Sir Arthur C. Clarke
Disparition -
Ses livres avaient inspiré
2001 Odyssée de l'espace.
Sir Arthur C. Clarke.
Crédit Photo : TF1/LCI
Biographie - L'écrivain d'anticipation britannique Arthur
C.Clarke est mort mercredi au Sri Lanka, à l'âge de 90 ans.
L'homme de
lettres et de sciences avait dès 1945 prévu l'essor des communications par
satellite.
DjS (avec agences) - le 19/03/2008
Tout
le monde connaît le film de Stanley Kubrick 2001, Odyssée de l'espace. Mais
beaucoup moins savent que ce film culte a été inspiré par les ouvrages de
l'auteur de science fiction britannique Athur C. Clarke. Ce écrivain prolifique
- il a 80 livre à son actif - avait, dès 1945, prévu l'essor des communications
par satellite.
Né le 16 décembre 1917 à Minehead en Angleterre, Arthur
Charles Clarke était passionné par la science et la fiction. Durant la Seconde
guerre mondiale, il avait servi dans la Royal Air Force (1941-1946), où il a
travaillé à la mise au point du premier radar avant d'entamer des recherches
sur les satellites.
Passionné de plongée
Il s'était fait d'abord
connaître comme scientifique en publiant des ouvrages de vulgarisation sur
l'astronautique. Mais il se fait surtout remarquer grâce aux Enfants d'Icare
(1953). Il avait déjà vendu des millions de livres en une trentaine de langues
quand 2001, Odyssée de l'espace, inspiré de sa nouvelle La Sentinelle, triomphe
au cinéma, puis dans les librairies en 1968. Il écrivit ensuite plusieurs suites
de 2001 avec 2010, Odyssée deux (1982), 2061, Odyssée trois (1988), 3001,
l'Odyssée finale (1997). Outre le cycle des Odyssées, il avait écrit le cycle de
Rama.
Clarke avait fêté son 90e anniversaire le 16 décembre en
souhaitant la paix pour son pays d'adoption, le Sri Lanka, où il s'était établi
en 1956 et où une académie porte son nom. Il y avait créé une école de plongée.
Ce passionné avait d'ailleurs écrit une douzaine d'ouvrages sur l'exploration
sous-marine. En 1998, un journal britannique l'avait accusé de pédophilie.
L'écrivain britannique avait violemment démenti, jugeant l'article du journal
"grossièrement diffamatoire".
"Il ne suffit pas souhaiter la
paix"
"Je préfère me poser en extrapolateur plutôt qu'en prophète,
confiait-il au Monde en 2001 J'essaie d'anticiper sur des futurs possibles
plutôt que de me laisser aller à la voyance. La recherche en intelligence
artificielle n'est pas allée aussi loin que je le croyais", estimait-il, se
déclarant "déçu que les programmes de conquête spatiale aient été aussi réduits
et que l'on envoie aussi peu de monde dans l'espace". "Mais ils finiront par
reprendre", avait-il ajouté.
Sir Clarke, qui vivait depuis 30 ans sur
une chaise roulante, s'est donc éteint hier dans un hôpital de Colombo, non sans
avoir souhaité en décembre dernier la paix pour son pays d'adoption, déchiré
par un conflit séparatiste ethnique. "Je suis conscient qu'il ne suffit pas de
souhaiter la paix et qu'il faut du travail acharné, du courage et de la
ténacité" pour y parvenir, avait-il ajouté.
Howard Phillips Lovecraft
La folie Lovecraft.
Arts. En Suisse, le musée européen de la Science-Fiction célèbre les 70 ans de la mort de l’écrivain américain en conviant une centaine de dessinateurs à s’inspirer du «Livre de raison», son carnet de cauchemars.
Frédérique Roussel. Envoyée spéciale à Yverdon-les-Bains (Suisse) pour Libération
L’expo qui rend fou, H. P. Lovecraft et le Livre de raison Maison d’Ailleurs à Yverdon-les-Bains (Suisse). Mer.-ven. 14h-18h, sam. et dim. 12h-18h. Jusqu’au 6 avril. Rens.: (00 41) 24 425 64 38 ou http://www.ailleurs.ch
Au commencement, un petit carnet de notes. A l’intérieur, Howard Phillips Lovecraft griffonnait des idées, des rêves, des citations, «dont le but est de permettre l’envol de l’imagination et du souvenir». Rien de bien exceptionnel pour un écrivain, avide de détails quotidiens susceptibles de nourrir une narration. Ecrites de 1919 à 1934, les courtes phrases de l’auteur de Providence (Rhode Island) apparaissent comme l’essence de sa pensée. Lovecraft arrive à y évoquer, cliniquement, des horreurs indicibles, des monstres tapis dans l’obscurité, des cités sous-marines ou des rêves se confondant avec le réel.
Vision. Lovecraft pensait que nous vivons dans l’illusion et que des choses se cachent à la périphérie de la vision. Exemples tirés du fameux carnet, intitulé le Livre de raison (The Commonplace Book) : «Une chose vivante, informe, constitue le cœur d’un vieux bâtiment» ou «Rôder la nuit autour d’un étrange château sans lumières, au milieu d’un décor surprenant». Ces notes lancinantes ont parfois servi à bâtir des fictions à faire se dresser les cheveux sur la tête (1).
L’idée de mettre ce «pense-bête» au cœur d’une exposition est venue du dessinateur-humoriste suisse Mix & Remix. A 47 ans, il a découvert l’univers de Lovecraft après avoir lu la monographie de Michel Houellebecq. Il a alors entendu évoquer le petit Livre de raison. Pourquoi ne pas donner ces 222 suggestions brutes à des illustrateurs ? Mix & Remix lui-même a croqué une cinquantaine de dessins en un temps record. Tout ne l’a pas inspiré. «Vous avez ce petit détonateur qui fait que vous avez envie de dessiner une image ou pas», explique-t-il à l’émission Sonar de la radio suisse romande Espace 2. Certaines phrases ont parlé à tout le monde, d’autres sont restées dans les limbes.
Tentacules. Une centaine d’illustrateurs, de dessinateurs de bande dessinée, d’albums pour enfants se sont prêtés au jeu. Au total, près de 500 œuvres inédites fêtent à leur manière le 70e anniversaire de la mort de H.P. Lovecraft (1890-1937). «C’est l’expo qui rend fou… les organisateurs», s’amuse Patrick Gyger, directeur de la Maison d’Ailleurs, musée de la Science-Fiction, de l’Utopie et des Voyages extraordinaires (lire page suivante). La production ne montre pas que des tentacules sur le point d’étrangler un pauvre humain, mais aussi des collages humoristiques, des visions burlesques ou poétiques. «L’expo qui rend fou» permet de revisiter la légende avec une multitude de points de vue. «Ce n’est pas une exposition sur Lovecraft, mais une exposition lovecraftienne», estime Patrick Gyger. Ainsi d’Albertine, illustratrice pour enfants, qu’a inspirée en bleu et rose la sinistre pensée qui dit : «Sensation de noyade. Sous la mer - villes, navires, âmes de morts. La noyade est une mort horrible.» Caza imagine «l’Intrigue du Dr Eden Spencer» avec une main de monstre sur le point de sonner à la porte dudit docteur. Tom Tirabosco voit dans «Un bruit hideux dans l’obscurité» un monstre qui boit à la paille le cerveau d’un chat, sous les yeux d’un sympathique canard, sa mascotte. Un homme de dos en marcel regarde par une fenêtre et se demande : «Où est passée ma bagnole ?» L’œuvre signée Antoine Guex accompagne en réalité la pensée lovecraftienne, «Quelqu’un regarde par la fenêtre et se rend compte que la ville et le monde au-dehors sont désormais sombres et morts».Nyarlatote
Lignée. L’exposition propose également de courts textes fictifs rédigés par des écrivains, comme les Américains Terry Bisson, James Morrow ou Norman Spinrad, le Britannique Christopher Priest ou le Belge Jacques Finné.
Loin d’être un panégyrique à un mort qui hante encore, l’exposition d’Yverdon a donné du matériau lovecraftien à remoudre. Après sa mort, il a été vite adapté aux Etats-Unis par des magazines d’horreur. Dans cette lignée, un hors-série de Métal Hurlant sera exclusivement consacré à HPL en 1978. Son univers se retrouve aussi chez Philippe Druillet, Tibor Csernus ou Jean-Michel Nicollet. Car l’envers de la réalité reste une source d’inspiration inépuisable.
(1) Dans Night Ocean et autres nouvelles, traduit par Jean-Paul Mourlon, Belfond, 1986.
Boom de literatura
QUE RESTE-T-IL DE 68 ?
En Amérique latine, la
révolution fut aussi littéraire
Grâce à Julio Cortázar, Mario Vargas Llosa, Gabriel García Márquez
et Carlos Fuentes, la littérature fit "boom" sur tout le continent et finit par
accoucher de grands classiques.
Au début des légendaires années 1960, un jeune
homme imberbe fit trembler les fondations de notre littérature avec le récit des
tourments des élèves d'un internat militaire de Lima. La même année, en 1963, un
éminent conteur faisait se croiser ses deux villes, celle de naissance et celle
d'adoption [Buenos Aires et Paris]. Quatre ans après cette double parution (La
Ville et les Chiens de Mario Vargas Llosa et Marelle de Julio Cortázar), le
tremblement de terre annoncé eut lieu. Son épicentre se situait dans une
localité du littoral colombien, siège d'insolations tropicales et de cérémonials
légendaires attestant les avatars de la proliférante famille Buendía. La lave
bouillante du volcan Macondo parvint jusque dans les eaux fangeuses du Río de la
Plata [à Buenos Aires] et allait bientôt se répandre dans le monde entier.
Ce séisme de la littérature latino-américaine se fit connaître sous le nom
aussi rebattu qu'explosif de "boom". L'œil de ce mouvement vertigineux fut Cent
Ans de solitude, roman écrit par un Colombien alors plutôt méconnu [Gabriel
García Márquez] et que le flair de l'éditeur Paco Porrúa nous fit découvrir.
Les louanges et huées se firent abondamment entendre, mais les premières
dépassèrent très vite les secondes. Et Cent Ans de solitude s'imposa comme un
événement marquant et un symbole rare dans le champ de la culture de notre
continent.
Que s'était-il passé ? Le texte et les
circonstances permettent d'expliquer le phénomène.
Revenons sur les circonstances et en
particulier sur le contexte politico-économique, qui, riche en signes positifs,
incitait à l'optimisme. Le triomphe de la révolution cubaine ainsi que la
présence, sur tout le continent, de gouvernements modérément progressistes
autorisaient certains espoirs, d'autant que la situation économique était plutôt
favorable. A ce contexte faisaient écho, dans le domaine des lettres, la
renaissance du secteur espagnol de l'édition, le nombre accru de lecteurs en
langue espagnole, l'apparition de revues spécialisées ou largement diffusées, la
multiplication des concours, séminaires et congrès littéraires. A cette période,
Julio Cortázar avait déjà publié trois grands recueils de récits (Bestiaire, Fin
d'un jeu et Les Armes secrètes), Carlos Fuentes l'un de ses meilleurs romans, La
Plus Limpide Région, tandis que Vargas Llosa, très jeune encore, avait remporté
un prix en Espagne pour Les Caïds.
Les auteurs appelés à devenir les
grandes figures du fameux boom disposaient déjà de solides cautions littéraires
lorsque les années 1960 les catapultèrent vers une gloire sans précédent. Et, en
matière de références, García Márquez n'était pas en reste, avec à son crédit
d'excellents articles de presse et deux romans publiés à Bogotá, Des feuilles
dans la bourrasque et Pas de lettre pour le colonel, texte bref, métallique et
impitoyable.
L'écrivain colombien dut alors batailler sur
deux fronts : l'un général, en tant qu'illustre représentant du boom, et l'autre
particulier, en raison du vaste retentissement de son œuvre majeure.
Concernant le premier front, il faut rappeler que ces "nouveaux" grands
auteurs formèrent alors un groupe où l'on s'autoreconnaissait (et
s'autoflattait) mutuellement et qui fut non sans raison taxé de clan, de secte,
de loge, de mafia ou encore d'"illustre table ronde". Le fait est que le trio
formé par Cortázar, Vargas Llosa et "Gabo" [surnom donné à García Márquez]
fonctionna souvent comme un cercle fermé : du moins, est-ce ainsi qu'il fut
largement perçu. Une blague racontait que le boom se limitait à quatre
fauteuils : sur le principal trônait sans conteste notre compatriote [Cortázar],
les deux autres étaient occupés par le Péruvien [Vargas Llosa] et le Colombien
[García Márquez], et le quatrième, n'ayant pas de détenteur attitré, accueillait
tantôt le Mexicain Carlos Fuentes, tantôt le Chilien José Donoso – certains
allant même jusqu'à murmurer les noms des Cubains Guillermo Cabrera Infante et
José Lezama Lima.
Sur le deuxième front et pour revenir à Cent Ans de
solitude, le livre fut accueilli avec une certaine perplexité. Lorsqu'il publia
Marelle, Cortázar était déjà un auteur apprécié dans de larges cercles
intellectuels ; Vargas Llosa avait été catapulté depuis Barcelone grâce au
prestigieux prix Biblioteca Breve des éditions Seix Barral [en 1963] ; Fuentes,
lui, surtout depuis La Mort d'Artemio Cruz (1962), occupait le devant de la
scène littéraire mexicaine. Mais ce Colombien, qui en avait jamais entendu
parler ?
Ainsi, Guillermo de Torre, directeur littéraire de la maison
d'édition [argentine] Losada, avait refusé Des feuilles dans la bourrasque, et
aucun des textes du Colombien n'avait connu un quelconque retentissement
international. Sur les rives du Río de la Plata, au milieu des années 1960, il
n'y avait pas plus de cinq ou six critiques qui connaissaient son
existence.
Ce qui explique pourquoi la réception de Cent
Ans de solitude fut tout d'abord marquée par la méfiance et l'hésitation. Mais
le choc ne se fit pas longtemps attendre.
Pour résumer, ce fameux boom
fut l'un des épiphénomènes d'un processus plus profond, la modernisation
définitive de la littérature latino-américaine. Le réalisme magique n'est qu'une
allusion tropicale à certains procédés narratifs portés à leur apogée par la
prose sublime de Gabo, et ne fut à aucun moment une marque de fabrique et une
étiquette englobant toute la littérature du continent. Au-delà des controverses,
Cent Ans de solitude figure parmi les plus grands romans latino-américains, aux
côtés des Sept Fous [Roberto Arlt, 1929], d'Adán Buenosayres [Leopoldo Marechal,
1948], de Pedro Páramo [Juan Rulfo, 1955], du Partage des eaux [Alejo
Carpentier, 1955], de La Vie brève [Juan Carlos Onetti, 1950], de Moi le suprême
[Augusto Roa Bastos, 1974], de Conversation à la cathédrale [Mario Vargas Llosa,
1969], de L'Obscène Oiseau de la nuit [José Donoso, 1970] et d'une petite
poignée d'autres. Le roman de García Márquez est aujourd'hui et pour toujours
l'un de nos grands classiques.
Julien Gracq
Julien Gracq, mort d'un géant discret.
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| Crédit Photo : AFP - A. Jocard | |
| | Julien Gracq (à gauche) |  |
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L'auteur du "Rivage des Syrtes", chef d'oeuvre pour lequel il avait refusé le prix Goncourt en 1951, s'est éteint samedi à Angers à l'âge de 97 ans.
Il avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil.
Au bout d'une carrière littéraire toute de recherche et de profondeur, loin des flashes des photographes qui l'avaient un temps traqué à l'époque de la controverse du prix Goncourt, Julien Gracq est décédé samedi à Angers. Il avait 97 ans. L'auteur notamment du Rivage des Syrtes et des Eaux Etroites avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), où il vivait retiré depuis de nombreuses années. François Fillon a salué après l'annonce de sa disparition "un auteur complet", "une figure phare". Pour Nicolas Sarkozy, il était "l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle", qui, "loin des modes et des cercles mondains, a construit une pensée originale et une oeuvre puissante". Quant à François Bayrou, président du MoDem - et agrégé de Lettres - il a salué en Julien Gracq "un des plus grands écrivains du dernier demi-siècle" dont l'oeuvre était "comme un signe de reconnaissance entre les esprits et les générations".
Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre Le rivage des Syrtes. Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade. Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.
Comment Louis Poirier devint Julien Gracq
Né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, étudie à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtient son agrégation d'histoire et de géographie. Il écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris. Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité". En 1938, il présente en vain le manuscrit de Au château d'Argol à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.
Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans La littérature à l'estomac (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans Liberté grande (1947), critique dans Préférences (1967), nouvelliste dans La presqu'île (1970) et, bien sûr, romancier dans Un beau ténébreux (1945) ou Un balcon en forêt (1958). Il était aussi l'auteur de En lisant, en écrivant (1981) ou La forme d'une ville (Nantes) (1985).
Un balcon en forêt, Le roi Cophetua - une des trois nouvelles composant La presqu'île - et Un beau ténébreux ont été adaptés au cinéma respectivement par Michel Mitrani, André Delvaux et Jean-Christophe Averty. De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues.
D'après agence
Christian Bourgois
Bourgois, fin de collection.
Disparition. L’éditeur parisien éclairé, passeur de talents étrangers - de Tolkien à Salman Rushdie, Toni Morrison, Brautigan, Jünger -, est mort hier à 74 ans.
Claire Devarrieux, Libération
Qu’est-ce qu’un grand éditeur ? Un créateur, dont l’œuvre est la somme des livres qu’il a fait exister sans les avoir écrits. Un homme dont la personnalité et le catalogue se confondent. Christian Bourgois : une marque, une signature, une aventure, commencée en 1959 au côté de René Julliard. Il était alors à l’ENA, dont il fut un brillant sujet de 26 ans.
L’Anglais Tolkien (le Seigneur des anneaux, 1972), les Américains de la Beat Generation Ginsberg et Burroughs, puis John Fante, Susan Sontag, les Portugais Pessoa et Lobo Antunes, l’Argentin Copi, le Chilien Robert Bolaño… Le nombre d’écrivains attachés au nom de Bourgois, de Boris Vian à Salman Rushdie (les Versets sataniques, 1989), est vertigineux. Sans compter la collection 10/18, à partir de 1968, à travers laquelle les étudiants des années 70 ont accompli leur éducation politique et théorique (Marx, Freud, Cixous, Lyotard et Castoriadis).
Voix feutrée. Christian Bourgois, né à Antibes en 1933, est mort hier matin à Paris, à 74 ans, des suites d’un cancer qui avait failli l’emporter il y a trois ans, et qu’il a enduré avec son élégance légendaire. Il n’était pas seulement une figure influente du milieu éditorial. On le voyait à l’Opéra, au théâtre, notamment aux premières de la maison de la culture de Bobigny (MC 93), dont il présidait le conseil d’administration. On le savait attaché au cinéma. En ce moment, le Jeu de paume programme six films que Christian Bourgois a impulsés lorsqu’il a présidé, par deux fois, la Commission d’avance sur recettes, avec une audace de mécène avisé.
De tous ces domaines de l’art, il parlait avec un intérêt qui ne s’est jamais usé ou aigri. Sa voix feutrée, sa conversation inlassable et romanesque, longues phrases rythmées qu’il n’aura jamais couchées sur le papier, vont manquer. Il commentait les résultats du box-office cinématographique avec autant d’aisance que les chiffres de ventes en librairie. Il avait la mémoire des anecdotes, des imbroglios germanopratins, des stars oubliées. Il sera resté jusqu’au bout un observateur curieux, amusé, que le pouvoir, évidemment, n’impressionnait pas. Lorsque le centre Pompidou lui a consacré une exposition en l’honneur de ses 40 ans d’édition, fin 2005, il évoquait volontiers, en souriant, le message envoyé par Jacques Chirac, un condisciple de Sciences-Po.
Lectures assidues. Ce qui impressionnait Christian Bourgois, c’étaient les textes. Sans doute ne respirait-il, ne voyageait-il, ne vivait-il que dans les livres. L’affection avec laquelle il citait les prénoms de ses auteurs, Linda (Lê), Patti (Smith), ou Jim (Harrison), relevait moins du snobisme de la grande bourgeoisie que de la familiarité née des lectures assidues. Le métier d’éditeur semblait être pour lui un état, non une fonction.
Pas de comité de lecture, rien que des relations privilégiées. Dominique de Roux dans les années 60 ; aujourd’hui, et depuis longtemps, Gérard-Georges Lemaire, Jean-Christophe Bailly et Brice Matthieussent : ces complices animent des collections, des revues, éphémères ou pas, et alimentent les intuitions de Christian Bourgois, attiré par les avant-gardes. Mais il était attentif aussi aux auteurs populaires d’autrefois (comme Gustave Le Rouge), apportés par Francis Lacassin, ou aux écrivains anglo-saxons (Austen, Wharton, Woodhouse) que Jean-Claude Zylberstein souhaitait ressusciter en 10/18, à partir de 1980, après que l’effervescence idéologique a marqué le pas.
De tous les tandems que Christian Bourgois a animés, le plus solide reste bien sûr celui qu’il constituait avec sa femme, depuis 1970. La dernière création de Christian et Dominique Bourgois est la précieuse collection de poche «Titres», lancée en 2006. Rien ne résume mieux leur entente que ces listes de «Titres» qu’ils dressent ensemble. Dominique Bourgois va désormais assurer seule la continuité d’un catalogue dont elle connaît et respecte l’esprit mieux que quiconque.
Gravures de fleurs. La maison qui porte le nom de Christian Bourgois naît en 1966, «laboratoire littéraire» au sein du groupe des Presses de la Cité. Bourgois y est entré en 1965, après avoir pris la tête des éditions Julliard dont le fondateur était mort en 1962, et que les Presses rachetaient. Chez Julliard, Bourgois est le premier en France à éditer Soljenitsyne et Gabriel García Márquez. Il devient surtout l’éditeur d’Ernst Jünger, «comme souvent dans l’édition, à la faveur d’un hasard et d’un goût», à une époque où l’auteur des Falaises de marbre est peu prisé. Pour la couverture du Journal de guerre, Bourgois choisit des gravures de fleurs : sens de la typographie, imagination pour les illustrations, ainsi un vrai éditeur appose-t-il sa signature (1).
En 1992, après avoir dirigé Julliard, 10/18, Plon, Perrin, Christian Bourgois quitte les Presses de la Cité et devient, à 60 ans, un éditeur indépendant. Les auteurs le suivent, Lobo Antunes, Toni Morrison, l’Italien Antonio Tabucchi, qui le quittera plus tard pour Gallimard.
En 1999, Libération demandait à Christian Bourgois quelle avait été, de toutes ses rencontres, la plus inattendue : «Celle de Richard Brautigan. C’est un auteur que j’ai publié avec enthousiasme et dévotion dans les années 70. Chaque nouveau livre était un enchantement. Au bout d’un certain nombre d’années, en 1984, j’ai réussi à convaincre son agent de le faire venir à Paris depuis le Montana. Je suis allé le chercher à Roissy, c’était comme aller à la messe, je n’avais qu’une photo de lui et j’avais fini par inventer un personnage. J’ai vu arriver un grand échalas, tout en jeans, aux cheveux filasse, immense, avec un air de chien triste. Au fil de son séjour, tout s’est détraqué. Brautigan était agressif, dépressif, il buvait comme un trou. Il n’est pas sorti de sa chambre d’hôtel, sauf pour voir Beineix (il avait adoré Diva), le Père-Lachaise et une grande surface. Il n’est pas venu au Salon du livre où il était attendu mais a passé son temps à vouloir aller à Munich. Il est parti furieux, je ne l’ai pas revu, il est mort quelques mois après.»
(1) Archives de la République internationale des lettres (1997)
Lawrence Durrell
En souvenir de Lawrence
Durrell.
En 1957, Lawrence Durrell s'installait à
Sommières. C'est dans sa maison du Gard où il mourut d'une attaque cardiaque le
7 novembre 1990, que l'auteur du Quatuor d'Alexandrie (Justine,
Balthazar, Mountolive, Clea) répondit aux questions de Marc
Alyn qui, à l'époque, habitait Uzès. Des entretiens publiés en 1971, réédités
avec une préface inédite de l'interviewer. Celui-ci, lauréat à vingt ans du prix
Max-Jacob, considéré aujourd'hui comme l'un des poètes majeurs de sa génération,
se souvient de son ami Larry qui reçut en 1959 la visite d'Henry Miller venu
séjourner, avec femme et enfants, sur les bords du Vidourle.
Entre les deux écrivains s'établira une relation
rare qu'une correspondance amorcée en août 1937 a mise en
relief. C'est à Sommières que Durrell décida de se consacrer entièrement à la
littérature.
"Le Grand Suppositoire", Lawrence Durrell, entretiens
avec Marc Alyn, éditions Gutenberg, 188 pages, 17,95 €.
La mémoire du sana de Vence Patrice Delbourg, un autre poète,
lauréat des prix Max-Jacob et Guillaume-Apollinaire, évoque Henry Miller et un
Lawrence qui n'est pas Durrell mais l'auteur de L'Amant de Lady
Chatterley . Miller voulait vivre à Vence, dans l'arrière-pays niçois, dont
le climat lui rappelait celui de sa Californie. Quant à David Herbert Lawrence,
il avait été envoyé par son pneumologue anglais à l'hôtel-sanatorium Ad Astra de
la ville.
Mort le lendemain de son arrivée à Vence, il sera enterré au cimetière
de la commune. Mais sa sépulture est vide car les cendres de l'écrivain furent
dispersées à Taos au Nouveau-Mexique à moins qu'elles n'aient été jetées lors de
l'escale dans le port de Marseille. Delbourg aime les mystères et le royaume des
ombres. Les fantômes du sana de Vence forment une société littéraire où figurent
en tête de peloton Albert Paraz, Henri Calet, Alphonse Boudard, Roland
Barthes.
"Signe particulier endurance", Patrice Delbourg, Le
Castor Astral, 223 pages, 15 €.
J.-C. L.
Doris Lessing
La Britannique Doris
Lessing reçoit le Nobel.
En attribuant
le prix Nobel de littérature à la romancière britannique Doris Lessing,
l'Académie suédoise a choisi, hier, de récompenser une « conteuse épique de
l'expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire
scrute une civilisation divisée ».
Doris Lessing qui aura 88
ans le 22 octobre prochain est la onzième femme à obtenir le Nobel de
littérature. Née en Perse, actuellement l'Iran, en 1919, alors que son père
était capitaine dans l'armée britannique, Doris May Taylor a ensuite vécu une
partie de son enfance en Afrique, ce qui marquera son œuvre.
Cet ancien
membre du Parti communiste britannique, qu'elle a quitté en 1956 lors de
l'écrasement de la révolte hongroise, a souvent été comparée à Simone de
Beauvoir pour ses idées féministes. Le Carnet d'or (The Golden
Notebook, 1962), son livre le plus connu, raconte ainsi l'histoire d'une
femme-écrivain à succès qui tient son journal. L'écrivain a su explorer tous les
styles, n'hésitant pas à faire des incursions dans la science-fiction avec les
cinq tomes de sa série Canopus in Argos entre 1979 et 1983.
Doris
Lessing a été en 1984 l'auteur d'un canular en publiant Le Journal d'une
bonne voisine sous un pseudonyme. Son propre éditeur, qui ne connaissait pas
la véritable identité de l'auteur, avait refusé de le publier.
Sa jeunesse
écartelée entre plusieurs continents lui a inspiré sa première saga, rédigée de
1952 à 1969 : les cinq volumes des Enfants de la violence qui mettent en
scène le personnage d'une Martha Quest, étonnamment proche de Lessing. Deux fois
mariée et deux fois divorcée, elle estime que « le mariage est un état qui ne
lui convient pas ».
Parmi ses autres ouvrages figurent notamment
Going Home (1957) où elle dénonce l'apartheid en Afrique du Sud et The
Good terrorist (La terroriste, 1985), sur un groupe de jeunes
révolutionnaires d'extrême-gauche.
Doris Lessing vit actuellement dans la
banlieue londonienne. Elle s'est surtout consacrée ces dernières années à des
ouvrages de science-fiction. Hier, à l'heure de l'attribution du Nobel, Miss
Lessing faisait du shopping alors que son agence littéraire tentait de la
joindre pour lui annoncer la nouvelle. « Nous sommes absolument ravis parce
que c'est tellement mérité » déclarait-on à l'agence Clowes. Dans le passé,
le nom de Doris Lessing avait été cité pour le prix Nobel. Revenu l'an dernier
au romancier turc Orhan Pamuk.
ID Bulles
Quinze auteurs BD pour une
bonne cause.
ID Bulles ? Pour éviter toute confusion, il faut préciser
qu'il ne s'agit pas du petit frère automnal du salon européen organisé au
printemps par l'association BD en bulles, mais d'un autre festival, plus
modeste, qui fait rimer bande dessinée avec solidarité.
Toujours proposée par la
Fnac, la Coupole des Halles et l'association Idées +, la 4e édition réunira ce
week-end une quinzaine d'auteurs d'albums jeunesse. A commencer par Michel
Rodrigue, le père de Cubitus, désormais scénarisé par l'humoriste Pierre
Aucaigne. Tous deux partageront le parrainage d'ID Bulles 2007 avec Henri
Jenfèvre, qui s'est fait connaître par les séries "Les gendarmes", "L'effaceur"
et "Inspecteur Dirty".
Si l'humour sera
donc au rendez-vous, différents genres seront représentés à travers la présence
d'Eric Hübsch (Le chant d'Excalibur), Stéphane Bileau (La quête du
Graal, Les contes du Korrigans...), le vétéran Félix Molinari, ancien pilote
et spécialiste du dessin d'aviation (Les tigres volants), Philippe
Fenech (L'empire des Mecchas, Tuff & Koala...), ou encore le
Montpelliérain Reno Lemaire, l'un des rares auteurs français de mangas ayant
réussi à se faire un nom (Dreamland). Christophe Cazenove, Jytéry, Lük
Dema, Denis Chetville, Michel Sanz, Nico et Cédric Ghorbani complètent la
distribution. « Ce sont surtout de jeunes dessinateurs et scénaristes,
explique Franck Costes, l'un des artisans d'ID Bulles, à qui l'on doit aussi
auparavant les opérations Solidaribulles du Secours populaire français. L'un
d'entre eux sera récompensé par le prix Hermann (Jeremiah). La gagnante
de l'an dernier a ainsi pu publier deux albums grâce à ce coup de pouce. »
Le lauréat 2007 sera connu vendredi, en fin de matinée.
Outre les
séances de dédicaces et les rencontres avec les auteurs, un atelier pour enfants
(samedi, à 15 heures) et une exposition des dessins du livre portfolio
Nationale 7, route du soleil, auquel ont participé plusieurs des auteurs
présents, sont aussi au programme. Enfin, durant ces deux journées, tous les
dessinateurs réaliseront une œuvre originale sur le thème du clown. Ces dessins
seront ensuite mis aux enchères sur le portail web de l'association (1). Les
bénéfices seront intégralement reversés à Nez Nets & Cie, troupe qui
intervient auprès des enfants hospitalisés. Elle assurera d'ailleurs des
animations samedi après-midi à la Coupole.
Vendredi de 15 heures à
19 heures, et samedi de 10 heures à 12 heures et de 14 h 30 à 18 heures, à
l’entrée de la Coupole des Halles.
Jean-François Bizot RIP
Jean François Bizot est mort.
ack, c'est ainsi que Jean-François Bizot avait coutume d'appeler son cancer. "Jack le squatter, écrivait-il dans Un Moment de faiblesse (Grasset, 2003), on ne va pas oublier qu'il doit rester minoritaire en vous". Jack a fini par gagner. Fondateur d'Actuel et de Radio Nova, Jean-François Bizot est mort samedi 8 septembre à l'âge de 63 ans. Licencié en sciences économiques, diplômé de l'Ecole nationale supérieure des industries chimiques; ingénieur économiste au Bureau d'information et prévisions économiques (BIPE) puis, en 1967, journaliste à L'Express : rien ne prédestinait ce fils de famille à devenir l'un des papes de la contre-culture et de la presse underground. Survint Mai 68. Il devint maoïste, proche du PSU puis libertaire. Surtout libertaire en réalité.
Très jeune, son père lui avait confié 800 millions de centimes. Gauchiste et riche, Bizot se demanda quoi faire de tout cet argent. Avec une bande de copains (Michel-Antoine Burnier, Patrick Rambaud, Bernard Kouchner), il décida, en 1970, de transformer Actuel, une publication née fin 1968 dans l'explosion du free jazz en un journal underground. "A 20 ans, au milieu des années 60, écrivait Bizot dans la préface de Free Press, le magnifique ouvrage qu'il a consacré à la contre-culture vue par la presse underground (Panama, 2006), nous nous sentions comme des enfants accouchant d'un nouveau millénaire (…) Nous voulions tout réinventer. Une révolte à la fois clocharde, céleste, révolutionnaire, cyberfreaks et vidéo guérilleros, sexplorateurs, écologistes..".
Très vite Actuel vendit 50 000 exemplaires. Des noms mythiques, Zappa et ses Mothers of Invention, Captain Beefhaert, Tim Buckley. Une certaine manière de résister. "La contre-culture ! disait Jean-François Bizot. Vivre à l'écart pour se forger de nouvelles valeurs. Souterrain, marginalité, troc, route, communauté, liberté sexuelle, écologie, utopie, nouvelles technologies…" La première formule d'Actuel était tout cela à la fois. Aux côtés de Libé et de Hara-Kiri Hebdo, une véritable révolution dans la presse française.
Eclectisme de Bizot : en 1975, il publie avec ses deux compères Léon Mercadet et Patrice Van Eersel Au Parti des socialistes, plongée libre dans les courants d'un grand parti (Grasset). Un voyage dans la social-démocratie qu'il ne serait pas inutile de relire aujourd'hui. L'année suivante paraît Les Déclassés (Le Sagittaire, réédité en 2003 chez Grasset), un roman générationnel où se croisent tous les gauchismes, les avant-gardes, les Black Panthers, le MLF, les freaks, les hippies… 1981 : Mitterrand est élu, Bizot crée Radio Nova, sorte de prolongement radiophonique et musical de la nouvelle formule d'Actuel qu'il a inventé deux ans auparavant. Une "sono mondiale" où vont s'entremêler les rythmes de toutes les musiques. Il y eut aussi un nouveau journal, Nova magazine, des films, notamment Get up Stand up Histoire du reggae (1995) et Gimme my money back (1996), et mille autres choses encore.
Et puis il faut parler du personnage Bizot, sorte de patriarche de la maison Nova, généreux, fort en gueule, capable de parler des heures sans s'arrêter, vérifiant simplement qu'on le suit par des "d'accord ?" à répétition, un fou de jazz, de Kessel et de journaux, sans cesse à l'affût des nouvelles avant-gardes et des révolutions à venir. Il pestait contre l'air du temps anti-soixante-huitard. Attention, disait-il, à "cette société de la liberté surveillée qui se crée dans notre dos, par une coalition de quadragénaires psychomoralisateurs".
Ces dernières années, il avait dû batailler contre son cancer. Avait tout tenté de le vaincre. A l'autre bout du fil, sa voix grave s'informait des dernières nouvelles de la presse, des projets à venir. Toujours avec cet humour tendre et corrosif qui était sans doute aussi une manière de toiser Jack. Il était une fois Jean-François Bizot, un homme libre dont la vie respirait grand angle.
Jean-François Bizot en quelques dates.
19 août 1944 : naissance à Paris.
1970 : cofondateur et directeur de la publication du mensuel Actuel.
1976 : publie Les Déclassés.
1981 : fondateur de Radio Nova.
8 septembre 2007 : mort à Paris.
Franck Nouchi, Le Monde
Le plein de lecture
727 livres pour une seule rentrée.
Parce que vous n'aurez sûrement pas le temps de lire les 727 ouvrages attendus en librairie d'ici octobre, LCI.fr décrypte pour vous les grandes tendances de la rentrée.
Romans, essais, fictions, biographies... tous les genres sont au rendez-vous.
SM (avec agence) - le 27/08/2007 - 07h17
La cloche de la rentrée littéraire va bientôt sonner et l'on annonce déjà un nombre faramineux d'ouvrages. Pas moins de 727 romans français et étrangers sont attendus dans vos librairies d'ici le mois d'octobre. Avec 43 ouvrages de plus que l'an dernier, la rentrée 2007 devrait être aussi foisonnante que passionnante. Deux thèmes réunissent les auteurs cet automne : l'actualité et la marche du monde.
Yasmina Reza, auteur vedette de pièces de théâtre traduites dans plus de 35 langues, exploite l'actualité avec L'aube le soir ou la nuit (Flammarion), un roman-reportage sur la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, qu'elle a suivi pendant près d'un an. On dit déjà que son livre est "très littéraire", c'est à dire, en course pour les prix de l'automne, tiré d'emblée à 100.000 exemplaires. Egalement en première ligne, Olivier Adam publie à 33 ans son septième livre : A l'abri de rien (L'Olivier), une plongée dans la misère des réfugiés de Sangatte, auxquels Marie, jeune femme un peu perdue, décide de porter secours.
Dans Fin de l'histoire (Verticales), François Bégaudeau évoque quant à lui la détention en Irak de la journaliste Florence Aubenas. Benoît Duteurtre, observateur malicieux de la société, décrit un monde ultra-sécurisé dans La cité heureuse (Fayard). Eric Reinhardt s'attaque à la classe moyenne dans Cendrillon (Stock) et Marie Darrieussecq raconte dans Tom est mort (P.O.L) le deuil après la mort d'un enfant.
102 premier romans
Parmi les 493 titres français, il y a bien sûr les fidèles au rendez-vous de septembre. Amélie Nothomb, 16 romans en 15 ans, retourne au Japon, avec Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel), Pierre Assouline signe Le Portrait (Gallimard), Patrick Modiano plonge ses lecteurs dans le Paris des années 1960 avec Dans le café de la jeunesse perdue et Philippe Sollers nous plonge dans ses mémoires avec Un vrai roman. Dominique Schneidre, Ce qu'en dit James, (Seuil) ou Jean Hatzfeld, La stratégie des antilopes, (Seuil) comptent également parmi les pointures de la rentrée.
Les débutants, âgés cette année de 15 à 93 ans, ne se sont pas laissés décourager par l'abondance de titres. 102 premiers romans sont annoncés d'ici octobre dont le premier livre de la réalisatrice Jeanne Labrune, L'Obscur (Grasset). La littérature étrangère arrive également en force. En têtes d'affiche, Norman Mailer, auteur d'une "biographie romancée d'Hitler", Un château en forêt (Plon) ou Günter Grass, avec Pelures d'oignon (Seuil), ses souvenirs de jeunesse qui ont fait scandale en 2006 lors de leur sortie en Allemagne. Peu de doute que vous trouverez votre bonheur dans cette sélection. Il ne reste plus qu'à vous souhaiter de bonnes lectures!