locaux de Télé Miroir). Il a nécessité « une centaine de figurants et
il a fallu barrer le boulevard Victor-Hugo le dernier jour ».
Une fois le montage achevé,
Tant qu'il y aura des cons sera proposé à différents festivals, dont
celui de Clermont-Ferrand. D'ici là, l'équipe de System D prépare aussi le sien,
son 4e Court sur le système, début 2008, à Nîmes et Montpellier, « où les
films ne sont projetés que si leur réalisateur est présent, car pour nous, la
rencontre avec le public est très importante ». Florian a aussi attaqué
plusieurs projets de longs-métrages, « dont un polar ». Qui sait si, à ce
rythme, la petite entreprise nîmoise ne va pas finir par bientôt faire de
l'ombre aux grands studios...
M. C.
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