La Générale
Où la porte de l'atelier d'un des
plasticiens encore présents dans les murs a été fracassée la semaine
passée.
Rien ne va plus entre les membres
du légendaire squat qui ont déjà accepté de quitter les lieux pour être relogés
(à Sèvres ou dans le XIe arrondissement de Paris) et ceux qui ont passé l'été
14, rue du Général-Lasalle, en sachant que c'était un dernier sursaut avant
fermeture.
Dans cette ancienne usine de chaussures, en plein Belleville,
une sorte de comité de vigilance continue de vouloir faire savoir qu'il est
dommage de quitter l'endroit avec la seule perspective d'hypothétiques logements
sociaux dispersés et moins inspirants que les volumes de la Générale : 6 000 m 2
désaffectés devenus une ruche remarquablement autogérée et clean où fonctionnait
le principe de mutualisation des outils.
On ne croise aujourd'hui plus
grand monde dans les larges escaliers de bois. Ceux qui faisaient du théâtre ont
disparu de ces locaux pénombreux, propriété de l'Education nationale. Voici un
moment que Christophe Girard, adjoint à la culture de Bertrand Delanoë, a fait
savoir aux fondateurs du squat que le ministère de la Santé est en passe
d'acquérir les murs gris pour démolir et construire un hôpital psychiatrique
(qui curieusement serait privé de jardin). La mairie de Paris a souvent protégé
les activités des groupes abrités dans la Générale. Le voisinage dit préférer
les artistes aux malades mentaux. Chacun sait qu'entre la fermeture fixée au 7
septembre et le début des travaux, trois années passeront.
En attendant,
c'est le 12 septembre que débute l'exposition «B cube», trois accrochages sur
les trois niveaux du site. Lancée par le collectif LGA (la Générale des arts),
ce bouquet final en forme de panorama d'ouvres de plasticiens actuels s'annonce
sur les thèmes du trait, du plan et du volume : Traits à la douzaine,
l'Ouvre-boîte et Sommés sans rime. A chaque étage, une quinzaine d'artistes, non
des moindres. Solidaires.
Fondation de Montpellier
Qui a
vraiment fondé la ville de Montpellier ?
Et si Montpellier avait en fait été
créée avant l'an 985, la date officielle qui marque l'origine de la ville, quand
le comte de Melgueil donne au seigneur Guilhem un domaine agricole situé sur le
Mons Pestelarium ? Bien avant, plus d'un siècle et demi, au début du IXe siècle
? L'hypothèse est soulevée avec enthousiasme à l'institut Willehalm (Guillaume
d'Orange) des Pays-Bas.
Robert Kelder, son créateur, était
il y a quelques jours dans la région pour défendre la thèse originale, exposée
dans un ouvrage en cours de traduction, Perceval et la réalité du Graal,
dix ans après le décès de son auteur, Werner Greub. Selon lui, Guilhem est bien
à l'origine de la ville, mais ce n'est plus un seigneur ordinaire. Il s'agit de
Guillaume d'Orange, le compagnon de Charlemagne, fondateur, en 804, de...
l'abbaye de Gellone, le Guilhem de Saint-Guilhem-le-Désert.
Fantaisiste ? Peut-être pas. «
Si on se fie aux résultats actuels de la recherche historique, (il) ne peut pas
être le fondateur de cette ville », rappelle Werner Greub. Il revisite donc
l'histoire, sur la base du récit des aventures chevaleresques de Perceval :
Guilhem-Guillaume d'Orange n'est pas, comme on l'imagine, mort en 812 à Gellone
; « tout porte à croire » qu'après 818, « il a vécu avec son frère à
Montpellier » ; c'est lui qui a fondé la ville, « j'en suis convaincu
» affirme l'auteur, qui « trouve en Montpellier le point de jonction
entre l'action » de Guilhem-Guillaume d'Orange et celle de Perceval.
Qu'on y croit ou pas, la thèse
ouvre des pistes de réflexion. A Paris, le comte Christian d'Andlau préside
l'association Route du Graal qui collabore avec l'institut Willehalm. Il évoque
l'affaire avec prudence : « Cette version n'empêche pas l'autre, pour moi, il
n'y a pas de contradiction avec la thèse officielle. Il faut être assez nuancé
en histoire, les remises en question sont permanentes. Que Montpellier soit
devenue une ville au sens symbolique au Xe siècle, oui, pourquoi pas. Mais
c'était peut-être un lieu de vie avant. Un Guilhem a pu construire un château,
un village, un marché au IXe siècle et, dans sa descendance, on peut trouver,
cinq générations plus tard, un autre Guilhem qui s'est proclamé maître des
lieux... » Pas si farfelu puisque l'idée, controversée, d'une filiation
entre Guilhem de Gellone et Guilhem, fondateur de Montpellier, est défendue par
une spécialiste des grandes familles de la région, Claudie Duhamel-Amado.
A Saint-Guilhem-le-Désert,
Jean-Claude Richard, directeur de recherche au CNRS, est dubitatif : «
Saint-Guilhem est mort en 812, et les premiers textes mentionnant l'existence de
Montpellier, réduit à une villa, ensemble de maisons au sens médiéval, remontent
à 985. Il s'est écoulé du temps entre 812 et 985... Les faits historiques sont
incontestables, ils ne sont d'ailleurs pas contestés. Pour moi, Saint-Guilhem
n'est en aucun cas le fondateur de Montpellier », affirme l'historien, qui
retient néanmoins « l'idée », « intéressante », rappelant que «
Kelder ne fait pas référence à des sources historiques » mais s'appuie sur
l'aventure de « la quête du Graal ». « C'est une légende, l'historien
est forcément décalé. Mais les Hollandais ont peut-être raison... »
Il y a quelques jours, le chercheur
recevait Robert Kelder à Saint-Guilhem-le-Désert. Il devrait revenir à l'été
2008 donner une conférence sur le thème. Pas sûr que le dossier ait avancé d'ici
là.
S. G.
Endeavour at home
Retour
tranquille pour la navette Endeavour.
Un arrondi parfait, le train
d'atterrissage qui sort des ailes et du nez, une prise de contact en douceur
avec la piste. La navette spatiale américaine Endeavour est rentrée
tranquillement de l'espace hier soir, touchant le sol comme prévu par les
ingénieurs de la Nasa, à 18 h 32 heure de Paris, sur la piste du centre spatial
John F.Kennedy à Cap Canaveral (Floride).
Sur les images
diffusées en direct par la chaîne de télévision américaine Nasa TV,
l'avion spatial terminait ainsi en beauté un vol de 13 jours, dont 9 arrimés à
la station spatiale internationale (ISS).
Ses sept astronautes
étaient en parfaite santé, dont Barbara Morgan, devenue ainsi la première
enseignante à faire classe depuis près de 400 km d'altitude. Elle a donné aussi
ce cours en mémoire de Christa McAuliffe, sa grande amie, disparue avec ses six
compagnons d'infortune dans l'explosion de la navette Challenger, en
janvier 1986.
La journée de
l'équipage avait débuté plutôt cool. « La musique pour votre réveil ce matin,
"Homeward Bound" de Simon et Garfunkel, a été choisie par toutes vos familles
dans l'attente de votre heureux retour aujourd'hui », leur a dit Shannon
Lucid, ancienne astronaute elle-même, depuis le Centre de contrôle spatial de
Houston. « C'est très gentil de ta part, Shannon », lui a répondu le
commandant de bord, Scott Kelly.
Depuis la mise en
orbite, la Nasa était quelque peu inquiète d'un trou, repéré peu après le
lancement dans une des tuiles du bouclier thermique ventral de la navette. Après
plusieurs séances d'imagerie, de simulations informatiques et de passages en
soufflerie au sol, les responsables du vol avaient décidé de ne pas réparer, car
craignant trop que d'autres tuiles soient détériorées alors, selon le bon vieux
principe, « le mieux est l'ennemi du bien ».
Durant ce vol, deux
des astronautes, dont un Canadien, ont effectué quatre sorties dans l'espace,
d'une durée moyenne de plus de sept heures, pour installer un nouveau tronçon à
l'ISS, relier électriquement la navette au réseau de la station - ce qui allonge
durablement son temps de vol dans l'espace - et préparer l'arrivée en octobre
d'un nouveau module de liaison. Harmony permettra l'arrimage des modules
scientifiques européen Columbus et japonais Kibo. Ces deux
ensembles sont bloqués sur Terre depuis des années en raison des tragédies ayant
tué 14 astronautes au décollage ou à l'atterrissage.
La navette demeure en effet
le maillon faible...
Reuters
Femmes et Violences
Un centre aide les femmes à se
reconstruire.
Les
femmes hébergées au centre Elisabeth-Bouissonnade, à Montpellier, tentent de
reconstruire leur vie, loin d'une vie marquée par la violence.
En
France, une femme meurt tous les trois jours, sous les coups de son compagnon.
Une réalité insupportable et des chiffres qui explosent depuis quelques années
avec la médiatisation de ces violences, longtemps demeurées taboues. A
Montpellier en 2006, cent femmes ont été hébergées au centre. Celles qui ont
trouvé la force de fuir le domicile se retrouvent dans une situation d'urgence.
« Elles arrivent dans un état critique, explique Jérôme Moureau, le
directeur du centre. Leur vie a réellement été mise en danger. A la détresse
psychologique et morale, s'ajoute la détresse matérielle. Elles viennent sans
rien, seulement avec ce qu'elles portent sur le dos et leurs enfants. Leur
angoisse est énorme. Nous leur offrons une protection physique pour elles et
leurs enfants. »
L'adresse du centre est bien entendu tenue secrète. Les femmes y sont
orientées par le numéro SOS 39 19, ou après un signalement social ou encore par
la police et les hôpitaux. Sur place, une équipe de psychologues, médecins et
éducateurs spécialisés travaille à leur redonner confiance et dignité.
Les
troubles dont elles souff rent sont récurrents : perte de l'estime de soi,
culpabilité, choc de la séparation et recherche de sens sur ce qu'il s'est
passé. Elles s'inquiètent aussi beaucoup pour leurs enfants. « Elles font le
deuil du mari mais pas du père de leurs petits. Je n'ai jamais rencontré de
femme qui veuille les priver de leur géniteur », raconte Nathalie,
psychologue au centre.
Les
victimes de violences conjugales n'appartiennent à aucune catégorie sociale en
particulier. Cependant, les femmes hébergées sont celles qui ne disposent pas
des moyens matériels pour se reloger et qui ne sont pas insérées dans la vie
professionnelle. C'est pourquoi les travailleurs sociaux s'attachent à les
guider vers une reprise d'emploi.
Actuellement, vingt personnes logent au centre. Logées dans de petits
deux-pièces, elles se partagent la cuisine, ainsi que la salle de détente. En
moyenne, elles restent huit mois, le temps d'engager un travail psychologique et
d'être capable de se relancer dans la vie. Lorsqu'elles sont prêtes, la
structure peut, en partenariat avec la Dass et un bailleur unique, louer des
appartements. Mais on constate que 60 % d'entre elles n'ont pas reconstruit de
vie de couple, cinq ans après, et se consacrent à leurs enfants.
Le
centre d'hébergement effectue un travail de longue haleine et offre à ces femmes
l'espoir de jours meilleurs. « On ne peut tout réparer mais on apprend à
vivre avec ce qu'on a vécu », conclut Nathalie. C'est déjà beaucoup .
S. A. Midi Libre
Centre d'hébergement féminin : 39 19 ou 04 67 58 07
03
Allo maman croco...
Les bébés crocodiles crient 'maman' avant de naître...
Les bébés crocodiles appellent leur maman avant même de sortir de l'oeuf, ont découvert des biologistes au terme d'une étude réalisée à la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte, a-t-on appris jeudi auprès de cet établissement animalier de la Drôme.
L'expérience a porté sur dix crocodiles du Nil, femelles dont les oeufs, pondus environ trois mois auparavant, avaient été placés dans des incubateurs.
Les chercheurs ont enregistré des cris de pré-éclosion dans l'incubateur, puis ont enfoui dans le sable un haut-parleur pour diffuser à la mi-juillet, au moment où les éclosions devenaient imminentes, deux séries de sons : les cris enregistrés et des bruits sans signification.
Sur les dix femelles testées, placées à proximité des appareils, huit ont immédiatement réagi aux cris de pré-éclosion et se sont mises à creuser le sable pendant les dix minutes de l'enregistrement, sans jamais prêter la moindre attention aux autres bruits. La neuvième femelle n'a répondu à aucun des deux signaux et la dixième a creusé dans les deux cas.
Même si un traitement précis des résultats reste à faire, "il apparaît clairement que les cris d'éclosion portent une réelle information induisant une réponse comportementale forte de la mère", résument dans un communiqué les scientifiques, une jeune doctorante de l'université Jean Monnet de Saint-Etienne, Amélie Verge, et son directeur de thèse, le professeur Nicolas Mathevon.
Une maman crocodile pond dix à trente oeufs dans le sable à un endroit précis. A Pierrelatte, on prélève généralement les oeufs afin de les placer en incubateur mais, malgré cela, les femelles restent à proximité de leur nid qu'elles défendent ardemment contre tout intrus.
Jardin des Plantes
Partez en exploration au Jardin des Plantes !
10 h précises ; un sac à dos, un stylo et un carnet à la main, voici l'équipement nécessaire pour assister aux visites guidées du Jardin des Plantes de Montpellier. Crée en 1593, sous le règne d'Henri IV, et ouvert au public depuis 1841, le site est rattaché à l'université de médecine.
Pharmaciens, étudiants, passionnés de botanique, touristes... apprécient ce lieu classé Site Protégé depuis 1984, et Monument Historique depuis 1992.
Le Jardin des plantes organise, jusqu'à fin août, des visites commentées gratuites, passionnantes et instructives, pour tout connaître de la botanique. Pendant deux heures environ, les amateurs de la flore parcourent les allées ombragées de ce magnifique espace vert et découvrent les secrets de ses plus beaux arbres et plantes.
Professeur honoraire à la faculté de médecine, ancien directeur et conservateur actuel du Jardin, le docteur Daniel Jarry dirige la visite intitulée "Arbres et biodiversité". La promenade débute par le micocoulier de Provence (Celtis australis) et l'olivier (Olea europaea), arbres typiques du Sud. Un arboretum, constitué, en 1810, d'essences exotiques, abrite le zelkova, cette plante du Japon qui se distingue par son magnifique feuillage rouge, orangé en automne.
Les visiteurs sont ensuite attirés par un arbre incliné à 45° vers le soleil : il s'agit de l'oranger des Osages (Maclura pomifera). Ayant perdu son semblable, il est surnommé désormais par le professeur Jarry « la veuve Maclura ».
La balade se poursuit par la découverte du canfrier, du genévrier, du cyprès du Hoggar, du magnolia. C'est l'occasion d'aborder les recherches du Montpelliérain Pierre Magnol, grand botaniste du XVIIe siècle, connu pour avoir inventé un système de classification.
Une pause, devant Phyllaria, typiquement méditerranéen. Ici, c'est "l'arbre aux vœux". Des petits mots, exprimant des souhaits dans toutes les langues, sont cachés dans les cavités de son tronc noueux. Le parcours se termine par le ginkgo, originaire d'Extrême-Orient. Les visites sont l'occasion de (re)découvrir ce jardin, un des plus beaux espaces arborés de la ville.
Caroline CLAIR.
Jardin des plantes, bd Henri-IV, à Montpellier. Du mardi au dimanche.
Le Cannabis
Le cannabis rapporte gros et
peut coûter très cher.
Véritable
poison social de l'époque, le cannabis, une plante d'Asie centrale, est utilisé
depuis des millénaires à des fins thérapeutiques.
Aujourd'hui, première drogue objet de trafic en France, il représente la
moitié des interpellations pour trafic de stupéfiants, loin devant l'héroïne, et
près de neuf saisies sur dix.
Dans un
document publié hier, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies
(OFDT) désigne le cannabis comme le produit illicite le plus consommé en France
: 1,2 million d'usagers réguliers. Et plus de 550 000 Français en consomment
quotidiennement !
Chiffre
d'affaires annuel de sa vente en France : 832 M€. Un chiffre, souligne l'OFDT,
« relativement modeste au regard des sommes engendrées par la vente de
produits psychoactifs licites comme l'alcool (14,2 milliards d'euros TTC en
2004) et le tabac (13,7 milliards TTC) ».
« L'économie - du cannabis - a été en plein essor
dans les années 1990 puisqu'elle a suivi en proportion l'augmentation du nombre
de consommateurs », explique Jean-Michel Costes, directeur de l'OFDT. Mais
depuis 2002, la tendance est à la stabilisation.
D'autant que
les prix ont chuté. Selon l'OFDT, le prix moyen d'un gramme de résine de
cannabis en métropole se situe autour de 4 €, soit une baisse de 30 % en 10 ans.
Celui du gramme d'herbe s'élève à un peu plus de 5 €. Il a été divisé par deux
en 10 ans. Le développement de l'autoculture, qui concernerait 200 000 personnes
en France, aurait contribué à ce phénomène.
La France
figure ainsi parmi les pays les plus consommateurs en Europe tant chez les
jeunes adultes que les adolescents.
Si l'Etat a
« accordé une priorité en termes de politique publique » à la prévention
de la consommation de cannabis, souligne M. Costes, « du point de vue de la
santé publique, les deux problèmes majeurs n'en demeurent pas moins l'alcool et
le tabac, en termes de mortalité, de morbidité et de volumes des consommations
».
Ces deux
produits licites sont souvent associés à la prise de cannabis et les risques sur
la santé engendrés par chacun d'eux sont difficiles à clarifier, notamment dans
le cas de cancers.
Ainsi
concernant la connaissance des risques, « il y a peu d'éléments nouveaux,
l'avancée la plus importante, étant le risque en termes d'accidents de la route
», indique Jean-Michel Costes.
Montpellier Danse
"Tant mieux tant
mieux", un bilan positif.
Et l'on
en revient une nouvelle fois à Dominique Bagouet, chorégraphe créateur de
Montpellier Danse, disparu il y a quinze ans, à qui le festival, par
l'intermédiaire de son directeur Jean-Paul Montanari, avait décidé de faire un
« clin d'œil ». Tant mieux tant mieux, le titre de son film tourné
en 1983 va comme un gant au bilan de cette édition 2007 dressé, hier, dans la
cour des Ursulines.
Sans préjuger des derniers spectacles d'aujourd'hui,
il est d'ores et déjà « positif ». « En terme de fréquentation, nous
atteignons 36 000 spectateurs. Financièrement, c'est pas trop mal, reconnaît
Jean-Paul Montanari. L'opérette nous a handicapés pour deux
soirées au Corum mais le succès a été au rendez-vous sur tous les autres
spectacles, en particulier les petites et moyennes jauges dans les salles et
théâtres de Montpellier. » Enfin, les professionnels et la presse ne se sont
jamais autant manifestés. Cinq cents personnes sur l'ensemble de l'édition lui
donnant certains soirs des allures de rendez-vous et marché international de la
danse avec des Canadiens, Brésiliens, Américains...
Au rayon chiffres,
on peut également retenir l'impact sur l'activité touristique qui a généré 2 000
nuitées d'hôtel ou encore sur les jeunes (- de 26 ans) qui ont représenté un peu
moins de 10 % du public dans son ensemble.
Avant de tirer le rideau sur
cette édition « "Que reste-t-il de nos amours"... une des plus belles que
j'ai réalisée », le directeur jette « en pâture » quelques noms
pressentis pour l'an prochain. William Forsythe avec Heterotopia jamais
vu en France, Israel Galvan avec une création flamenco et rock pour le festival
et un projet de duo entre la chorégraphe Mathilde Monnier et la performeuse
castillane La Ribot. Quelques indices pour indiquer que le cap se met au Sud ?
Ch. G. Midi Libre
Régine Chopinot
Régine Chopinot : « Aucun compromis »
La
chorégraphe revient à Montpellier Danse avec "O.C.C.C." qui traite de la
position de l'artiste dans la société.
Des idées partagées avec Bagouet
Comment définir l'écriture de "O.C.C.C." par rapport à vos débuts que
Montpellier a découverts en 1984 ?
O.C.C.C. est léger, joyeux, mais
c'est une forme hermétique. Comme une dentellière, je peux passer des heures,
des mois, des années à fignoler pour aller au plus proche de l'impossible. En
même temps, lorsque j'ai commencé à travailler sur la mémoire de mes pièces de
1978 à 1994, j'ai vu que je n'avais fait que travailler sur la forme, la
chorégraphie et le rythme. Végétal, en 1994, a été une vraie rupture. Il y a eu
ensuite la réflexion sur la force du concept avec Jérôme Bel. On s'est dit : il
n'y a plus besoin de transpirer, l'idée suffit. C'est à partir de 2002 qu'est
revenu le plaisir insensé, l'utopie, le savoir-faire de la forme et le savoir
être du fond.
Quelle pensée conservez-vous de Bagouet à laquelle est
dédiée cette édition 2007 ?
Je tenais à être présente dans le festival,
car il y avait chez Dominique cette dérision de l'absolu qu'il y a aussi dans
O.C.C.C. C'était un lutin, de l'air qu'on ne peut pas attraper, de la vraie
poésie. Il y avait entre nous cette communauté de pensée dans le travail vain du
détail, qui est porteur en même temps. Pour O.C.C.C., nous sommes sept danseurs
emportés par cette question : qu'est-ce qu'on peut percevoir d'un individu à
contre-jour ? Un véritable exercice de vision, sur la perception et l'illusion,
sur le trouble et l'émotion.
Dix ans de travail avec le couturier
Jean-Paul Gaultier sont actuellement exposés au musée des Arts décoratifs à
Paris. Quel retour faites-vous sur cette période un peu folle ?
J'ai été
bouleversée par le décalage. Les années 1983 à 1993 étaient dramatiques. De
nombreux danseurs sont morts du sida. On avait à peine 30 ans, et plus c'était
triste, plus on créait des choses légères. C'était comme une réponse à la
vanité, à l'attaque de la mort. Ce n'est que dans Chair obscur en 2002 que j'ai
pu donner ma première réponse d'adulte.
Cette pièce s'inscrit dans le
triptyque de "La Fin des temps". Un moyen de terminer le cycle entamé à La
Rochelle ?
Mon départ de La Rochelle interviendra en 2008, ma succession
à la tête du centre chorégraphique est prévue. Ça se combine très bien avec le
travail d'archivage commencé en 2003 et l'exposition des Arts décos. J'ai
proposé de faire une dernière pièce sur le mensonge et le travestissement.
Comment envisagez-vous la suite ?
Je refuse de faire le moindre
compromis. Les gens veulent s'amuser, ils ne veulent pas "se prendre le chou",
ils se mettent dans une position de passivité. Mais j'ai aussi besoin de moments
de poésie, d'endroits où je peux réfléchir, où il y a de la pensée. Mon travail
ne concerne pas une élite sociale, mais des gens qui veulent être nourris à
différents niveaux de personnalité. A part ça, j'ai une confiance absolue dans
la vie.
Ce soir au Théâtre de Grammont, 21 h (17 € à 14 €). Tél. : 0
800 600 740.
Recueilli par Lise OTT pour Midi
Libre
Et le petit lac..?
Chili : le lac
disparu réapparaît lentement.
Le lac chilien
de Patagonie, qui s'est récemment asséché pour des raisons inexpliquées, est en
cours de réapparition, selon des scientifiques présents sur les lieux pour
étudier le phénomène.
SANTIAGO, 3 juil
2007 (AFP) - Une équipe de scientifiques observant la zone du lac soudainement
disparu en Patagonie ont constaté qu'il etait en train de se remplir de
nouveau.
L'expédition conduite par le
glaciologue Andres Rivera, s'est traduite par le survol de la zone dont l'accès
est très difficile.
"Effectivement, il se remplit à nouveau d'eau mais
pas dans les mêmes dimensions d'avant son assèchement. Ceci parce que nous
sommes en plein milieu de l'hiver et que la fonte des glaciers est minime", a
déclaré Andres Rivera , du Centre d'études scientifiques de Valdivia (sud), cité
mardi par le quotidien El Mercurio.
"J'ai l'impression qu'à un moment
donné, entre la fin d'avril et mai, le lac, qui s'était formé seulement en 1986,
avait pris une telle dimension qu'il a débordé jusqu'au glacier et au fjord
Bernardo en raison d'une instabilité de la glace", a-t-il estimé avant d'ajouter
que le fjord se poursuit jusqu'à la mer.
Des gardes forestiers et des
scientifiques avaient découvert fin mai que le lac de Tempanos, situé à 2.000
kilomètres au sud de Santiago, à la limite des régions australes d'Aysen et de
Magallanes, avait tout simplement disparu en se vidant.
Cette disparition
n'est pas "une nouveauté" avait alors expliqué à l'AFP, Carlos Palacios, un
géologue de l'université du Chili.
"C'est assez fréquent en Patagonie.
Seulement on arrive rarement à l'observer à cause de la faible population" de la
Patagonie, avait ajouté le scientifique.
"C'est un processus local qui
n'a rien d'inhabituel. Je ne dis pas que cela survient tous les jours, mais,
comme ces lacs se forment dans une zone dynamique, ils peuvent se vider par les
mouvements de la glace", avait également affirmé à l'AFP Andres
Rivera.
AFP