La satisfaction en haut
de l'affiche finale.
Le
Cinemed a repris du poids sans rien perdre de sa finesse. Voilà quelle pourrait
être la morale de la 29e édition du Festival international du cinéma
méditerranéen qui s'est achevée hier soir, au terme d'Apocalypse now
redux. Un long chef-d'œuvre (3 h 22) pour une réussite sur toute la
longueur (dix jours).
« C'est vraiment cette année que j'ai vérifié
ce que m'avait dit mon prédécesseur et président Pierre Pitiot : "Quoi que tu
fasses, c'est sur ta programmation que tu seras jugé au final", a commenté,
hier, le directeur, Jean-François Bourgeot. Nous avions, cette année
particulièrement, une belle programmation, identifiée comme telle dès avant le
début du festival. » Et de rappeler les grands axes de cette édition : la
plus grande rétrospective jamais proposée en France sur Marcello Mastroianni, le
retour de Mario Monicelli, la belle présence de Pierre Salvadori, les inédits de
Rossellini, les colloques ou encore ces « produits d'appel » que furent
les avant-premières des derniers Kusturica, Kechiche et Coppola.
S'agissant du palmarès (notre édition d'hier), sans doute un peu plus
contesté que les précédents, Jean-François Bourgeot rappelle : « Notre règle
du jeu de sélectionneurs, Christophe Leparc et moi, est de ne jamais retenir un
film qu'on ne puisse pas défendre. Il y en avait onze en lice. Ce sont onze
œuvres que j'aime... différemment, mais que j'aime. Donc je n'ai jamais eu aucun
problème avec les palmarès. »
On se souvient
en revanche que le festival a, lui, eu par le passé quelques problèmes de
fréquentation. Ils semblent révolus : « Selon nos premiers calculs, nous
serions à environ 85 000 entrées. Soit 10 % de mieux qu'en 2006, se félicite
Jean-François Bourgeot. Notre inquiétude, c'était évidemment le jeudi 1er
novembre : le public allait-il rester ou partir ailleurs ? Eh bien, il est
resté. » La raison ? Devinez : « Une bonne programmation, et ce avec une
quarantaine de films de moins (206au total, ndlr) que l'an dernier. »
Du coup, pour Jean-François Bourgeot, s'il n'est pas question
d'augmenter à nouveau le nombre de films projetés à l'avenir, il va s'agir de
prolonger l'amélioration du taux de remplissage des salles. En poussant plus
loin l'effort, on vous le donne en mille, de programmation ! La reconnaissance
médiatique du Cinemed sera également poursuivie : « Parce que plus on parlera
de notre festival, plus on nous enverra les bons films et plus les réalisateurs
seront contents et même demandeurs de passer chez nous. Voilà l'enjeu et il n'y
en pas d'autre. »
Quid de
l'année prochaine, symbolique puisque le Cinemed aura 30 ans ? « Nous savons
déjà que nous ferons un hommage aux frères Taviani en leur présence, annonce
Jean-François Bourgeot.
Par ailleurs, on aimerait assez projeter 25
grands films pour les 25 pays de la Méditerranée, peut-être même 30 en
repoussant un peu les frontières. » Il semble également acquis que de
nouvelles grandes avant-premières (une des belles réussites de cette année)
seront programmées. Avec une rigueur : « Je veux que le festival s'ouvre
toujours par un film qui nous dise que, malgré toutes les galères ou les
souffrances, la vie triomphe. » Et le cinéma avec, bien sûr.
Jérémy BERNÈDE
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