Le rideau tombera en
décembre sur la Fonderie.
Any Mendieta a le regard un peu flou lorsqu'elle avoue : « C'est la
fin d'une histoire... une très belle histoire. Et elle s'arrête au meilleur
moment. Comme le dit une chanson, "Lorsqu'on est heureux, on devrait pouvoir
arrêter le temps", c'est tout à fait ça. La Fonderie allait très
bien, il y avait plein de projets.... »
Mais des réalités plus pragmatiques,
après une épopée judiciaire de quelques années, en ont décidé autrement. En
désaccord avec l'autre copropriétaire, Any Mendieta a dû se résoudre à vendre le
lieu. Et mettre l'association Ciné-Scène, gérant la structure, en sommeil.
Trouver un autre lieu ?
L'idée ne semble guère pertinente : « Les belles histoires ne se revivent pas deux fois de la même façon.
Il y avait une magie, une âme dans ce lieu... vouloir refaire la même chose,
c'est souvent de mauvais goût. »
Any Mendieta s'attelle
donc désormais à « bien finir les choses », comme elle le dit. Et prendre
un peu de recul pour songer à l'avenir. Car ses projets théâtraux vont aussi
être mis en sommeil pour le moment.
« Mais je participe
à une belle expérience : une école équestre et artistique pour les enfants, à
Villeneuve-sur-Lot. » Le rideau tombera en décembre sur la Fonderie. D'ici
là, plusieurs rendez-vous sont maintenus, comme le concert de demain. En
revanche, la traditionnelle fête des soupes, qui ouvrait la saison, n'aura pas
lieu. A la place, un petit cadeau : le groupe Le Chauffeur est dans le
pré, accompagné de musiciens touaregs, en concert gratuit. La preuve aussi
que la situation financière de la Fonderie n'était pas dans le rouge, quoi qu'en
dise la rumeur. La structure était soutenue par nombre d'institutions et
collectivités, qu'Any Mendieta tient d'ailleurs à remercier. « Il y a aussi
les artistes, qui nous ont beaucoup soutenus. Certains appellent pour venir
jouer avant la fermeture mais c'est difficile de tout organiser. Pour la soirée
de clôture, le 9 décembre, il y aura beaucoup d'artistes qui étaient là depuis
le début. »
Car la Fonderie a vu
passer nombre de danseurs, chanteurs, musiciens, comédiens. Au rayon des plus
beaux souvenirs, Any Mendieta évoque les 24 h solos, en juin dernier où les
musiciens s'étaient succédé jour et nuit : « C'était le paroxysme des possibles à la
Fonderie, c'était magique. »
Au chapitre des
regrets, deux emplois, à l'administration et à la régie, sont supprimés. Mais
Any Mendieta promet : « Le rideau tombe mais ce n'est pas triste, ce n'est
pas fini... Je voudrais dire aux gens qui viendront le 9 décembre que
tous les temps se
conjuguent au présent, c'est-à-dire que cela promet de l'avenir... »
Un avenir qui s'écrira
ailleurs qu'au 3, rue Fondère, désormais.
Salima
NEKAA
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