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Joe el Misterioso

Joe el Misterioso Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone: cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos. Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.

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Sophie Crumb

Par Joe el Misterioso :: vendredi 24 août 2007 à 18:43 :: Livres

Portrait de femme avec le dessin dans la peau.

Sophie a une faim à croquer le monde. A tout juste 25 ans, elle a déjà probablement usé des kilos de crayons, des centaines de feuilles de papiers et autant de centimètres cubes d'aquarelles. Elle porte avec bonheur, comme un bagage de luxe qui serait parfois un peu envahissant, le nom de Crumb.

On ne se débarrasse pas comme ça d'une histoire familiale qui vous colle à la peau autant que le dessin indélébile qu'un jour vous avez fait graver à l'encre bleue dans votre propre chair. « J'ai toujours dessiné, dit Sophie. On me demande si c'est mon père qui m'a appris à dessiner. Ça ne marche pas comme ça ! Quand ton père fait du fromage de chèvre, toi, tu le fais naturellement. Quand tes parents dessinent, tu dessines naturellement. »

Sevrée de télévision, Sophie, qui a attaqué une scolarité à Sauve à l'âge de 8 ans, a grandi nourrie de vieux dessins animés, de Betty Boop, « des trucs comme ça, en noir et blancs », et des musiques du monde sorties miraculeusement d'une fabuleuse collection de 78 tours, « d'avant 1934 ». Toute une époque qui a fini par la séduire : « La technique de lavage de cerveau a bien marché. Je me suis un peu rebellée quand j'avais 14 ans, je me suis mise à écouter Nirvana, mais bon, je me suis vite remise à la vieille musique. »

Les « comics » de l'entre deux guerres inspireront aussi directement ses truculents personnages de Zozo et Zaza qui naissent dans ses « carnets ».
« Mon père avait des carnets de dessin. Donc j'en avais aussi. J'ai grandi avec mes carnets de dessin. C'est le seul truc constant que j'ai eu dans ma vie. Un truc de la famille, un peu comme un journal intime. J'en ai depuis que j'ai 5 ans. »

Dans ces carnets, au fil du temps, fleurit une imagination débridée, s'affirme une personnalité où le travaille des gènes se conjugue avec la pure créativité. A 17 ans, Sophie quitte les Cévennes pour conquérir Paris. C'est l'âge d'une prise de conscience :
« Avant, je faisais des BD j'étais inspirée par ce que faisais mon père. Après, je n'arrivais pas parce qu'il y avais une sorte de blocage entre l'humour américain et l'esprit français, ça n'allait pas ensemble. Quand je suis retournée aux Etats-Unis, j'ai compris que ma vraie culture, c'était celle de mes parents. Ce qui ne m'empêche pas, quand, j'y suis, de faire la Française à fond... »

Au Etats-Unis, Sophie va faire l'apprentissage laborieux du tatouage pour en faire un métier, vivre une autre forme de bonheur de dessiner : « J'ai toujours dessiné sur la peau. Même quand j'étais petite. J'adore ça. C'est viscéral. C'est un plaisir intense de tatouer ou de me faire tatouer. » Sur le bras droit, un oiseau, et sur le gauche, un poème de Dorothy Parker, « une écrivaine juive, humour noir à fond ».

Posée, par raison, depuis quelque temps à Aulas, Sophie Crumb ne songe à nouveau qu'à reprendre son envol pour croquer le monde à belles dents mais aussi à grands coups de crayon : « J'aimerais aller en Russie pour retrouver mes lointaines origines russes. Et puis continuer à tatouer, à dessiner dans mes carnets. C'est tout ce qui compte. Pas le faire en ne pensant qu'à l'argent. Je préfère dessiner pour le plaisir et gagner moins, plutôt que de me forcer à dessiner, gagner plus et être dégoûtée du dessin. »

Pierre RIVAS

Tintin en Suede

Par Joe el Misterioso :: vendredi 24 août 2007 à 06:13 :: Livres
 

"Tintin au Congo" reste le bienvenu en Suède.

 
TF1 / LCI Tintin, sur le TGV Thalys, pour commémorer la création du personnage d'Hergé en janvier 2007.

Crédit Photo : AFP - ERIC VIDAL 
Tintin, sur le TGV Thalys, pour commémorer la création du personnage d'Hergé en janvier 2007.

 



Les autorités judiciaires suédoises ont rejeté pour des raisons de procédure, une plainte qui visait à retirer de la vente la bande dessinée.

Le plaignant d'origine congolaise, dénonçait le caractère raciste de "Tintin au Congo".

- le 23/08/2007 - 17h44

Victoire pour Tintin et Milou. Jeudi dernier, Jean-Dadou Monya, immigré en Suède depuis 1992, avait porté plainte contre l'éditeur de la traduction suédoise de l'album d'Hergé, demandant que le livre soit interdit à la vente et retiré des bibliothèques. Originaire du Congo, celui-ci dénonçait le caractère raciste de la bande dessinée.

Le  procureur n'a pas donné suite pour des raisons de procédure, le délai pour engager des poursuites étant dépassé. Il ne s'est pas prononcé sur le fond. "Je m'y attendais, et pour moi l'important était d'attirer l'attention sur le caractère raciste de cet album qui n'a plus sa place dans la société du 21e siècle", a indiqué Jean-Dadou Monya. "Cet album est destiné aux enfants et ce n'est pas bien qu'ils lisent des choses racistes, comme lorsque Tintin crie sur les Africains et les traite de paresseux", a-t-il ajouté.

Les "préjugés du milieu bourgeois"

La plainte avait reçu l'appui de l'association des Afro-Suédois. En Belgique, un étudiant congolais a lui aussi porté plainte fin juillet devant la justice belge pour que "Tintin au Congo" soit retiré de la vente. Jean-Dadou Monya a indiqué que sa plainte n'était pas concertée avec celle déposée en Belgique mais qu'il avait été encouragé par cette initiative. "Tintin au Congo" avait été publié en 1930-31 alors que la Belgique colonisait le Congo. Dans les années 70, Hergé avait reconnu que pour cet album, il "s'était nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel (il) vivait". 

Avec Agence
 

Luis Sepulveda

Par Joe el Misterioso :: dimanche 29 juillet 2007 à 14:52 :: Livres

Malgré l’absence de l’écrivain chilien, le festival a exploré son œuvre : il est  sur tous les tons aux Nuits atypiques de Langon.
 
Par éliane Patriarca, Libération
 
Comment s’accommoder de l’absence ? Vivre avec le manque d’un pays, d’un proche, des rêves brisés ? Comment les livres parviennent-ils à panser ces plaies ? Involontairement, mais avec intrépidité, le festival des Nuits atypiques de Langon en Gironde (1) a exploré, jeudi en ouverture, ces existentielles questions.
 
Faille.  Pour ce festival ancré au bord de la Gironde et dédié depuis 1992 à la découverte des musiques et des cultures du monde, jeudi se voulait «journée particulière», tout entière dédiée à l’écrivain chilien Luis Sepulveda, avec qui étaient prévus rencontres et débats. Particulière, elle l’a été puisqu’elle s’est tissée autour de l’absence de Sepulveda : pour raisons familiales, l’écrivain, qui vit en Espagne depuis plusieurs années, a dû rejoindre le Chili en urgence, mardi. Mais les lectures, film ou mises en scène de ses livres, qui ont émaillé la journée, ont approché au plus près l’histoire et l’univers de cet auteur fin descripteur des brisures, des failles qui dévient les destins.
 
Entre Emilio Pacull, le réalisateur du film Héros fragiles, présenté en ouverture à Langon, et Luis Sepulveda, les liens sont multiples. Tous deux sont nés au Chili entre 1949 et 1950. En 1973, après le coup d’Etat orchestré par Pinochet, Sepulveda, militant d’extrême gauche, est emprisonné. Pacull, lui aussi militant, fuit Santiago. Le 11 septembre 1973, son beau-père, Augusto Olivarès, alors conseiller et ami d’Allende, se suicidait dans le palais de la Moneda, assiégé par les militaires, quelques minutes avant que le Président chilien ne fasse de même. Depuis, Sepulveda et Pacull ont dû expérimenter l’exil, la perte de leur pays. «Pays doublement perdu, note Emilio Pacull, par l’exil et par la défaite.»
 
L’auteur-réalisateur, qui a notamment été l’assistant de Costa-Gavras et de Truffaut, est revenu au Chili chercher une réponse au suicide d’un homme qui aimait la vie. Construit autour de la présence-absence d’Olivarès, journaliste, directeur de la télévision nationale, le film retrace la conspiration qui a anéanti le Chili d’Allende sous la houlette maléfique d’Henry Kissinger. Avec des morceaux d’anthologie comme l’interview de Milton Friedman, le prix Nobel d’économie. Invité à Santiago par Pinochet en 1974, le mentor de l’école de Chicago, chantre du néolibéralisme, a expérimenté ses théories dans un pays soumis à la dictature et donné un nouvel élan au capitalisme. Face à ce vieil homme (décédé depuis), toujours convaincu des bienfaits du libéralisme, on comprend, avec Pacull, que la théorie du free market est une idéologie.
 
Film nostalgique, empreint de tristesse, autour de ces hommes qui ont incarné l’utopie et n’ont pas transigé, le documentaire de Pacull est aussi intensément poétique. Ponctué par les pages des carnets de moleskine où le réalisateur, au fur et à mesure de son travail, note ses impressions, colle des photos. Un lien de plus avec Sepulveda. Dans Une sale histoire (2), l’écrivain évoque en effet «un carnet à couverture noire que j’ai toujours sur moi et où j’écris chaque jour mes doutes, mes étonnements.»
 
Intimes blessures.  Sur la scène des Carmes à Langon, Sepulveda s’est «matérialisé» à travers deux des ses livres, adaptés et interprétés par Nadine Perez (Compagnie Burloco Théâtre). Des ­récits ramassés, reflets de l’engagement écologique de l’écrivain (L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler) et de son attachement aux peuples dits «premiers», avec Le vieux qui lisait des romans d’amour.
 
L’occasion d’«écouter» l’écriture de Sepulveda, ses images soigneusement ciselées, son don d’évocation et sa fausse candeur. Et de tester sa foi toujours réaffirmée dans le pouvoir des mots et de la lecture, panseurs d’intimes blessures. Dans Le vieux qui lisait des romans d’amour, le héros redécouvre tardivement qu’il sait lire. Et se prend de passion pour les livres d’amour, «étrangers au passé désordonné auquel il préférait ne plus penser, laissant béantes les profondeurs de sa mémoire pour les emplir de bonheurs et de tourments, d’amour plus éternels que le temps.».
 
Mais les livres ont aussi leurs limites et l’absence est génératrice de frustrations que les mots ne peuvent combler. La preuve avec l’évocation, en écho aux héros des Pires Contes de frères Grimm, autre roman de Sepulveda, les payadores, ces musiciens-poètes improvisateurs et itinérants, figures récurrentes de la musique populaire en Amérique latine. Mais malgré l’enthousiasme déployé à Langon par Thierry Rougier, musicien auteur d’une thèse d’ethnologie sur l’équivalent brésilien des payadores, le spectateur est resté. en manque. «En appétit», corrige Patrick Lavaud, directeur des Nuits Atypiques. L’an prochain, promet-il, les payadores seront dans les rues de Langon avec Sepulveda.
 
(1) Jusqu’à dimanche. www.nuitsatypiques.org.
 
(2) Editions Montparnasse, 2006.

Harry Potter

Par Joe el Misterioso :: samedi 28 juillet 2007 à 08:57 :: Livres
 
Harry Potter et le marketing de la mort.
 
Le lancement mondial et préparé avec minutie du dernier opus de la saga du jeune sorcier a eu lieu samedi.
 
Par Reuters
 
C'est désormais devenu un rituel des lancements marketing réussis: comme pour la console de jeux Playstation ou le téléphone portable d'Apple iPhone, le lancement du dernier tome d'Harry Potter s'est soldé par des queues, des bousculades et des milliers de fans qui ont envahi les librairies du monde entier samedi pour acheter le très attendu septième - et dernier - volume de la série.

Dans une partie du monde, "Harry Potter and the Deathly Hallows" ("Harry Potter et les reliques de la mort") est arrivé dans les boutiques vendredi à 23h01 GMT, selon un programme méticuleusement mis au point pour préserver le suspense et optimiser les ventes de Tokyo à New York en passant par l'arrière-pays australien.

Des lecteurs de tous âges, souvent déguisés, ont fait la queue vendredi dans plusieurs grandes villes, attendant de pouvoir acheter un livre dont on s'attend à ce qu'il connaisse la vente la plus rapide de l'histoire. A New York, l'excitation était vive, les magasins ayant décidé d'attendre minuit heure locale pour mettre le livre en vente, avec plusieurs heures de retard par rapport au reste du monde.

"C'est comme si je perdais une partie de mon enfance", confiait William Bishop, 16 ans, un Harry Potter plus vrai que nature portant lui aussi une cicatrice sur le front. A Sydney, quelque 1.500 fans ont pris place à bord de deux trains à vapeur pour aller du centre-ville à un lieu secret où des libraires se préparaient à distribuer les exemplaires de la nouvelle fournée.

Des musiciens et des artistes exhibant des rats, des lézards et des serpents ont diverti les enfants et leurs parents, dont beaucoup étaient habillés comme des personnages de la série.

Un fan a dû être secouru vendredi dans un lac de Canberra où il s'était jeté pour récupérer un reçu nécessaire au retrait de son exemplaire payé d'avance.

FUITES ET GUERRE DES PRIX

A Bombay, des enfants tentaient de deviner ce qui arriverait à Harry, l'auteur J.K. Rowling ayant annoncé l'an dernier qu'au moins deux personnages importants seraient tués dans le tome sept. "J'ai parié avec mes amis qu'Harry ne va pas mourir", a déclaré Abhigyan Jain.

En Grande-Bretagne, un service téléphonique de conseils destinés aux enfants a prévu un pic d'appel au moment où les lecteurs découvriraient l'identité des personnages devant mourir.

L'attente n'a pas diminué malgré une série de fuites, réelles ou inventées, sur le contenu de l'ouvrage.

Rowling n'a pas apprécié la publication par deux journaux américains d'articles basés sur des exemplaires obtenus en avance.

"Je suis atterrée que des journaux américains aient décidé de publier de prétendus éléments clés du livre, au mépris complet du souhait de millions de lecteurs, en particulier des enfants."

Le Parisien a publié vendredi un résumé en trois paragraphes de l'épilogue du livre, l'imprimant à l'envers pour laisser une chance aux lecteurs de ne pas en apercevoir le contenu.

Des libraires indépendants se sont plaints de ne pas pouvoir suivre la politique de prix aggressive des supermarchés et des vendeurs en ligne, prêts à vendre à perte pour attirer les clients.

Les six précédents ouvrages se sont vendus au total à 325 millions d'exemplaires, et les cinq premiers films qui en ont été tirés ont gagné près de 4 milliards de dollars dans le monde.

Les Nuits Atypiques

Par Joe el Misterioso :: jeudi 26 juillet 2007 à 14:45 :: Livres

Les Nuits sans Sepulveda.
 
Festival. A Langon en Gironde, l’écrivain chilien, hommagé, sera absent.
 
Par éLIANE PATRIARCA, Libération
 
Les Nuits atypiques de Langon (33) Du 26 au 29 juillet. Rens. : 05 57 98 08 45 ou http://www.nuitsatypiques.org
 
Le festival des Nuits atypiques de Langon, dont la seizième édition ­débute aujourd'hui, porte décidément bien son nom. Difficile à classer parce qu’en perpétuelle mutation depuis sa création en 1992 ; singulier parce qu’il mêle, durant quatre jours, découverte des musiques du monde, théâtre, cinéma et littérature dans une insatiable curiosité de l’autre ; citoyen avec ses débats-interrogations sur le monde et sa quête de sens ; surprenant encore parce que la proximité et l’échange restent aujourd’hui encore, malgré l’ampleur de la programmation, les maîtres mots de cette manifestation ancrée au bord de la Garonne. D’ailleurs, à Langon, petite ville à 40 kilomètres de Bordeaux, on voit chaque année les artistes invités s’attarder volontiers après leur prestation pour le simple plaisir des rencontres.
 
Cette année, les Nuits vagabondent et s’ouvrent jeudi sur l’univers des mots : ceux de l’écrivain chilien Luis Sepulveda, attendu en vedette. Né en 1949, emprisonné sous le régime du général Pinochet, libéré en 1977, il vit en Espagne. Il est l’auteur d’une œuvre abondante, marquée par l’engagement politique et écologique et traversée par l’amour des livres.
 
Pour des raisons familiales, Sepulveda a dû repartir d’urgence au Chili cette semaine, et ne sera finalement pas présent à Langon ; le festival s’immergera néanmoins dans son univers, avec la mise en scène ou en musique de trois de ses livres : le Vieux qui lisait des romans d’amour, l’Histoire d’une mouette et d’un chat qui lui apprit à voler et les Pires Contes des frères Grimm.
 
Dès vendredi, et jusqu’à dimanche, la musique entre en scène avec le trio palestinien Joubran, des artistes venus d’Albanie (Trek), du Brésil (Quarteto Atlantico), de Provence et d’Occitanie (Chin Na Na Poun), du Pays basque (Benat Achiary, Ramon Lopez, Philippe de Ezcurra) ou encore des Etats-Unis (Bethany & Rufus), de Hongrie (Romano Drom) et du Japon (Miyazaki Ensemble). Mais aussi l’accordéoniste argentin Raúl Barboza, virtuose du chamamé, musique populaire métissant airs issus des salons européens (polka, mazurka, valse) et culture traditionnelle des Indiens Guarani, le peuple dont il est issu.
 
En alternance avec les concerts, de nombreuses projections : des films sur les artistes présents, comme Samir et ses frères sur le trio Joubran, mais aussi des documentaires, tels We Feed the World, l’âpre et passionnante enquête de l’Autrichien Erwin Wagenhofer sur la faim dans le monde et les absurdes logiques industrielles de la production agricole mondiale; ou le Beurre et l’argent du beurre, sur le commerce équitable et la confusion qui l’entoure ; Abya Yala es Nuestra, autour de l’élection du premier président de la République indien, Evo Morales, en Bolivie.
 
Sans oublier les belles fins de nuits improvisées à l’Estanquet, avec les artistes à l’affiche du festival. 

La Comédie du Livre : bilan

Par Joe el Misterioso :: lundi 04 juin 2007 à 09:53 :: Livres
La Comédie du Livre : « Un succès invraisemblable »

Enthousiaste, Philippe Lapousterle. Hier, en fin de journée, le délégué général de la Comédie du livre a dressé le bilan du « succès invraisemblable de l’édition 2007 ». Henri Talvat est sur la même ligne.
 
L’état des lieux.- « Les auteurs qui viennent pour la première fois à Montpellier font le même constat, indique Philippe Lapousterle. Ils disent tous qu’ils n’auraient jamais imaginé ça, avec des débats aussi nourris. Il n’y a presque plus d’auteur invité qui vienne à Montpellier seulement pour signer ses livres. Tous ont des conférences, des débats... »
 
Pourquoi ça marche ?- Philippe Lapousterle : « On arrive au bout du processus qui a été lancé il y a cinq ans, la sixième année, l’édifice est solide. Comme il se passe quelque chose, les gens en parlent. La médiatisation suit. On ne peut pas tricher avec les fêtes. Pour qu’une manifestation soit suivie, il faut qu’elle soit intéressante, c’est tout. Cette année, on a amené à Montpellier trois des plus grands philosophes français. C’est aussi très important que la BD soit là. Les liens tissés avec le musée sont à développer et, plus globalement l’association du livre à l’art, le concert de Gianmaria Testa et Erri de Luca a magnifiquement lancé la manifestation. Sans oublier l’Italie, il faut apporter énormément d’attention au pays invité. »
 
Henri Talvat : « Il y a un truc formidable qui se passe. Le succès de la Comédie du livre, c’est quoi ? Il y a de l’enthousiasme, de l’énergie. Les gens ont envie de participer, pas seulement de faire. Organiser, c’est bien mais quand les gens s’en emparent, on a gagné quelque chose. En même temps, heureusement que ça marche. Ce sont quand même 500 000 euros qui sont investis. »
 
Et demain ?- « Mieux, ce n’est pas forcément plus grand. D’autant qu’on est limité par l’espace, insiste Philippe Lapousterle. Il faut des choses de haut niveau, donner aux gens ce qu’ils n’ont pas au quotidien à la télévision ou à la radio, créer l’événement. »

Neruda et Valparaiso

Par Joe el Misterioso :: samedi 02 juin 2007 à 15:25 :: Livres
Valparaiso sur les pas de Neruda.

Face à l'océan Pacifique, les maisons du poète sont toujours là.


On dit qu'avant même son arrivée au pouvoir, Michelle Bachelet, la nouvelle présidente du Chili, avait souhaité faire rebaptiser l'aéroport de Santiago du nom de son compatriote Pablo Neruda. Elle n'y est pas parvenue. La bureaucratie n'a pas cédé. L'aéroport de la capitale s'appelle toujours du nom d'un obscur commandant de l'aviation chilienne, Arturo Merino Benitez. C'est ainsi. A Santiago du Chili, il n'y a ni statue ni avenue dédiée au poète chilien, prix Nobel de littérature 1971, disparu moins de deux semaines après le coup d'Etat du 11 septembre 1973. Et pourtant, du désert d'Atacama, au nord, à Valparaiso, - la « Vallée du Paradis » dont le centre historique a été déclaré Patrimoine de l'humanité par l'Unesco en 2003 -, jusqu'à l'extrême sud de l'archipel de la Terre-de-Feu, l'ombre du plus grand poète hispano-américain plane sur cette immense bande de terre qui longe la Cordillère des Andes.

Le ballet des trolleys

« Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso, nous aurons fait le tour du monde », disait Pablo Neruda de ce port qui ressemble à une « baleine blessée ». C'est vrai. Il flotte déjà une impression de bout du monde, un pressentiment de grandes traversées, un parfum d'île de Pâques et de Patagonie, sur les quais de Valparaiso, troisième port d'Amérique latine, après celui de Santos au Brésil et de Buenos Aires en Argentine. Il y a seulement une heure de voiture (et 113 kilomètres) entre Santiago et Valparaiso. Mais il y a une distance indéfinissable entre la capitale chilienne, prisonnière de ses montagnes neigeuses, et sa voisine, ouverte sur le Pacifique qu'on domine d'un peu partout, la ville étant tout en hauteur. « Le port est un débat entre la mer et la nature évasive des cordillères », disait l'ami de Garcia Lorca et de Picasso dans « J'avoue que j'ai vécu » (1). On se perd volontiers dans ses escaliers, ses collines aux noms allègres : Coteau-Papillon, Coteau-Polanco, de l'Encoignure, des Troglodytes, du Pénitencier... Sur l'avenue Argentina, où trône le bâtiment stalinien du Parlement, transféré à Valparaiso par Pinochet en 1990, le ballet des trolleys jaunes et verts bat son plein.

Pour un peu, on manquerait presque l'entrée du Bar Inglés, tant elle est discrète. C'est là que se donnaient rendez-vous les marins des cap-horniers avant qu'on ne creuse le canal de Panama. De ce fameux tripot aux murs jaunis par la fumée des pipes, où le vernis des tables est usé par les paumes des joueurs de cartes, des générations de marins sont partis à la chasse aux baleines du Pacifique ou à la conquête de l'or de Californie. Sur un tableau en bois sont restés affichés les horaires de départ et d'arrivée des bateaux et la grande salle est encore ornée des photos sépia de la famille royale britannique. Après tout, n'appelle-t-on pas les Chiliens « les Anglais de l'Amérique latine » pour leur goût immodéré du thé et des pelouses taillées au cordeau ? Dans les toilettes des messieurs, un subtil jeu de miroirs grossissants permet d'ajuster le tir en cas de cuite trop sévère.

Le sanctuaire du poète

Un peu plus loin, les amateurs de musique ne manqueront pas de faire une halte à la Piedra Feliz, étrange cabaret baroque, baptisé du nom du rocher mythique d'où les amoureux désespérés avaient coutume de se jeter, à Las Torpederas, sur une plage voisine de Valparaiso. Tango, jazz, salsa... on trouve de toutes les musiques « live » à la Piedra Feliz où les filles sont réputées pour leur tempérament. Il faut emprunter un « ascenseur » - il y a une cinquantaine de ces funiculaires noir et rouge qui gravissent les collines - pour flâner dans les ruelles de Valparaiso. De préférence à la tombée du jour ou au petit matin. C'est à ce moment-là que l'on apprécie le mieux le kaléidoscope des couleurs des maisons où l'amarante le dispute au jaune, ou le cobalt au carmin... Plus on monte, plus c'est pauvre. « Là haut, sur les falaises, la misère fleurit à gros bouillons frénétiques de goudron et de gaieté. En bas, les grues, les embarcadères, les travaux de l'homme couvrent la ceinture de la côte d'un masque peint par le bonheur fugitif. »

L'atmosphère des rues de Valparaiso a bien changé depuis cette année 1973 où la maison de Neruda, la « Sebastiana », construite sur les hauteurs de la ville, fut saccagée et les livres du poète jetés aux flammes par la police secrète de Pinochet. De la « Sebastiana », on jouit d'une vue imprenable sur la baie de Valparaiso et son ballet incessant d'appareillages pour le Pacifique sud, la Patagonie ou l'île de Pâques. Aujourd'hui, on croise encore quelques patrouilles de policiers harnachés, surnommés les « Ninjas », qui contrôlent nonchalamment les fumeurs de cannabis. Mais les cafés branchés et les restaurants végétariens exotiques fourmillent désormais dans le quartier de Cerro Alegre. Comme à Venise, on circule dans un monde de BD où les personnages réels ressemblent à des figures stylisées.

Le jour du coup d'Etat, ce 11 septembre (un autre !) 1973, où le putsch militaire a renversé le gouvernement de son ami Salvador Allende, Pablo Neruda était dans sa maison d'Isla Negra, l'Ile Noire, à une quarantaine de kilomètres au sud de Valparaiso. Atteint d'un cancer, il est mort deux semaines plus tard. On dit que le chagrin de voir son pays humilié par la dictature aurait accéléré son passage de la vie au trépas. Le domaine d'Isla Negra, construit sur une côte sauvage de sable doré et de rochers sombres, était sa maison préférée, là où sa dépouille a été transférée en 1992, face au Pacifique, à quelques mètres de la plage. C'était son sanctuaire aussi, où il a collectionné ses « jouets » tout au long de sa vie avec « l'intention scientifique de se distraire ». Son havre de paix où il recevait ses amis : le mime Marcel Marceau, l'écrivain guatémaltèque Miguel Angel Asturias, Vargas Llosa et sa femme, Carlos Fuentes... Avec eux et avec tant d'autres, celui qui fut consul du Chili à Rangoon, Java ou Singapour... aimait à prendre l'apéritif sur une petite barque modeste solidement arrimée sur sa terrasse.

Si l'on parvient (difficilement) à semer Doris - le dragon de gouvernante tout droit sorti d'un roman de Jane Austen qui fait office de guide -, la visite d'Isla Negra peut se révéler une exploration étonnante du musée personnel du grand poète chilien. « L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup », confessait-il pour justifier sa coupable manie. Centaines de bouteilles de verre, masques africains ou asiatiques, coquillages, maquettes... mais surtout prodigieuses figures de proue, héritées des naufrages : on trouve de tout à la maison d'Isla Negra. A première vue, cette maison de pierre un peu tarabiscotée, avec ses terrasses en escalier et sa locomotive rouge dans le jardin, n'a rien d'exceptionnel. A part sa vue plongeante sur les vagues de l'océan Pacifique. Mais chaque pièce renferme un trésor de poésie. Il n'y a pas que ses voiliers miniatures, achetés à Anvers ou à Marseille, et enfilés dans leurs bouteilles marines. Neruda aimait aussi les anges, les scarabées, les banjos, les statuettes de l'île de Paques... Un jour, en guettant l'océan avec sa longue vue, il dit à sa femme : « J'ai un nouveau bureau qui arrive ! » Une magnifique porte de soute d'un navire polie par la mer dont il fera son écritoire favori.

Les pleurs de Marie-Céleste

Mais ses créatures préférées, ce sont ses figures de proue, ces « effigies de l'océan perdu » qu'il a collectionnées avec un flair magistral. « Déesses à demi-nues ou matrones républicaines coiffées du bonnet phrygien... » La plus petite s'appelle Marie-Céleste et Salvador Allende a souvent essayé de la lui extorquer. Tous les ans - effet naturel de la condensation et de l'humidité qui pénètre la porosité du bois ? -, Pablo Neruda prétendait voir ses yeux de faïence pleurer des larmes précieuses l'hiver venu. Avec Matilde Urrutia, sa troisième et dernière femme, il avait placé la plus grande dans son jardin, face à la mer. Mais il dut la retirer lorsqu'il découvrit que quelques bigotes du coin avaient pris la grande statue solennelle pour une réincarnation de Gabriela Mistral, la grande poètesse chilienne, prix Nobel de littérature en 1945.

« En réalité, Pablo Neruda (de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto) collectionnait tout, même les chaussures ! Quand il était ambassadeur du Chili à Paris, Pompidou lui avait offert une DS », confie l'un de ses petits-neveux qui fait encore aujourd'hui visiter « L'Ebouriffée » (la Chascona), sa maison de Santiago. La plus modeste - elle aussi mise à sac par les militaires après le coup d'Etat -, mais la plus émouvante aussi, avec le portrait de Matilde par Fernand Léger et son étonnante collection d'objNets du décorateur italien Piero Fornasetti, spécialiste du trompe-l'oeil et des objets rares en noir et blanc. Dans sa bibliothèque de la Chascona, on peut embrasser du regard les éditions originales de ses 48 recueils de poèmes publiés en un demi-siècle : depuis les « Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée », pour la première fois édités à l'âge de vingt ans, en 1924, jusqu'au « Memorial de l'Ile Noire », en partie écrit à Capri, et sa superbe autobiographie, « J'avoue que j'ai vécu », commencée deux ans avant sa mort. Le poète était aussi un grand fan de Simenon dont il a conservé pieusement les premiers livres. Avec sa casquette à la Jacques Prévert et sa pipe au bec, Pablo Neruda n'était pas un Adonis. Mais il plaisait aux femmes. « Il avait une personnalité agréable et beaucoup de charme. Ce n'était pas un type odieux et inaccessible. Il était jovial et communicatif. On dit d'ailleurs que la littérature produit parfois un effet érotique », explique son ami et biographe, Volodia Teitelboim (2).

On raconte que lorsqu'André Breton débarqua, pour la première fois, à Valparaiso, pour rendre visite à Pablo Neruda, il s'exclama : « Pablo, this is surrealism ! », « This is realism from the Sur (le Sud), which is different », lui répliqua son ami chilien.

PIERRE DE GASQUET

Comédie du Livre de Montpellier

Par Joe el Misterioso :: vendredi 01 juin 2007 à 07:58 :: Livres
A Montpellier, livre et BD refont ensemble la Comédie.
 
Et si la Comédie du Livre de Montpellier s'imposait comme le premier rendez-vous régional de la BD ? C'est un retour en force que va y faire le Neuvième Art, dès vendredi et jusqu'à dimanche, après divers trous d'air.
 
Les bulles et les cases retrouvent droit de cité non seulement grâce à la perspicacité et la sagacité des libraires spécialisés mais aussi à leur côté incontournable dans l'univers commercial du livre et de l'édition. Enfin, l'implication d'un Grand Prix d'Angoulême, en la personne du Montpelliérain Lewis Trondheim, présent sur la Comédie, n'est pas non plus étrangère à ce renouveau.
 
Une soixantaine d'auteurs seront donc en rencontres et en dédicaces sous les platanes de l'Esplanade. Il y en aura pour tous les goûts, de l'aventure à l'humour, du manga au fantastique. Romans graphiques, jeunes talents, BD jeunesse, grands noms ; Azimuts, Sauramps, Album, Gibert ou Ikoku, le choix des libraires a été volontariste et intelligent.
 
On retiendra en particulier Anne Simon qui, avec son album les Petites Prouesses de Clara Pilpoile, chez Dargaud, aventures rocambolesques d'une écrivain public amoureuse d'un roi de la F1, est l'une des découvertes de l'année. « Chaque planche devait se suffire à elle-même. Et la vie de Clara n'est pas une autobiographie. J'ai glané des anecdotes. C'est une fille de son époque mais je n'aurai pas vraiment aimé lui ressembler », confiait récemment Anne Simon..
 
Et puis, il y aura aussi Jacques Ferrandez pour le tome 9 de ses Carnets d'Orient, chez Casterman, chronique de la présence française en Algérie. Franck Bourgeron, habitué de la Comédie, sera lui présent avec son adaptation tout à fait réussie et poignante de Pierre Loti, Aziyadé chez Futuropolis. Matthieu Lauffray pour Long John Silver (Dargaud) pourra raconter comment, avec Dorison au scénario, ils ont finalement donné une suite remarquée à l'Île au Trésor. Olivier Berlion, avec Tony Corso détective atypique, rencontrera Krassinsky et son émouvant Singe qui aimait les fleurs sur le même stand.
 
On peut dire encore qu'Émile Bravo qui a illustré Ma maman est en Amérique, sera aux côtés de Jim, Igort, Eric Corbeyran ou l'ex-Nîmois David Sala dont la série chez Delcourt, Nicolas Eymerich inquisiteur, s'est imposée. Un clin d'œil encore à un dessinateur flamboyant, fou de Lautrec, Gradimir Smudja. Son Bordel des Muses (Delcourt) est une ode à l'impressionnisme bourrée de talent et d'humour. Tronchet, Lapeyre, Nhieu, Gaston et Fenech entre autres pour les régionaux, c'est vraiment la plus belle affiche que la Comédie pouvait proposer. La BD fête son retour en fanfare sur la Comédie. Cela lui était dû.
 
Jean-Laurent TRUC, Midi Libre

Richard Bohringer.

Par Joe el Misterioso :: mercredi 30 mai 2007 à 10:01 :: Livres
Bohringer, homme de lettres et de notes.

Tout d'un bloc. « La littérature, la musique, le cinéma, tout est lié chez moi mais je vous avoue que mon centre de gravité a bougé ces derniers temps. »
Richard Bohringer est sans détour. Bien loin de Cannes, en tout cas ces derniers jours. L'artiste se souvient des fêtes sur la Croisette, du bonheur de présenter un film et de penser au prochain, ou tout simplement d'être comme « un adolescent en quête de rêve ». Mais sans nostalgie envahissante. Avec du plaisir même de voir "ses potes" à la télé. Pour l'instant, Richard Bohringer vit dans un autre monde.

Celui qu'il décrit dans ses Carnets du Sénégal, par exemple, co-écrits avec Virginie Broquet. Bohringer l'écrivain y renoue quelque part avec sa soif d'existentialisme. Quand il parle du Sénégal dont il a la nationalité depuis 2002, il parle de sa « vraie histoire » avec l'Afrique, le Sénégal mais aussi le Tchad, le Mali. « Rien n'est banal là-bas. Avant de préciser : Les humains y sont vraiment supers. Nous les blessons à mort actuellement. C'est terrible. Mais je ne pourrai jamais me taire, quelles qu'en soient les conséquences. C'est déchirant. Comme ce qui se passe en France. Il ne faut pas oublier que des gens ici ont faim aussi. »

Un combat contre la banalité en quelque sorte que l'on retrouve également chez Bohringer le musicien, avec son groupe Aventures. Ces musiciens chevronnés l'accompagnent depuis cinq ans dans un concert spectacle inspiré par les deux bouquins, Le bord intime des rivières et C'est beau une ville la nuit. Là aussi, la rencontre musicale entre blues, funk, jazz west coast et musiques latines souligne l'ouverture et les émotions que toutes les rencontres peuvent provoquer. Évidemment à vivre avec ses tripes.

Comédie du livre, galerie Dominique-Bagouet, dimanche 3 juin, à 15 h.

Antirouille, 12 rue Anatole-France, dimanche 3 et lundi 4, à 20 h 30. 15 € (en prévente) et 18 €. 04 67 06 51 68.

Ch. G. Midi Libre

La Comédie du Livre

Par Joe el Misterioso :: mercredi 23 mai 2007 à 10:39 :: Livres
Comédie du livre, bouillon de culture italienne à Montpellier.

Un concert au Corum en ouverture, une rencontre BD en clôture : le programme de la 22e Comédie du livre, qui invite les auteurs italiens les 1, 2 et 3 juin, innove et cultive ses classiques. « Il n'y a pas de bonne fête du livre sans nouveauté.
Pour qu'un événement se survive, il faut qu'il aille de l'avant », a lancé, hier, le délégué général Philippe Lapousterle, lors de la conférence de presse de présentation, aux côtés d'Hélène Mandroux, de son adjoint à la culture Henri Talvat, Jean-Marie Sevestre, représentant des libraires, pivots de l'organisation. Enfin, Hélène de Chabert a donné le programme des cafés littéraires. Le rendez-vous est désormais incontournable, avec 21 rencontres prévues au fil de 13 cafés à thème, de la théologie à la philosophie, des ethnologues à la poésie. Sans oublier I Dilettanti, rompu aux manifestations dédiées à l'Italie.

Peu d'évolution dans les chiffres clés : la Comédie du livre, c'est 2 700 m² de stands, 150 animations, 110 000 visiteurs, 350 auteurs, dont 14 Italiens : Erri de Luca, Silvia Bonucci, Roberto Innocenti, Simonetta Greggio... (1) Toujours les grandes rencontres, animées par Philippe Lapousterle, et les traditionnels entretiens littéraires. Des nouveautés testées l'an dernier sont reconduites : la Friche, espace de découverte de jeunes auteurs et de débats non conformes ; le crieur dira aussi au porte-voix, dans les allées, les vers des visiteurs inspirés...

Côté nouveautés : le retour, unanimement salué, de la BD, avec 50 auteurs réunis dans un même espace ; les Italiens sont aussi rassemblés en un même lieu, gage « d'une meilleure lisibilité », se félicitent les organisateurs ; sur le stand de la Ville, un écran géant diffusera des rencontres en direct ; la e-comedie se déplace dans l'espace multimédia du musée Fabre ; des animations se rajoutent au calendrier, comme la soirée inaugurale, au Corum, le 31 mai, avec Erri de Lucca sur scène. Et la lecture des textes de son compatriote Claudio Magris par la comédienne Fanny Cottençon (1er juin), « ce n'est pas une concession faite au show-biz », insiste Philippe Lapousterle. Qui mettra encore l'accent sur un premier rendez-vous au musée Fabre : les 2 et 3 juin, les écrivains Dominique Fernandez et Adrien Goetz commenteront des toiles de peintres au public.

Dernière particularité : les rencontres philosophiques, vendredi avec Luc Ferry, dimanche avec André Comte- Sponville et Raphaël Enthoven.


« On dit que chaque édition est mieux que la précédente, ce n'est pas cette année que la limite sera trouvée,
conclut Philippe Lapousterle, avec toujours un même souhait : Que chaque personne, qu'elle apprécie ou non le livre, y trouve à voir, entendre ce qu'elle aime. »

S. G. (1) Tout le programme sur http://www.comediedulivre.montpellier.fr

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