Telles sont les les premières observations
du programme scientifique Damoclès, dont la goélette "Tara", en dérive sur la
banquise, est le support logistique.Damoclès
(Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term
Environmental Studies) regroupe 45 laboratoires de 10 pays européens, des
Etats-Unis et de Russie.
Projet pilote de l'Union Européenne pour
l'Année Polaire Internationale, il vise à observer, comprendre et quantifier les
changements climatiques en Arctique, afin d'aider à la prise de décisions face
au réchauffement de la planète.
La plus importante et spectaculaire
conclusion des observations réalisées par les scientifiques européens, depuis le
début de la mission "Tara" en septembre 2006, prévoit « dans 10 à 15 ans, une
fonte totale de la banquise en été, entre le mois de septembre et le mois de mai
», selon Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme
Damoclès.
Cette fonte totale de la banquise en été aurait, selon
Gascard, la plus forte et inattendue incidence sur le climat d'Europe de l'ouest
et donc la vie quotidienne de ses occupants, humains, faune et flore. Selon un
enchaînement de causalités partant de l'absorption par l'océan de 80 % de
l'énergie solaire (autrement réfléchie par feu la glace en été), on passe à une
fonte accélérée de la calotte glaciaire du Groenland qui entraînerait une
élévation du niveau de la mer d'au moins 1 mètre.
Mais, effet paradoxal
et autre conséquence majeure, cet afflux d'eau douce bloquerait la montée des
eaux chaudes et salées de l'Atlantique (circulation thermohaline) vers
l'Arctique.
Résultat pour le coordinateur de Damoclès :
un refroidissement de l'Europe occidentale de plusieurs degrés.