Comment la planète Vénus est devenue une
fournaise.
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Cousine de la Terre par sa masse et
sa taille, Vénus était couverte d'océans. Mais après l'évaporation de l'eau, la
teneur en CO2 de l'atmosphère était si élevée que l'effet de serre s'est
emballé.

Venus Express (AFP)
Dans un lointain
passé, Vénus devait être couverte d'océans : mais au lieu d'engendrer la vie,
elle est devenue une fournaise dont l'atmosphère, analysée depuis avril 2006 par
la sonde européenne Venus Express, est composée à 96,5% de CO2, a-t-on appris
jeudi 29 novembre.
Cousine de notre planète bleue par sa masse et sa
taille, l'étoile du Berger a une température de surface qui dépasse 450
degrés.
"L'eau présente sur Vénus dans le passé s'est tout
simplement évaporée. Il y en a encore des traces dans son atmosphère et nous
pouvons encore observer ce processus à l'œuvre", déclare Hakan Svedhem,
chercheur de l'Agence spatiale européenne (ESA).
Plus proche du Soleil
Au départ,
"probablement parce que Vénus est plus proche du Soleil (108 millions de km
contre 149 millions pour la Terre), l'atmosphère était un peu plus chaude et
donc plus riche en vapeur d'eau, dont l'effet de serre est encore plus puissant
que celui du CO2", ajoute Hakan Svedhem, qui présente cette semaine dans la
revue britannique Nature une série d'articles consacrés à l'étoile du
Berger.
Comme sur la Terre ou encore sur Mars, l'atmosphère
vénusienne trouve son origine dans le "dégazage" des volcans, et était
principalement composée dans sa jeunesse de vapeur d'eau et de dioxyde de
carbone.
Sur Terre, une grande partie du CO2 a par la suite
été piégée dans la lithosphère (roches) sous forme de dépôts calcaires, dans les
océans et dans les organismes vivants, entraînant le cycle du
carbone.
"L'effet de serre s'est emballé"
Sur
Vénus à l'inverse, après l'évaporation de l'eau, "la teneur en CO2 de
l'atmosphère était tellement élevée que l'effet de serre s'est emballé",
explique Hakan Svedhem. Explorée par plus de 30 vaisseaux depuis 1962, l'étoile
du Berger est loin d'avoir révélé tous ses secrets: une épaisse couche de nuages
d'acide sulfurique, probablement d'origine volcanique, avait jusqu'à présent
empêché l'acquisition de bonnes images de sa structure atmosphérique et de sa
surface. Grâce à l'utilisation d'une nouvelle partie du spectre lumineux, Venus
Express "dresse aujourd'hui une carte en trois dimensions de cette atmosphère,
qui nous permet vraiment de comprendre beaucoup mieux que par le passé la météo
et la circulation" de l'atmosphère vénusienne, assure Hakan
Svedhem.
Trois fois la vitesse d'un ouragan
Les
vents dans la haute atmosphère de Vénus soufflent à trois fois la vitesse d'un
ouragan sur Terre à 70 km d'altitude, tandis que la planète ne tourne sur
elle-même que très lentement, à raison d'un lever et d'un coucher du soleil tous
les 177 jours. Ces vents, dont la vitesse répartit uniformément les températures
de surface et expliquent l'absence de saisons au sol, ont été mesurés en suivant
les nuages d'acide sulfurique qui circulent dans la haute atmosphère. Au sein de
ces nuages, la sonde a mesuré une différence de 30 à 40 °C entre les
températures diurnes et nocturnes, qui ne peuvent être expliquées par le seul
rayonnement solaire. "De puissants courants descendants pourraient réchauffer
l'air par compression", estime dans Nature Andrew Ingersoll, du
California Institute of Technology.
Eclairs
Une
autre interrogation concerne l'existence d'éclairs, qui ne devraient pas se
produire dans des nuages qui s'apparentent à nos nappes de pollution. Venus
Express a cependant détecté des ondes électromagnétiques de basse fréquence qui
durent une fraction de seconde et devraient résulter d'une décharge électrique.
"Peut-être n'avons nous pas pensé à tous les moyens par lesquels de
l'électricité peut être générée dans l'atmosphère d'une planète", s'interroge
Andrew Ingersoll qui pense que "si un jour nous parvenons à suivre les
phénomènes climatiques sur Vénus comme nous le faisons pour la Terre, nous
pourrions commencer à comprendre la météo en général". (avec AFP)