» Tomorrow Never Knows (http://joezappa.zeblog.com/)

Calendrier

« Août 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Joe el Misterioso

Joe el Misterioso Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone: cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos. Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens


Music Blogs - Blog Top Sites BloGalaxia
Annuaire Actimonde
Référencez gratuitement votre site dans l' annuaire francophone Actimonde. Nos partenaires: annuaire francophone thématique | Actimania | Actimania annuaire francophone | Actidir | Annuaire Vacances | Annuaire Locations Particuliers
lien en dur

blogCloud

Fils RSS

Films du bout du monde

Par Joe el Misterioso :: mardi 25 septembre 2007 à 10:33 :: Ciné/Télé

Des films du bout du monde en Cévennes.

Le festival est nomade et s'arrête, à partir du 28 septembre, pour une semaine, en Cévennes. Festival des "
Films du bout du monde" à plus d'un titre, consacré à un cinéma particulier : celui qui se tourne avec une caméra stylo.

Un terme choisi pour désigner un genre cinématographique peu connu, qui rassemble essais filmiques, documentaires intimistes et autres films autobiographiques, tournés sur un autre continent ou chez soi, à la manière de travailler du peintre ou de l'écrivain, comme le développement du numérique le permet désormais.

Un genre et des films que le festival entend, dans le cadre du réseau de diffusion Doc & Cie, faire mieux connaître. Pour ce faire, il présente un programme consacré à deux réalisateurs : Jean Rouch et Philippe Simon.

Volontairement, les organisateurs ont mêlé le travail d'un célèbre ancien et d'un contemporain, histoire de montrer que la caméra stylo est un genre qui a une histoire, mais aussi des réalisateurs vivants et passionnants.

Décédé en 2004, Jean Rouch, résistant, journaliste, ethnologue, a filmé l'Afrique. Il est une référence pour les réalisateurs de la Nouvelle vague. Philippe Simon, belge, vit aujourd'hui en Cévennes et part une partie de l'année marcher... et filmer. C'est ainsi qu'il a été pris en otage, en 2001, en Papouasie, par des indépendantistes et contraint de tourner un film. Objet rare et étonnant à découvrir en sa présence, plus celle du critique de cinéma, grand passeur de passion, Patrick Leboutte.

Car la caméra stylo, si elle cultive l'intimité, apprécie aussi au plus haut point la rencontre. Avec des projections pour carton d'invitation.

A voir à Lasalle (28 septembre), St-Jean-du-Gard (29 septembre), Alès (2 octobre), Ganges (3 octobre).

Tél. 06 07 65 50 60. http://www.camera-stylo.fr


Caroline FROELIG.

System D Productions

Par Joe el Misterioso :: vendredi 07 septembre 2007 à 16:34 :: Ciné/Télé

Une petite équipe nîmoise qui tourne bien.

Huit films en cinq ans, dont un péplum (Général Tesmos), un western (Grotty Dump) et une histoire de pirates (Le foulard pourpre)... Cette cadence stakhanoviste, qui semble échappée de l'âge d'or d'Hollywood, on la doit à une association nîmoise de cinéma amateur, System D productions, en passe de se professionnaliser.

Il faut en effet préciser que les films en question sont des courts-métrages aux budgets plus que dérisoires par rapports à ceux des blockbusters : 5 000 € maximum jusqu'à présent. L'association porte vraiment bien son nom : bénévolat et débrouillardise à tous les étages, seul le sponsoring privé (essentiellement des commerces locaux) lui apportant quelques ressources.

Qu'importent les moyens, pourvu que ça tourne : tel pourrait être l'adage du trio qui tient les rôles principaux de l'aventure : Florian Martinez, Christine Albaret et Michael Guillaume, respectivement réalisateur-scénariste, secrétaire-régisseuse et trésorier. A 24 ans, Florian, qui gagne sa vie en tant qu'éducateur sportif - il est professeur de squash -, a signé six des huit courts-métrages. Les premiers en numérique, les deux derniers en haute définition. Et cet autodidacte se débrouille plutôt bien, puisque Le foulard pourpre a remporté le 1er prix fiction au festival de Montauban.
 
Autre encouragement à persévérer : celui de Georges Lautner, en personne. Le vénérable "père" (86 ans) des mythiques Tontons flingueurs a co-signé en 2004 une bande dessinée, On achève bien les cons, farce policière ayant pour héros un serial-killer un peu spécial... « Il nous a autorisés à en faire une libre adaptation, explique Florian. Avec son scénariste, nous avons ainsi écrit Tant qu'il y aura des cons où s'entrecroisent quatre personnages odieux et cyniques qui finiront par s'entre-détruire. » Comédienne et amie de Lautner, Cookie Castali a tenu l'un des quatre rôles principaux de ce film dont le tournage s'est déroulé du 21 au 26 août dans le centre-ville de Nîmes (et les locaux de Télé Miroir). Il a nécessité « une centaine de figurants et il a fallu barrer le boulevard Victor-Hugo le dernier jour ».

Une fois le montage achevé, Tant qu'il y aura des cons sera proposé à différents festivals, dont celui de Clermont-Ferrand. D'ici là, l'équipe de System D prépare aussi le sien, son 4e Court sur le système, début 2008, à Nîmes et Montpellier, « où les films ne sont projetés que si leur réalisateur est présent, car pour nous, la rencontre avec le public est très importante ». Florian a aussi attaqué plusieurs projets de longs-métrages, « dont un polar ». Qui sait si, à ce rythme, la petite entreprise nîmoise ne va pas finir par bientôt faire de l'ombre aux grands studios...

M. C.

TVHD

Par Joe el Misterioso :: jeudi 06 septembre 2007 à 18:45 :: Ciné/Télé

Quatre chaînes candidates à la télé haute définition.
 
 
Les chaînes généralistes n'ont pas renoncé à maintenir leur suprématie, malgré la montée en puissance des nouvelles venues de la Télévision numérique terrestre (TNT). Pour rester leader, en audience comme en recettes publicitaires, TF1, M6, France 2 ou Canal+ ont enfourché un nouveau cheval de bataille : la télévision haute définition (TVHD).

Dix ans après le Japon ou les Etats-Unis, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient donc de frapper les trois coups de la mise en place de cette nouvelle technologie, qui devrait permettre la réception de chaînes de télévision avec une image et un son d'une qualité incomparable.

L'appel à candidatures, lancé par le CSA en décembre 2006, pour trois canaux de la TNT réservés à la télévision haute définition, arrivait à échéance lundi 20 août. Quatre dossiers ont été déposés pour l'attribution des deux chaînes aux opérateurs privés. Le troisième canal a été préempté par l'Etat, qui devra choisir entre les deux chaînes publiques candidates, France 2 et Arte.

LANCEMENT À LA MI-2008

Les chaînes privées TF1, M6, Canal+ et le Groupe AB (opérateur de TMC, NT1 ou RTL9) ont fait acte de candidature. Le groupe NRJ, un temps intéressé, a renoncé. Dans un premier temps, la TVHD ne devrait donc concerner que les télévisions hertziennes.

Pour Thomas Valentin, directeur général, chargé des programmes du groupe M6, ce n'est pas une surprise. Selon lui, les grandes généralistes sont aussi "les chaînes des grands événements du sport, du cinéma ou de la fiction, les produits majeurs de la TVHD". Surtout, précise M. Valentin, "les grandes chaînes sont les seules à pouvoir financer de telles productions". M6 fait savoir que, "en année pleine, le coût de diffusion en TVHD atteint 6,5 millions d'euros". Un surcoût auquel s'ajoute l'augmentation de taxes et les frais liés à la production et aux tournages en HD.

Sur les grandes chaînes, la TVHD a déjà fait ses premiers pas. Il y a un an, TF1, M6 et Canal+ ont diffusé, en test, la Coupe du monde de football en haute définition sur la TNT. Ces trois chaînes poursuivent leurs diffusions en HD pour les abonnés de TPS ou de CanalSatellite.

De son côté, France Télévisions a proposé, cet été, Roland-Garros et le Tour de France en HD. Le vrai lancement de la haute définition aura lieu à la mi-2008. A cette date, tous les téléviseurs qui seront commercialisés seront au format "HDReady". Prêts pour la réception de la TVHD.

Guy Dutheil, Le Monde

Arte + 7

Par Joe el Misterioso :: jeudi 30 août 2007 à 08:16 :: Ciné/Télé
Télévision.

Arte met ses programmes en ligne sur le Web.

Grands changements à compter du 1er octobre pour Arte. C'est à cette date que sera lancé "Arte + 7", un projet annoncé depuis un an et qui a nécessité des mois de discussions avec les producteurs et les ayants droit.

Il consiste à offrir aux internautes de voir ou revoir gratuitement sur le site Internet de la chaîne certains programmes (à l'exception des films de cinéma) pendant les sept jours qui suivent leur première diffusion à l'antenne.

Dépourvu de publicité, ce nouveau service à la carte de visionnage en "streaming", autrement dit en flux continu, sans téléchargement, s'inscrit dans la stratégie multimédia de la chaîne (Web, mobile), baptisée "Arte global".

Depuis deux ans, Arte, chaîne qui prend le relais de France 5, à partir de 19 heures en analogique hertzien, a progressivement étendu ses programmes à la journée pour les téléspectateurs disposant d'une offre élargie (câble, satellite ou TNT). Elle diffuse aujourd'hui 20 heures sur 24.

Le contrat d'objectif et de moyens signé avec l'Etat, en mars, pour la période 2007 - 2011, fixe, pour la première fois, des objectifs d'audience à la chaîne. Celle-ci devra réaliser 3,5 % de parts d'audience, contre 3,3 % en 2006 sur l'analogique, et devra passer de 1,5 % à 2 % sur la télévision numérique terrestre (TNT). Pour le câble et le satellite, elle devra atteindre 1 %, contre 0,7 %.

En juillet et en août, stimulée par le succès de la programmation "Summer of Love", la chaîne a battu des records d'audience, notamment auprès des 30-50 ans. Mais ces bons scores sont concentrés en soirée.

Le 1er octobre, Arte proposera donc une grille de journée rénovée "plus efficace, plus simple, plus lisible", selon Christophe Hauser, directeur des programmes. Une grille destinée à fidéliser davantage les téléspectateurs autour des quatre axes de programmation propres à la chaîne : la musique, les "Thema", la culture et le cinéma.

Arte s'est, par ailleurs, placée sur les rangs pour décrocher, à la suite de l'appel d'offres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), l'un des trois canaux en haute définition (HD) qui seront attribués dans le cadre de la Télévision numérique terrestre. "Nous considérons que la qualité de nos programmes exige une qualité d'images", a martelé Jérôme Clément, président d'Arte France, lors d'une conférence de presse, lundi 27 août.

Macha Séry, Le Monde

Le Mont Aigoual

Par Joe el Misterioso :: dimanche 08 juillet 2007 à 11:57 :: Ciné/Télé

Aigoual, la mémoire retrouvée.
 
A s'esbaudir devant les flancs touffus et verdoyants de l'Aigoual, qui se souvient encore que la montagne faillit rester pelée ?

Sentinelle du temps sur la route des vents les plus puissants qui puissent souffler en France, le mont, par la volonté d'un homme, passa de l'état de désert à celui de luxuriante forêt. Trente années d'un véritable combat pour arriver à faire prendre racine à soixante-huit millions d'arbres et redonner la vie à une nature usée par l'homme.

Un film, un « docu-fiction » comme on dit aujourd'hui, raconte cette histoire : Aigoual, la forêt retrouvée. La bataille acharnée du réalisateur, Marc Khanne, et de ceux qui l'ont aidé dans l'entreprise pour la faire revivre, est bien sûr anecdotique à côté de l'effort surhumain du forestier Georges Fabre et du botaniste Charles Flahaut pour faire renaître une forêt dans un monde redevenu presque exclusivement minéral. Mais ils y sont parvenus et, désormais, le document, pédagogique à souhait, est là pour garder cette mémoire et témoigner d'une histoire qui, malheureusement, se répète dangereusement depuis des années sur la planète. Au péril de la forêt et celui de la Terre.

Ce n'est pas la moindre des qualités de la démonstration que de tisser un lien en forme d'avertissement, si la déforestation se poursuit à l'échelle planétaire.

Fin XIXe... Sur les pentes de l'Aigoual, les pâtures, milieux ouverts, l'ont progressivement emporté sur la forêt qui a considérablement alimenté les foyers paysans en parallèle. Là-haut, quand les hivers sont rudes, on ne connaît que le bois de chauffage... Mais le massif attire les pires tempêtes. C'est le réservoir d'eau de la région, encore célèbre pour ces « marinades » qui entraînent régulièrement l'inondation catastrophe des plaines.

Les pâtures sont à leur tour laminées pour laisser le caillou apparent. Il arrive de plus en plus souvent que Valleraugue, en bas, soit ravagé par ces déferlantes boueuses que plus aucun arbre n'arrête.

Sait-on que les alluvions de l'Aigoual ont participé à l'ensablement du port de Bordeaux ? C'est dire les conséquences lointaines de la disparition de la forêt... Et que dire de l'exode rural qui menace ce massif déshabillé de sa richesse végétale ?

C'est à un travail de romain que s'attaque le forestier Georges Fabre, débarqué de Nancy en Languedoc à la fin de ce siècle industriel. Son premier combat sera de convaincre les gens d'ici de participer à l'œuvre de reboisement. Le forestier aura finalement l'adhésion puis la reconnaissance des Cévenols, mais pas celle de l'administration. Et mourra « de chagrin » loin des honneurs qu'il méritait.

C'est aussi cette injustice qui est racontée avec un avertissement en filigrane : il n'y aura pas toujours des Georges Fabre et des Charles Flahaut pour sauver la planète.

Tourné il y a un an avec des figurants locaux et des acteurs professionnels, Aigoual, la forêt retrouvée sera diffusé tout l'été sur l'Aigoual. « C'est un film de combat et d'histoire, commente le réalisateur, celui d'une aventure humaine. Le respect de la nature ne pèse pas lourd face aux exigences économiques. Les deux héros ont réussi parce qu'ils avaient à la fois une vision de l'avenir et le sens du dialogue. Ils ont protégé la montagne tout en respectant les hommes qui y vivaient. C'est peut-être une bonne leçon de politique. »

Elle est toujours d'actualité. Même sur l'Aigoual.

Pierre RIVAS,
Midi Libre

et Cannes..?

Par Joe el Misterioso :: lundi 28 mai 2007 à 10:54 :: Ciné/Télé
Un palmarès noir et savamment partageur.

« Il semble donc qu'il n'y ait pas besoin de beaucoup d'argent et de grandes stars pour être compris de tous ». Cristian Mungiu qui dès le début de la compétition apparaissait comme un prétendant sérieux donne donc une Palme d'Or à la Roumanie, dont le cinéma semble depuis quelques années avoir trouvé un véritable dynamisme.

Le film primé, 4 mois, 3 semaines et 2 jours, qui annonce un avortement un peu tardif, se situe à la fin des années 80, vers la fin du règne de Ceausescu. Un monde aux yeux cernés, ou bernés, privé des plus élémentaires libertés, et dont le cinéaste veut rendre compte, à travers une représentation sèche et glauque. D'une grande rigueur dans sa mise en scène, le film donnait le ton d'une sélection assez noire et très concernée par les douleurs humaines.

C'est sur ce registre d'ailleurs - avec Stephen Frears et Michel Piccoli dans le même jury on pouvait l'imaginer - que va le saupoudrage des prix (9 films sur 22 sont distingués !), augmentés cette année d'un prix du 60e Festival (Gus Van Sant avec Paranoïd Park est un bon choix).

La France s'en tire très bien avec le prix de la mise en scène pour Le Scaphandre et le papillon et le prix du jury pour Persepolis. On remarquera cependant que Julian Schnabel est un peintre américain et que Marjane Satrapi est une dessinatrice iranienne... Attendu au palmarès le cinéaste allemand d'origine turque, Fetih Akin, doit se contenter du prix du scenario pour son très beau film, De l'autre côté, film qui traite du deuil, de l'émigration, du déracinement. Le deuil on le retrouve encore dans le film du mexicain Carlos Reygadas, Lumière Silencieuse, qui à partir d'un adultère très rural vous construit une grande tragédie mystique, avec à la clef une résurrection de la plus belle eau qui lui vaut peut-être son prix du jury ; dans Secret Sunshine où la comédienne coréenne Do-Yean Jeon (prix d'interprétation) pleure et son mari et son fils avant d'entrer en religion et virer vraie follasse... Deuil toujours dans Le bannissement, qui vaut à Konstantin Lavronenko son prix d'interprétation et enfin double deuil pour la forêt de Mogari qui permet à la cinéaste japonaise Naomi kawase de s'emparer du Grand prix du jury. Du lourd, du grave, les trois films les plus "drolatiques" de la compétition (Coen, Tarantino, Kusturica) étant totalement absents du palmarès. Palmarès cohérent et généreux.

De CannesJean-François BOURGEOT pour Midi Libre

Guy Maddin

Par Joe el Misterioso :: lundi 28 mai 2007 à 00:39 :: Ciné/Télé
Glandes de bouc & têtes d'eMule.

Par Philippe GARNIER, Libération

On peut préférer l'idée de
Guy Maddin à son cinéma ­ l'artiste en autarcie, l'agité de Winnipeg, etc. ­, mais nul doute que l'homme gagne à être connu. Il donnait, début mars en Californie, une conférence devant des étudiants des Beaux-Arts la semaine même où les UCLA Film Archives lui offraient une carte blanche au Billy Wilder Theater de Los Angeles. Maddin est un plaisant loustic, grand vieux jeune homme déplumé, mais curieusement élégant, un genre Harry Langdon sapé par Kenneth Cole.

La conférence était mystérieusement intitulée «Goat Glands, Carpet Underlay and Cinema Sat Backwards» (que l'on pourrait traduire littéralement par «Glandes de boucs, dessous de tapis et cinéma assis à l'envers»). Il a dû se dépatouiller de ces notions, le genre de trucs qu'on faxe à une institution quand on a l'aubaine d'être invité à faire son panier (virtuellement, le catalogue est online) dans la caverne d'Ali Baba des Archives ­ chance que beaucoup lui envieraient. Le «dessous de tapis» a conservé son mystère ; quant au «cinéma assis à l'envers», il peut servir de définition à l'oeuvre curieuse de Maddin. Il a au moins été disert sur les «glandes de bouc».

Incendie.  «Durant la folie des années 20, divers traitements étaient en vogue, proposés par des charlatans qui vous greffaient des testicules de singes ou de boucs à des endroits divers de l'anatomie masculine. Ces opérations étaient bidons, les appendices étaient attachés où ils pouvaient faire le moins de dommages. Mais les gens étaient persuadés que ça redonnerait de l'allant à leur vie sexuelle. L'industrie du cinéma aussi, à la même époque, a ressenti le besoin d'un coup de fouet et, avec l'arrivée du parlant, on a vu tous ces films rafistolés hâtivement avec une bobine sonore ici ou une musique enregistrée là. Les journaux du métier surnommaient ça "goat-glanding" et les pathétiques appendices des films sortis en 1928-1929 font que les historiens citent toujours 1929 comme la pire année pour le cinéma américain ­ une production inondée de trucs frelatés et chantants. Mais moi, j'en suis arrivé à considérer 1929 comme mon année favorite, parce que c'était une situation en flux qui permettait justement les choix et la liberté que je chéris aujourd'hui, celle par exemple de mettre du son ou pas, de la couleur ou pas. Ne pas se laisser diriger par les lois du marché.»

Le film de 1929 qu'il présentait n'avait nullement besoin de glandes de singe, même si la dernière bobine était sonore. The Godless Girl est un film mythique de Cecil B. DeMille que Maddin ­ comme beaucoup d'allumés du muet ­ ne connaissait que par le livre de Kevin Brownlow sur le cinéma censuré et le cinéma réformateur ( Behind the Mask of Innocence , Knopf, 1990). C'est un film électrisant, autant par son rythme et son hystérie que par son contexte historique. L'héroïne est à la tête de la Godless Society, un club athée sur un campus de flappers . Le fameux procès fait à Scopes par les anti-darwinistes date de deux ans seulement. Un singe mascotte sert à l'intronisation des nouveaux membres. Mais Jeanie Macpherson est amoureuse du président du syndicat des étudiants, un Bushiste avant la lettre, à la tête d'une armée de farouches Jeunesses chrétiennes. Ce qui démarre comme une comédie (athéisme et charleston) tourne vite à la tragédie violente : bagarre entre les deux factions, une rampe d'escalier cède, une fille meurt, tout ce petit monde se retrouve aux mains de gardiens comme le patibulaire Noah Beery, dans une maison de redressement (curieusement mixte, pour les besoins de la dramatisation), où se pratiquent les pires exactions sadiques.

On voit déjà où ça mène quand les deux tourtereaux essaient de s'embrasser à travers le grillage électrifié qui sépare les garçons des filles, et que Jeanie reste collée dessus suffisamment longtemps pour avoir une croix brûlée au creux de la paume. L'enfer ne tarde d'ailleurs pas, un incendie dément au cours duquel la fille est menottée à la tuyauterie de sa cellule. La séquence de sauvetage est d'un réalisme haletant, et pour cause : ce salaud de Cecil B. avait insisté pour qu'on déclenche un vrai incendie, poussant ses jeunes acteurs dans la fournaise. Trois blessés graves au final. Mais le film a eu gain de cause, obtenant une réforme des maisons de redressement dans au moins trois Etats.

Exagération artistique. Maddin a aussi eu à en découdre avec la Monkey Connection. Deux semaines avant la conférence, lors d'une présentation à Berlin, il s'était fait accueillir par une poignée de performance artists américains (dont Vaginal Cream Davis, le trave taillé comme un pilier de mêlée) portant des masques de chimpanzés et des gâteaux d'anniversaire en feu. «Ça m'apprendra à me répéter dans les interviews, concédera Maddin. J'ai fait mon premier film l'année de Blue Velvet, qui avait provoqué une vague de Lynchmania, même à Winnipeg. J'admirais la façon dont Lynch amusait la galerie avec ses interviews. Mais au bout d'un moment, il a commencé à se répéter et je me suis juré de ne pas tomber dans le même piège. Evidemment, je ne m'imaginais pas courir les festivals comme je le fais aujourd'hui... M'étant juré de ne jamais me répéter, j'ai vite dû mentir, jusqu'à ce que je me retrouve à court de mensonges. Bref, j'ai dû raconter cette histoire de quatrième anniversaire une fois de trop.»

Maddin a eu une enfance hors norme, enfant débarqué dans la maison familiale «le jour où la télévision est arrivée à Winnipeg, en 1957». «Je crois que mes parents m'ont ramené de la clinique en même temps que le gros poste et nous ont installés dans la même pièce.» Ses parents étaient trop vieux pour s'occuper de lui. Ce quatrième anniversaire était un pur hasard. «Il y avait une party à la maison, il se trouvait que c'était aussi mon anniversaire. Mais c'était pour les adultes, il y avait des mecs à cigares, des stripteaseuses. Mon père était directeur de l'équipe de hockey. Et un type s'est amené avec un vieux chimpanzé de Hollywood en retraite, qui portait un chapeau de cow-boy et un ceinturon à pistolets. Il a commencé par sauter à pieds joints sur le gâteau ; laissant une grosse empreinte dedans. Ensuite il s'est mis au piano. Moi je trouvais ça rigolo et je suis monté sur le banc avec lui, les gens trouvaient ça adorable, c'était la première fois qu'on faisait attention à moi, ça m'a drôlement plu. Mais le singe, ça l'a rendu fou de jalousie et il s'est mis à me battre à coups de crosse de pistolet et à me griffer. Depuis ce temps-là, j'ai une peur mortelle de ces bestioles.»

Maddin a aussi régalé le public d'histoires sur sa ville, Winnipeg (Canada), la plus froide et isolée du monde ( «Vous roulez dix minutes, vous êtes dans le vide total, le blanc sur la carte, l'agglomération la plus proche est Minneapolis, à huit heures de route en bourrant.» Winnipeg est selon lui une «ville rêveuse», propre à la nostalgie qui colore son cinéma, où les cas de somnambulisme sont cent fois plus nombreux qu'ailleurs. «Il y a même une loi qui stipule que si vous vous pointez à la porte de votre ancien appartement, le nouveau locataire doit non seulement vous laisser entrer, mais aussi vous laisser passer la nuit. Pour éviter les désorientations trop brutales. Durant mon premier mariage, j'allais me coucher dans un lit, je me réveillais dans un autre...» On reconnaît là la facture Maddin : pas véritablement du mensonge, juste, peut-être, de l'exagération artistique. Mais sa carte blanche à l'UCLA ne tenait pas de la nuit blanche, surprenant par son côté terre à terre. Il est évident que s'il a programmé des films aussi disponibles et connus que On Dangerous Ground et Caught le même soir, ce n'est pas tant par amour pour Ray et Ophüls que pour enfin voir des films favoris sur grand écran, en copies mirifiques.

Pareil pour le tristissime Make Way for Tomorrow , un Leo McCarey qu'on ne voit jamais, qui traite d'une vie de famille un peu similaire à la sienne, et, surtout, Secrets , le dernier film de l'actrice Mary Pickford, raccrochant ses accroche-coeurs à l'âge de 40 ans. Maddin avoue qu'il aime dans ce curieux film de Borzage (il l'avait fait en muet neuf ans avant avec Norma Talmage) «parce qu'on ne sait jamais où va le film.» Comédie de moeurs au début, western au milieu, saga familiale plombante à la fin, il vaut surtout par ces moments dont Borzage avait le secret, les moments ralentis. La famille de pionniers est encerclée par les bandits. Le bébé (fiévreux) se prend une balle perdue. Pickford seule s'en aperçoit, mais le cache à son mari. Lequel prend quand même le temps, entre deux rafales, de vérifier la température du nouveau-né. «Ah, il est plus froid», s'exclame-t-il, soulagé.

Pingouins géants. Le seul choix de Maddin qui rappelait un tant soit peu son cinéma était A Kiss for Cinderella , fait par Herbert Brenon avec Betty Bronson, juste après leur immense succès Peter Pan. Une version perverse de Cendrillon avec laquelle Brenon peut s'adonner au fétichisme du pied, recréant un royaume groucho-marxien épatant, où les mariages sont célébrés par des pingouins géants. Un vrai bouillon de culture pour l'ex-somnambule de Winnipeg dont le nouveau film, Des trous dans la tête sera montré dans la sélection de l'Acid à Cannes. Une version scénique de ce film existe, avec orchestre, un trio de bruiteurs, un chanteur castra et un narrateur, et une avant-première européenne a eu lieu au dernier festival de Berlin à l'opéra. Une représentation pourrait avoir lieu à la rentrée à Paris, avec Isabella Rossellini dans le rôle de la narratrice.

http://www.liberation.fr/culture/cinema/251163.FR.php

Ian Curtis

Par Joe el Misterioso :: vendredi 18 mai 2007 à 10:03 :: Ciné/Télé
Control

Un film d'Anton Corbijn.

Biopic radical d'une beauté dépouillée, Control retrace avec rigueur le parcours brisé de
Ian Curtis, le chanteur de Joy Division et rend hommage à son génie.

(2007, UK / Australie / 119 mn)

Avec : Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara …

Synopsis : La vie et la mort du chanteur Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais des années 70 Joy Division. Dévoré par ses démons, tiraillé entre sa vie de famille, sa gloire naissante et son amour pour une autre femme, Ian Curtis s'est suicidé le 18 mai 1980 à la veille de la tournée américaine du groupe qui s'annonçait triomphale. Ian Curtis a changé le rock sans le vouloir, sans le savoir.

http://www.arte.tv/fr/1575098.html

"Pour fêter la présentation de "Control", d'Anton Corbijn, le groupe New Order était attendu au complet. Mais comme le trio s'est séparé il a quelques jours, chacun des membres est venu de son côté. Autant dire que le concert surprise (dont faisait état une rumeur) n'était pas à l'ordre du jour."

[source : l'espresso de Télérama]


A ce propos j'ai mis une longue entrée en anglais dans mon blog dans cette langue.
 
Par ici les curieux :
 
 
Hasta la vista..!

Stephen Frears

Par Joe el Misterioso :: vendredi 18 mai 2007 à 01:11 :: Ciné/Télé
Stephen Frears président à Cannes.


Crédit Photo : TFM Distribution 
Le réalisateur Stephen Frears


  • Pour sa 60e édition, le festival de Cannes a choisi de confier la présidence du jury à Stephen Frears.
  • Le cinéaste a sorti dernièrement avec succès "The Queen", satire de la monarchie britannique.
Un Anglais sur la Croisette. Le cinéaste anglais Stephen Frears, auteur de The Queen, satire de la monarchie et formidable succès au box-office, présidera le jury du 60e festival de Cannes, qui aura lieu du 16 au 27 mai, ont annoncé vendredi ses organisateurs. "C'est bien sûr un honneur, mais aussi un plaisir de pouvoir découvrir des films sensationnels, venus des quatre coins du monde, surtout dans une ambiance aussi prenante. God Save Cannes ! et la Reine, bien sûr", a affirmé le réalisateur, cité par un communiqué des organisateurs.

Le président du festival Gilles Jacob s'est dit "particulièrement heureux" de voir le réalisateur accepter sa proposition. "Nous rendons ainsi hommage à ce grand cinéaste inspiré, tout à sa liberté d'esprit et à son plaisir de filmer", déclare Gilles Jacob, estimant que "le 60e festival se place d'ores et déjà sous une bonne étoile, celle de l'intelligence, de l'esprit et d'une certaine impertinence".

Révélé par My Beautiful Laundrette en 1985, Stephen Frears avait présenté Prick up Your Ears en 1987 en sélection officielle à Cannes, où le film avait été primé, rappellent les organisateurs du festival. En 1988, Les Liaisons dangereuses" avaient "consacré son succès international", poursuivent-ils, et Stephen Frears "alterne depuis, avec un égal bonheur, les grands films de genre (Héros Malgré lui ou Les Arnaqueurs) et les "sujets plus intimistes ou engagés" (The Snapper, High Fidelity, ou Dirty Pretty Things)". Sorti à l'automne dernier, The Queen, son plus grand succès en Grande-Bretagne, a valu à son interprète principale, Helen Mirren, le prix d'interprétation féminine au festival de Venise 2006.

Salut les Diagos

Par Joe el Misterioso :: samedi 28 avril 2007 à 11:58 :: Ciné/Télé
Liquidation judiciaire confirmée pour les Diagos.
 
C'est une histoire vieille de vingt-quatre ans qui s'est achevée brutalement, hier matin, pour Antoine Péréniguez, au tribunal de commerce de Montpellier.

Le rideau est tombé sur une bonne partie du cinéma d'art et essai en ville avec la mise en liquidation judiciaire de la Sarl Diagonal films.

Sous cette entité étaient rassemblées les quatre salles Campus, Centre et Celleneuve. Mais le juge commissaire a fort heureusement assorti la liquidation d'une cession qui concerne le seul Diagonal Campus (lire ci-dessous).

La Sarl avait été placée en redressement judiciaire, le 24 avril 2006. A partir de là, alors que la justice lui donnait dix-huit mois pour se refaire une santé financière, Antoine Péréniguez avait multiplié les appels du pied vers les collectivités afin de solliciter des aides dans le cadre de la loi Sueur. Malgré d'importantes subventions accordées par la Ville, l'Agglo et la Région (100 000 € au total), il n'a pas été possible de sauver les Diagos.

Me Jean-François Blanc, administrateur judiciaire, n'a pas ménagé sa peine dans ce dossier et confirme que malgré ces aides, la liquidation était aujourd'hui la seule issue. « On était dans une situation difficile avec, entre autres, un effondrement continu des entrées. L'argent amené par les collectivités n'a pas servi à payer une partie des dettes mais tout simplement les charges courantes auxquelles l'exploitation ne permettait plus de faire face. » Il confirme également que, pour l'heure, aucune proposition de reprise n'a été formulée pour le Diagonal Centre, pas plus que pour celui de Celleneuve. « Mais comme nous sommes désormais dans le cadre d'une liquidation, la situation juridique n'est plus la même. » Sous-entendu, il ne faut pas exclure que des candidats se fassent connaître rapidement.

La Ville de Montpellier a les cartes en main. Surtout pour Celleneuve qui ferait un joli cinéma de quartier. « Pour le Diagonal Centre, il y a un double handicap. Un loyer exorbitant et on ne peut pas mutualiser les coûts sur deux projections, vu qu'iln'y a qu'une seule salle », indique une source proche du dossier. Les cinéphiles, les vrais, espèrent que ce coup d'arrêt va permettre de rebondir sur des bases solides.

J. Ce, Midi Libre

Utopia, réseau indépendant, reprend le Diagonal Campus.
 
« Dans ma souffrance, je suis content de pouvoir travailler avec des gens sérieux avec qui on est sur la même longueur d'ondes. » C'est par ces mots, hier matin, qu'Antoine Péréniguez a accueilli la décision de justice confirmant Utopia comme repreneur du Diagonal Campus.

Ce réseau indépendant de salles de cinémas art et essai possède des implantations à Avignon, Bordeaux, Toulouse-Tournefeuille et Saint-Ouen l'Aumône, en région parisienne. Mais il n'était pas présent en Languedoc-Roussillon. « Quand j'ai vu qu'on allait à la catastrophe et qu'on ne pourrait pas continuer avec Diagonal Films, j'ai fait appel à ces gens qui sont un peu mes parrains. On a la même sensibilité et, au départ, c'est à leur côté que j'ai appris le métier. Je sors d'une année très très difficile, surtout avec l'épisode du débrayage de l'équipe que je n'ai toujours pas compris. Mais je pense qu'avec l'arrivée d'Utopia, on va se renforcer », assure Antoine Péréniguez.

Ceux qui craignaient que cette liquidation judiciaire de Diagonal films entraîne de fait la disparition de "l'esprit diago" n'ont pas de crainte à avoir, selon le gérant.

« Les choses vont aller beaucoup mieux car je ne vais plus travailler tout seul. Avec Utopia, on va vraiment bosser ensemble. De l'autre côté, il y a toujours Transversal films, qui poursuit son activité au Capitole, et puis le Diagonal Campus continuera de s'appeler ainsi et je vais continuer à assurer la programmation. » La mauvaise nouvelle concerne, en revanche, le front de l'emploi vu qu'Utopia ne conservera que trois des douze employés de feu Diagonal films.

====> Haut de Page
Copyright © 2007 Tomorrow Never Knows - Blog créé avec ZeBlog