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Joe el Misterioso

Joe el Misterioso Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone: cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos. Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.

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Rue Santa Fe

Par Joe el Misterioso :: jeudi 06 décembre 2007 à 08:17 :: Eco/Politique

Horreurs de jeunesse au Chili.

Docu. Carmen Castillo, résistante anti-Pinochet, revient là où sa vie a basculé.

RENÉ SOLIS, Libération.

Rue Santa Fe de Carmen Castillo, 2 h 40.
 
A Cannes (Libération du 23 mai), une ovation avait suivi la projection. A Santiago, où a été présenté le film au mois d’octobre, le silence a duré longtemps. Dans la salle, ils étaient 600 : la vieille garde du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) et les autres protagonistes du film, dont ces habitantes des bidonvilles qui ont mené la résistance anti-Pinochet. Et puis les enfants de tous ceux-là. «J’étais très tendue, dit Carmen Castillo. Il y avait tout autour comme un grand silence intérieur. C’est tellement délicat, la mémoire des vaincus.» Quand les lumières se sont rallumées, elle a croisé certains regards dans la salle, et d’abord celui de la femme qui, dans le film, raconte la mort de ses deux jeunes fils militants. «Elle avait la tête haute. Je me suis sentie soulagée. Comme si cette mémoire collective, si longtemps effacée, avait trouvé un point d’ancrage.»

«Lieu du crime». Rue Santa Fe, septième documentaire de Carmen Castillo, a commencé presque par hasard, en 2002, alors qu’elle était à Santiago pour un autre tournage. «J’avais toujours refusé de revenir dans la maison. Et puis je me suis laissé entraîner. J’ai dit à mon équipe : "Bon, d’accord, on y va, et on enregistre tout ce qui se passe."» La maison, c’est celle où, le 5 octobre 1974, son compagnon, Miguel Enríquez, principal dirigeant du MIR dans la clandestinité, fut tué par la police de Pinochet alors qu’elle-même, enceinte de six mois, était grièvement blessée par une grenade. Sur les circonstances de la mort d’Enríquez et de sa survie à elle, miraculeuse - elle fut expulsée du Chili quelques jours plus tard, mais son bébé mourut avant terme -, Carmen Castillo était déjà partiellement revenue à l’occasion de La Flaca Alejandra, tourné en 1994, où elle retrouvait une de ses anciennes camarades qui, arrêtée et torturée, les avait trahis. Mais elle n’avait jamais voulu revoir «le lieu du crime».

La voilà donc débarquant rue Santa Fe, dans ce quartier modeste de Santiago où elle vécut pendant près d’un an une histoire d’amour et de clandestinité. Et ce que la caméra enregistre, alors qu’elle frappe aux portes des voisins et se présente - «Vous vous souvenez ? Il y a vingt-huit ans, c’est moi qui…» -, est proprement inouï. Un témoignage surtout. L’homme raconte que ce jour-là il a vu Miguel Enríquez sortir seul, sur le trottoir, peu après le début de la fusillade, à un moment où la Dina - la police - s’était apparemment repliée dans l’attente de renforts. Et qu’au lieu de prendre la fuite il est retourné dans la maison. Carmen Castillo comprend à cet instant qu’il n’a pas voulu la laisser seule. «Ma première réaction, quand je suis remontée dans la voiture, a été de vouloir effacer ces images. Je me disais que c’était impossible. Je ne supportais pas l’idée d’être responsable de sa mort.»

«Abandon». «Pourquoi lui et pas moi ?» et «à quoi sa mort a-t-elle servi ?» : C’est sur cet insupportable qu’est construit le film. A partir de ces deux questions, Carmen Castillo va remonter toute l’histoire - la sienne, celle du MIR, celle du Chili. Le film revient sur des éléments méconnus. Ainsi l’ordre donné à tous les exilés par la direction du MIR, à la fin des années 70, de rentrer clandestinement au Chili. Et la décision prise par les militantes qui revenaient d’abandonner leurs enfants, en les envoyant notamment à Cuba. Une histoire très douloureuse sur laquelle elle s’attarde. «Si on n’est pas capable d’expliquer, on ne fait qu’accentuer l’abandon», dit-elle.

La reconquête de la mémoire passe par de doubles retrouvailles : avec un passé militant qui fut, aussi, «beau et amoureux de la vie», et avec de jeunes Chiliens d’aujourd’hui qui se battent contre un système particulièrement dur pour les plus modestes. «Je ne suis pas nostalgique. Nous nous sommes trompés. Nous avons été vaincus. Mais je pourrais redire aujourd’hui exactement ce que je disais il y a trente ans. C’est l’absence de politique qui tue. Et je suis sûre qu’il n’y a pas de rédemption en dehors de l’engagement.»

Un entretien avec la réalisatrice est paru dans Libération du 22 juin 2006.

Salvador Allende

Par Joe el Misterioso :: mardi 27 novembre 2007 à 08:48 :: Eco/Politique
 
CHILI •  11 septembre 1973 :
Allende ne s'est pas suicidé avec la mitraillette de Fidel.
 
"Depuis trente-quatre ans, n'importe quel Chilien moyennement informé a vu et entendu des centaines de fois [ces images] où le général Javier Palacios Ruhmann, à l'époque chef des services secrets de l'armée, brandit la mitraillette AK-47 de métal noir, avec une courroie noire, ornée d'une plaque noire (qu'il ne montre pas), sur laquelle il affirme qu'est gravé : "A Salvador, de la part de son compagnon d'armes, Fidel Castro" rappelle La Nación. C'est, dans la version officielle, avec cette arme que le président Allende s'est donné la mort le 11 septembre 1973. Mais le quotidien chilien révèle que "le fusil offert par Fidel n'était pas entre les mains d'Allende ce jour-là, car il le gardait ailleurs. [...] Les assaillants ont fait fabriquer une plaque portant la signature de Fidel pour la fixer à la mitraillette avec laquelle le président socialiste a effectivement livré son dernier combat."

L'enquête du journaliste de La Nación s'appuie entre autres sur une photo qui figure à la page 142 d'un livre intitulé "Le jour décisif : 11 septembre 1973" et signé par ..."Augusto Pinochet, capitaine général, commandant en chef de l'armée, président de la République, édition de l'état-major de l'armée, département des relations internes, mémorial de l'armée du Chili, bibliothèque officielle, volume LXVII, 1982". Sur cette photo figure le véritable fusil d'assaut AK-47 offert par Fidel à Allende, "avec sa crosse en bois, sa courroie blanche sur laquelle est inscrite la véritable dédicace – manuscrite – de Fidel Castro".

L'opinion publique a longtemps cru que Salvador Allende avait été assassiné le jour du coup d'Etat et ne s'était pas suicidé. A ce jour, de nombreuses zones d'ombre subsistent sur les circonstances de sa mort à l'intérieur du palais présidentiel de La Moneda, bombardé par les putschistes. "Déterminer jusqu'à quel point l'armée a réalisé un montage post mortem à propos de l'arme qui a mis un terme aux jours de Salvador Allende mérite une enquête", conclut La Nación.

Argo is watching you

Par Joe el Misterioso :: jeudi 15 novembre 2007 à 10:01 :: Eco/Politique
 
 
Une sentinelle de la montée des océans.
 
Argo, dans la mythologie grecque, était le nom du navire de Jason et des Argonautes, en quête de la Toison d'or. Au XXIe siècle, la Toison d'or, c'est la montée - ou plutôt le gonflement - de l'océan global du fait du réchauffement climatique mondial.Argo est devenu le nom d'un vaste programme français (1) de surveillance des mers, au moyen de 3 000 bouées distribuées sur tous les océans. L'objectif de ce déploiement géant est d'enregistrer les températures et la salinité des océans, ainsi que la montée de leur niveau moyen par le phénomène de dilatation des eaux.

Pour ce faire, les bouées sont capables de plonger jusqu'à 2 000 m de profondeur, d'enregistrer plusieurs paramètres, avant de faire surface pour envoyer leurs données à des satellites qui les répercuteront alors vers les scientifiques au sol. Ce réseau mobilis in mobile (mobile dans l'élément mobile) vient appuyer les divers satellites océanographiques franco-américains qui, de Topex-Poseidon à Jason-1, auscultent la surface des océans depuis 1992. En cette période de campagne internationale contre le réchauffement climatique, dû, selon le rapport du GIEC, aux gigatonnes de CO2 lancées dans l'atmosphère terrestre par les industries humaines, une partie des chercheurs persévère dans l'étude très fine et in situ des relations entre l'océan et le Soleil, le second apportant l'énergie que le premier se charge de redistribuer vers les hautes latitudes de notre planète.

Si les industries n'arrangent pas les choses, force est de constater, en étudiant le passé climatique de la Terre, que le Soleil, avec ses faiblesses et ses colères, demeure le principal moteur du climat terrestre. Avec ces mesures durant les prochaines années, Argo va peut-être rappeler aux hommes que l'importance du Soleil l'emporte de loin sur leur infinie petitesse.

(1) Cnes, CNRS, Ifremer, Institut Paul-Emile Victor, IRD, Météo France, Service hydrographique et océanographique de la Marine.

www.coriolis.eu.org

Philippe DAGNEAUX

Froid ou chaud...

Par Joe el Misterioso :: mardi 06 novembre 2007 à 08:51 :: Eco/Politique

L'Europe va refroidir, annoncent des scientifiques.
 
D'importants bouleversements météorologiques en cours dans les hautes latitudes laissent présager une cascade d'événements climatiques affectant la faune et la flore en Europe de l'Ouest.

Telles sont les les premières observations du programme scientifique Damoclès, dont la goélette "Tara", en dérive sur la banquise, est le support logistique.Damoclès (Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term Environmental Studies) regroupe 45 laboratoires de 10 pays européens, des Etats-Unis et de Russie.

Projet pilote de l'Union Européenne pour l'Année Polaire Internationale, il vise à observer, comprendre et quantifier les changements climatiques en Arctique, afin d'aider à la prise de décisions face au réchauffement de la planète.

La plus importante et spectaculaire conclusion des observations réalisées par les scientifiques européens, depuis le début de la mission "Tara" en septembre 2006, prévoit « dans 10 à 15 ans, une fonte totale de la banquise en été, entre le mois de septembre et le mois de mai », selon Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme Damoclès.

Cette fonte totale de la banquise en été aurait, selon Gascard, la plus forte et inattendue incidence sur le climat d'Europe de l'ouest et donc la vie quotidienne de ses occupants, humains, faune et flore. Selon un enchaînement de causalités partant de l'absorption par l'océan de 80 % de l'énergie solaire (autrement réfléchie par feu la glace en été), on passe à une fonte accélérée de la calotte glaciaire du Groenland qui entraînerait une élévation du niveau de la mer d'au moins 1 mètre.

Mais, effet paradoxal et autre conséquence majeure, cet afflux d'eau douce bloquerait la montée des eaux chaudes et salées de l'Atlantique (circulation thermohaline) vers l'Arctique.

Résultat pour le coordinateur de Damoclès : un refroidissement de l'Europe occidentale de plusieurs degrés.

Ernesto Guevara

Par Joe el Misterioso :: mardi 09 octobre 2007 à 09:15 :: Eco/Politique

40 ANS APRES

Cérémonie officielle à Cuba en hommage à Che Guevara.

 
 
De jeunes Cubains rendent hommage au "Che" (AP)
 

De jeunes Cubains rendent hommage au "Che" (AP)

 
NOUVELOBS.COM | 08.10.2007 | 17:06
 
Les hommages au guérillero ont eu lieu à Santa Clara, en présence de la famille du "Che" et de Raul Castro, mais sans Fidel.
 
C'est Raul Castro, président intérimaire de Cuba, qui a présidé lundi 8 octobre la cérémonie officielle d'hommage au révolutionnaire argentin Ernesto "Che" Guevara. Les célébrations du 40ème anniversaire de sa mort, le 9 octobre 1967, ont eu lieu à Santa Clara, dans le centre de l'île.

Etaient présentes la famille de Guevara et les hautes instances dirigeantes militaires et gouvernementales cubaines. La cérémonie s'est ouverte sur la lecture d'un hommage à la mémoire du "Che" de Fidel Castro, paru lundi dans la presse officielle.

"Che" Guevara avait libéré la ville stratégique de Santa Clara en août 1958 et ouvert ainsi les portes de La Havane à Fidel et ses troupes qui y pénétrèrent en janvier 1959. En 1997, Santa Clara a érigé un mausolée pour y abriter les restes du "guérillero" rapatriés de Bolivie 20 ans après sa mort.

"Hasta la victoria siempre"

La voix de Fidel a également retenti lundi dans la ville, avec la diffusion de l'enregistrement radiophonique du 3 octobre 1965 dans lequel Castro avait dévoilé aux Cubains la lettre que lui avait adressé "Che" Guevara pour annoncer sa démission de ses fonctions, le renoncement à sa citoyenneté cubaine octroyée en 1959 et sa décision de quitter Cuba pour porter ailleurs le combat insurrectionnel, en Afrique notamment.

"D'autres terres du monde réclament la contribution de mes modestes efforts", avait-il écrit à Fidel Castro.

Dans ce message, l'Argentin avait souligné son engagement révolutionnaire qu'il avait traduit par son célèbre "hasta la victoria siempre" (Jusqu'à la victoire, toujours).

Il a passé ensuite plusieurs mois au Congo, avant d'engager en Bolivie sa dernière guérilla.

Desobeir...

Par Joe el Misterioso :: lundi 08 octobre 2007 à 11:04 :: Eco/Politique

De la désobéissance civile.

Vous voulez vous opposer ? Faites un stage :

Mercredi 10 h 30, parking du Parc des expositions de La Teste-de-Buch, en Gironde, entre le Jardiland et deux entreprises de fenêtres et volets en bois ou aluminium. Sur le bitume, des camions-écoles manoeuvrent au ralenti. Derrière, une demi-douzaine de tentes Quechua forment un village, surmontées du drapeau arc-en-ciel des pacifistes italiens. Une petite troupe est assise en cercle sur des chaises de jardin en plastique, près d'un bassin de décantation. Ils sont une vingtaine, contactés via le Net, à suivre le stage de désobéissance civile : durant trois jours, ils vont s'initier à l'action directe non violente.

Personne ne donne son nom de famille, personne ne pose trop de questions sur les parcours des autres : moins on en sait, moins on pourra en raconter en cas d'arrestation. Les "désobéissants" n'ont en commun qu'une conviction : il faut /"retrouver le chemin des luttes"/. Pour deux raisons : l'urgence écologique et l'élection de Nicolas Sarkozy.

Ils ont tous repéré la voiture des RG stationnée à l'entrée du parc et l'hélicoptère qui effectue son ballet de surveillance. Pas question pourtant de plonger dans la paranoïa. S'opposer, ils savent. Ils ont l'expérience des luttes écolos, du fauchage d'OGM ou d'un collectif du Réseau d'éducation sans frontières. Mais les pétitions et les manifs /"traditionnelles" /les ennuient ; ils veulent /"être plus efficaces"/ et /"ludiques"/. Depuis décembre 2006, c'est le quatorzième stage organisé gratuitement par une poignée d'activistes regroupés sur le site Desobeir.net.

Chacun se présente, se lève, donne son prénom et un signe distinctif, rejoint par un autre qui se reconnaît dans cette description, puis donne la main à son voisin. Les stagiaires s'exécutent avec une joie enfantine. Xavier a déjà voté Chirac /"à sa grande honte"/, Simon /"a vécu à l'étranger"/, Sarah /"aime bien l'escalade"/, Roselyne est /"objecteur de croissance"/ parce qu'elle /"aime la simplicité volontaire"/, Mireille n'/"aime pas les grands discours"/, Prisca est faucheuse volontaire. Les tenues sont babas cool sans excès : jean délavé, caleçon à fleurs ou saroual, cheveux relevés chez les filles ; pulls noirs zippés ou sweats à capuche, crâne négligemment rasé ou catogan pour les garçons. Tous "no logo", évidemment.

Il est temps pour les animateurs - des bénévoles - d'aborder le processus d'apprentissage, où va se distiller l'esprit /"impliquant"/ de la non-violence. Un axe est esquissé sur le sol avec abscisse et ordonnée :/ "violent"///"non violent"/, /"je ferais"///"je ferais pas"/. Les activistes doivent se placer sur le diagramme en fonction de leur perception de l'acte décrit et de leur capacité à agir /"en conscience"/ : faucher un champ d'OGM, faucher le même champ en présence de l'agriculteur, pénétrer une base militaire en coupant le grillage, séquestrer le patron d'une grande firme d'OGM...

/"C'est violent de bousiller un champ sous les yeux de l'agriculteur, mais je le ferais quand même"/, remarque Patrice, 50 ans, paysagiste à Arcachon. Face à une base nucléaire, /"faut bien se défendre avec ce qu'on a"/, assure Gwen, 18 ans, revenue d'une année passée en Irlande.

Retenir un PDG, /"c'est une atteinte à la personne, mais, si on m'en démontre l'utilité, je le fais"/, continue Prisca./ "Ça dépend du groupe,/ /j//'ai besoin d'avoir confiance"/, tempère Hélène, 25 ans, munie d'une maîtrise de français langue étrangère. Doucement émerge une conscience du risque, de l'utilité de l'action entreprise.

L'insulte gratuite comme moyen d'action rencontre moins de succès : /"Tout le monde a le droit de travailler, même si je me vois pas bosser dans le nucléaire",/ estime Christophe, saisonnier dans les vignes de Lot-et-Garonne. /"Tout dépend du poste occupé. Je le ferais pas contre un ouvrier payé au smic, mais si c'est un cadre qui sait que ce qu'il fait est potentiellement dangereux, alors..."/, ose, de sa voix grave, Mathieu, 25 ans, arboriste. /"Pour moi, un mec qui dort dans la rue, c'est de la violence sociale qui m'agresse plus"/, tranche Simon, belle gueule de 21 ans, une licence de "socio" en poche.

*16 HEURES.*

La troupe s'essaie à divers jeux de rôle de confrontation avec les forces de l'ordre. Hésiter, se poser des questions face à un cordon de gendarmes mobiles, c'est sain et même encouragé. Chez les désobéissants, il n'y a pas de chef. /"Faut pas s'engager dans une action pour plaire à un ami. La non-violence c'est une réflexion, une stratégie où il doit y avoir du plaisir, du bonheur"/, conseille Yannick, un père au foyer à la tête d'oiseau déplumé. Quand les CRS dispersent une manifestation, mieux vaut leur tomber dans les bras que /"leur taper dessus"/, continue-t-il. /"C'est plus efficace, le flic n'a pas l'habitude, ça le désarçonne !"/

*19 HEURES.*

C'est l'heure du dîner, autour de longs tréteaux. Un groupe, essentiellement féminin, a préparé de grands saladiers de carottes et de choux râpés. Sous la bâche blanche, accrochés à une cordelette par des pinces à linge, les gobelets où chacun a écrit son prénom s'égouttent. On parle de Malcolm X, Mandela ou Jean-Marie Muller, philosophe français de la non-violence. Mais aussi de la marche anti-G8 à Rostock en juin. Simon en était : "/ J'y suis allé en suivant mes potes sans réaliser qu'on allait à la baston. Heureusement que les non-violents étaient là."/

Hélène surveille son couteau de près : pour cette végane - végétarienne qui ne consomme ni ne porte aucun produit d'origine animale -, pas question que la lame entre en contact avec le pâté en boîte posé sur la table. /"Ça me démonte que, dans un rassemblement décroissant, on mange de la viande"/, bougonne-t-elle. La casquette posée de travers sur ses cheveux châtains, cette brune gironde explique qu'elle est /"sur la route"/ depuis six mois : elle n'a plus envie /"de //travailler pour un patron ni de toucher de l'argent de l'Etat"/. Ce qu'elle apprécie ici, c'est qu'/"on va au bout des choses, c'est pas du blabla"/. La soirée s'achève dans les volutes bleues des "pétards" qui circulent.

*JEUDI, 9 H 30.*

On commence en se réfugiant sous un hangar. La nuit sous la tente a été froide et les mains se figent sur les gobelets de café. Au programme, la préparation complète d'une action contre un convoi transportant le missile 51 au centre d'essais des Landes. L'opération doit être à la fois pacifiste et efficace, professe Ben, cheminot.

Logistique, sécurité, repérage, vérification de l'itinéraire emprunté, contact juridique en cas d'arrestation, soutiens locaux, moyens de communication alternatifs au portable suspect d'être sur écoute - /"le mieux, c'est de donner un nom de code à l'action comme "on va aux champignons cet après-midi""/, précise Jean-Claude, un postier arborant un tee-shirt /"Made in Tchernobyl"/. Il faut aussi veiller à la distribution des rôles pour que chacun sache ce qu'il doit faire - les /"peace keepers"/ calment le jeu, les /"anges gardiens"/ ravitaillent les activistes... /"C'est vachement important"/, prévient Yannick.

*12 HEURES.*

Les stagiaires ont tout /"listé"/, la faim se fait sentir. Un tour de table appelé/ "la cérémonie du thé"/ permet à chacun de dire comment il a vécu l'action. /"Exprimer ses émotions évite les malentendus"/, insiste Jean-Charles. L'émotion du moment est plutôt aux bâillements. C'est l'heure de la sieste sur l'herbe.

*19 HEURES.*

Après un repas toujours aussi succinct, on passe à l'atelier /"désescalade"/. Ou comment désamorcer les situations de violence à l'intérieur du groupe. Celle qui jaillit quand on est surpris en train de taguer un panneau publicitaire ou qu'on déploie quand on essaie de se dégager lors d'une arrestation. Le groupe doit s'interroger sur les moyens de faire retomber la tension et garder une image pacifique,/ "parce que le flic reste un être humain"/. Les stagiaires hésitent : /"On s'enfuit ?"/, lance Hélène. /"Surtout pas, ça crée de la perturbation dans le groupe. Entraîne les autres à s'asseoir/, répond Ben. /Le but est de réfléchir à ce moment où la situation peut vous échapper et l'anticiper."/ L'assemblée agite les mains en l'air pour manifester son accord : le langage des sourds-muets est de rigueur dans les réunions désobéissantes.

*VENDREDI 10 HEURES.*

C'est l'heure d'apprendre les /"techniques de blocage"/. Pour faire durer une action le plus longtemps possible avant de se faire déloger par les forces de l'ordre, quelques ficelles sont nécessaires. Le matériel est posé à terre : un antivol de moto en U, une chaîne, des tuyaux de canalisation en PVC, des cordelettes... Jean-Claude se plaque contre une grille supposée être celle d'une centrale nucléaire, passe l'antivol à son cou - /"ça passe l'envie aux policiers de tirer dessus. Pour vous libérer, ils doivent //passer à la meule chirurgicale /(outil dont se servent les médecins pour ouvrir les plâtres)/."/ Pour terminer l'exercice, un conseil : en cas d'occupation prolongée, prévoir une couche /"pour les besoins pressants"/.

Plus loin, un groupe s'essaie à /"la tortue"/. Assis en petit cercle, pieds et bras emmêlés sous les jambes, il forme un "pack" impossible à soulever. Autre "outil", un tuyau de PVC muni d'une vis transversale permet de bloquer deux activistes par les bras. /"La méthode de résistance passive passe par une exposition du corps, mais maîtrisée"/, précise Ben. Des fous rires ponctuent les exercices. Les animateurs commencent à fatiguer : /"Vivement lundi, /souffle Jean-Charles, /qu'on reprenne le boulot !"/

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-963830,0.html


Sylvia Zappi

Augusto et sa famille

Par Joe el Misterioso :: vendredi 05 octobre 2007 à 09:45 :: Eco/Politique
 
La justice chilienne ordonne l'arrestation de plusieurs membres de la famille Pinochet.

LEMONDE.FR avec AFP et AP
 
 
La justice chilienne a ordonné, jeudi 4 octobre, l'arrestation de la veuve et des cinq enfants de l'ex-dictateur Augusto Pinochet pour détournement de fonds publics détenus sur des comptes bancaires secrets aux Etats-Unis.

Dix-sept autres personnes, dont des anciens collaborateurs de l'ex-dictateur, sont également accusés dans cette affaire de malversation et font également l'objet d'un mandat d'arrêt, a annoncé le juge chargé de l'affaire. Ce dernier, Carlos Cerda, a expliqué avoir ordonné l'arrestation de ces vingt-trois personnes sur la foi de "solides indications qu'elles ont participé au détournement de fonds publics" pendant la période de dictature d'Augusto Pinochet, de 1973 à 1990.

19 MILLIONS D'EUROS SUR DES COMPTES À L'ÉTRANGER

Deux des enfants Pinochet et sa veuve, Lucia Hiriart, sont déjà détenus par la police à Santiago, ont confirmé des sources policières. Parmi les dix-sept autres proches de l'ancien dictateur figurent sa secrétaire personnelle pendant de longues années, trois généraux à la retraite et des officiers de rang inférieur. Un an avant sa mort, en décembre 2006, l'ancien dictateur avait été accusé par la justice d'évasion fiscale. Vingt-sept millions de dollars (19 millions d'euros) avaient été retrouvés sur une centaine de comptes domiciliés à l'extérieur du Chili.

"C'est une décision judiciaire, les juridictions ordonnent des arrestations et elles y procèdent. Le gouvernement n'a aucun commentaire à faire à ce sujet", a déclaré à des journalistes Felipe Harboe, le ministre de l'intérieur chilien.

Vive le vent

Par Joe el Misterioso :: lundi 01 octobre 2007 à 07:12 :: Eco/Politique

Une immense ferme éolienne en construction au large des Pays-Bas.
 


 
Par Alexandra Hudson.
 

IJMUIDEN, Pays-Bas (Reuters) - La construction d'une vaste ferme éolienne offshore a récemment commencé aux Pays-Bas, pays densément peuplé où la place est réduite et où l'opposition aux éoliennes terrestres est élevée.

Situées à 23 km du rivage, un record mondial, les 60 machines seront presque invisibles depuis les côtes et bénéficieront des puissants vents du large.

Les fermes éoliennes offshore devraient se faire de plus en plus nombreuses le long des côtes européennes. Les gouvernements cherchent en effet à augmenter la production d'énergies renouvelables sans se mettre à dos les habitants, qui accueillent généralement mal les éoliennes quand elles sont proches de leurs maisons.

L'installation des 60 éoliennes du "parc aérien Q7" coûtera 383 millions d'euros. Ses constructeurs, Econcern et Eneco Energie, ont annoncé que cinq à dix autres parcs comparables suivraient dans les prochaines années.

"Q7 produira suffisamment d'électricité pour 125.000 foyers, et nous permettra également d'approfondir notre savoir-faire en la matière. Nous apprenons encore comment construire et gérer de telles fermes et comment organiser la chaîne d'approvisionnement électrique", a déclaré Bernard van Hemert, l'un des responsables de l'ingénierie du site.

Fixés sur des fondations profondes de 25 mètres, les pylônes de 98 mètres de haut soutiendront des hélices dotées de trois pales, chacune mesurant 40 mètres de long.

Les responsables de la ferme éolienne assurent qu'elle ne gênera pas la navigation maritime.

Le projet a cependant des détracteurs. Jim Mollet, qui dirige une association militant contre l'énergie éolienne, veut bien reconnaître que les éoliennes offshore valent mieux que celles implantées à terre.

"Elles peuvent être une meilleure solution. Le problème, c'est que les gens se mettent à croire qu'elles sont toute la solution. Nous pensons que tout l'argent dépensé dans les fermes éoliennes serait mieux utilisé dans la recherche et l'innovation sur les autres sources d'énergie", a-t-il déclaré.

Votez, votez

Par Joe el Misterioso :: vendredi 28 septembre 2007 à 09:49 :: Eco/Politique

Nathalie Kosciusko-Morizet appelle les Français à donner leur avis.
 
NOUVELOBS.COM
 
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie estime que la consultation des citoyens est peut-être "la phase la plus importante" du Grenelle de l'environnement.
 
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a appelé vendredi 28 septembre dans la matinée les Français à s'exprimer sur les propositions lancées à l'occasion du Grenelle de l'environnement.

Après la présentation des mesures-phares élaborées par les six groupes de travail pour protéger l'environnement, elle a noté sur France-2 que commençait la phase "peut-être la plus importante", c'est-à-dire la consultation des Français.

"Il faut aller s'exprimer et dire quelles sont les propositions qui vous intéressent, sur lesquelles vous êtes prêts à vous engager, quels sont les sujets dont vous trouvez qu'on n'en a pas assez parlé", a déclaré la secrétaire d'Etat.

Comportement schizophrène

Outre un site Internet
http://www.legrenelle-environnement.fr  une vingtaine de forums vont être organisés dans les régions. "Il y a plus d'une centaine de propositions. La question, c'est finalement sur quoi on est prêt à se mobiliser (...) Les Français ont vocation à éclairer ce qui a été fait avec leurs choix et puis éventuellement enrichir", a poursuivi Nathalie Kosciusko-Morizet.

Elle a observé que les consommateurs avaient "beaucoup d'envie en matière d'environnement". Mais "on est parfois un petit peu schizophrène, c'est-à-dire qu'on a des grands objectifs, des grands principes, et finalement, quand on est avec son caddie au supermarché, on achète le tout-venant", a-t-elle reconnu.

Avec l'une des propositions, à savoir la mise en place d'un "prix écologique" à côté du prix de l'article, l'acheteur saura exactement ce que "ça coûte à la planète", a-t-elle expliqué.

(AP)

La Générale encore

Par Joe el Misterioso :: mercredi 12 septembre 2007 à 11:43 :: Eco/Politique

Squat: la Générale déménage pour vivre.


Par Le collectif la Générale (www.lagenerale.eu)

Dans un bâtiment laissé vide par l'Etat depuis dix ans, la Générale a ouvert en février 2005 un laboratoire de création artistique, d'action politique et sociale à Belleville, en plein Paris. Le collectif a créé cette plate-forme sur des principes de gratuité, de mutualisation et d'échange. Plus de 10 000 artistes ont pu venir y travailler, y montrer leurs ouvres, y préparer leurs spectacles. Le bâtiment a également accueilli des associations jouant un rôle politique et social important dans le quartier.

L'expérience de la Générale, inédite par sa taille, s'est ancrée dans un territoire et connectée à divers réseaux militants, artistiques et intellectuels. La puissance publique ne s'y est pas trompée. En mai, le ministère de la Culture a relogé une partie du collectif (des plasticiens en majorité) dans 3 000m2 de la manufacture de Sèvres. Aujourd'hui, à la suite de longues négociations, ceux pour qui l'ancrage dans le Nord-Est parisien était primordial ont obtenu de la mairie de Paris un bâtiment de 500 m2 dans le XIe arrondissement, disponible au printemps 2008. Il sera accompagné d'espaces satellites qui permettront aux artistes de travailler selon les principes fondateurs : mutualisation et échange. Le lieu central multipliera les invitations et sera ouvert aux associations.
 
En attendant, le site de Belleville est voué, nous dit-on, à devenir une institution de psychiatrie publique. Nous avons espoir qu'il ne s'écoule pas de nouveau dix ans avant que l'Etat propriétaire trouve à faire bon usage de son domaine. Au vu de la situation immobilière à Paris, ce serait un outrage aux habitants du Nord-Est parisien. Immigrés avec ou sans papiers, gens modestes, personnes âgées, artistes, lieux émergents. Tous espèrent des politiques publiques une plus grande équité. L'occupation du bâtiment de la Générale se voulait aussi un symptôme de leurs attentes.

C'est donc avec tristesse, mais sans nostalgie, que nous quittons les 6 000 m2 de la rue du Général-Lasalle. La Générale n'est pas un bâtiment, mais un projet collectif. Une poignée d'artistes invités dans les lieux n'ont pas su trouver leur place dans les projets de Sèvres et du Nord-Est. Ils feignent d'ignorer la nécessité de la fermeture en agitant une ultime exposition. Dans le nouveau bâtiment, la Générale veut continuer d'être un lieu où l'on se protège des rafles de police, où l'on invente un mode de travail en coopération, où l'on encourage l'insurrection des contre-conduites artistiques, sexuelles et politiques.

Notre projet est vivant et se poursuit, dans d'autres murs, mais sur le même territoire.

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