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Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone:
cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos.
Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.
Comment un fils de pompier se met-il à la harpe ? La question ne tarde pas à venir en voyant Baby Dee, tout dernier bébé de l’année 1953 né entre deux usines chimiques à Cleveland (Ohio) - pour une baignade dans le lac, enjamber le tas de poissons morts… «Il y avait un piano dans la rue. Mon père est allé le désosser à coups de barre de fer. Très impressionnant : il ne restait que les cordes. J’ai touché : un son inouï…»
Terre vierge. On ne s’attardera pas sur le rapport du père à la musique. Même s’il demeure une influence majeure («C’est lui qui m’a appris à chanter. Ça ne lui ressemblait pas du tout. Ça a duré une minute. C’est resté»), on préférera le fils (devenu fille), original chez les originaux, fan du compositeur Renaissance Palestrina, qui déroule un air de cabaret sur une terre vierge entre Kurt Weill, Nino Rota et Robert Wyatt.
On ne comprend pas tout ce qu’il/elle raconte dans son mysticisme symboliste. Qu’il fut un «ours» quand il habitait une chambre de bonne rue Saint-Honoré, vers 1975, puis un «chat» dans ses freak shows donnés partout ensuite sur un tricycle. «Transgenre» comme ils disent, Baby Dee a dansé en marge de tout, chef de chœur dans une église du Bronx puis harpiste sur le premier album d’Antony & the Johnsons ; saltimbanque non moins croyant (lignée de catholiques irlandais), il n’avait aucun compte à rendre.
Et alors ? Il vient de troquer cette «liberté merveilleuse» contre quelque chose de différent : un album - son troisième - produit par le gourou folk Bonnie Prince Billy. «C’est la première fois que je ne faisais pas tout pour moi. La plupart des gens ont des enfants et leur vie en dépend. Moi, je ne connais pas cette expérience. Je pouvais aller partout avec mon tricycle. C’est très inhabituel, un tel degré de liberté.»
Ça rend seul aussi. Rencontré durant la tournée de l’album Superwolf, le prolifique Bonnie Prince Billy (Will Oldham à la ville) a joué ce rôle de producteur dont les artistes pensent toujours pouvoir se passer. Il a convaincu Baby Dee de s’attarder sur ses dernières chansons, d’une noirceur qui l’effrayait. «Mon épiphanie sombre, dit Baby Dee. Will m’a poussé à m’enfoncer tête baissée dans cette obscurité. L’épiphanie, ce n’est pas qu’une chose jolie. Ça peut être très étrange, quand la lumière disparaît, ce sentiment de perdre la foi dans un flash, comme un enfant qui hériterait de l’amertume de ses parents.»
«Douloureux». Si la chanson est une religion, Baby Dee a eu la foi sur le tard. Il s’y est mis à 45 ans. Premier couplet dans la maison d’Anne Frank à Amsterdam. «Je n’avais jamais fait le touriste, même pas la tour Eiffel à Paris. Là, l’endroit était si chargé… Alors, j’ai lu son livre. Ça a eu l’effet d’une vague qui oblitère tout le reste… Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais je ne pouvais plus me borner à une vie de sketchs. Ç’aurait été comme "les" abandonner dans les camps. C’était si douloureux que je me sentais enfin en vie. J’ai donc tout arrêté et suis allé rendre visite à ma mère.»
Pendant quatre ans, Baby Dee est resté dans l’Ohio, pour écrire. Il n’y avait quasi jamais remis les pieds pendant trente ans. Il y a repris le fil de son histoire, formulé la difficulté d’affronter le jour suivant à défaut d’être éternel, fouillé le doute, remué les souvenirs mauvais. «Je voulais arriver dans un endroit où j’aurais envie de vivre un autre jour, à nouveau. Je pense que j’y suis arrivé. Mais ça a été un sacré voyage.»
Voix douce haut perchée, voilà la ballade du roseau penchant : Safe Inside the Day. Avec une harpe, un piano, un violoncelle et un peu de barnum autour, c’est beau.

Cat P, alias Chan Marshall, possède une voix râpeuse, une petite fêlure dans les graves et une puissance, malgré tout, qui lui permettent la plus grande liberté : celle de transformer New York New York, le standard épique, en objet intimiste, ou de rebaptiser et réécrire Ramblin’ Man de Hank Williams, qui devient ici Ramblin’ (Wo)man. Il en faut, du talent, pour qu’à l’écoute on se mette à douter de la justesse mélodique des morceaux originaux, leur préférant souvent, et de loin, les arrangements et l’interprétation de la Catwoman d’Atlanta.
Chan Marshall est aussi cette fille tellement talentueuse et barrée qu’elle ne se révèle pas vraiment fiable sur scène - pouvant s’y montrer sublime ou pathétique. Après les vieilles légendes de la soul de Memphis, sortis de leur retraite pour l’accompagner sur scène l’an dernier, elle se produit cette fois-ci en formation plus restreinte, avec les garçons du Dirty Delta Blues.
Au fait : ce soir, Cat Power fête ses 36 ans. Il faudrait, au moins, que son public de fans (c’est complet depuis des lustres) lui chante un joli air. Nos vœux les plus sincères.
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| Crédit Photo : Polydor | |||
| Morley | |||
David STRAUS - le 14/01/2008 - 16h41
Morley. Seen. Polydor.
Morley, petite fille du Queens jamaïcain, veut devenir danseuse. Elle décroche une bourse. Mais une blessure l'empêche de poursuivre sur cette voie. Qu'importe elle fera danser les autres. Un temps. Morley aurait pu sortir son premier album il y a dix ans. Sun Machine est bouclé. Nouveau coup du sort, le label qui le produit doit mettre la clé sous la porte. Son premier disque attendra. Elle se produit dans des salles, dans des festivals, participe à une comédie musicale. Un temps. Puis elle enseigne le yoga. Un temps. Morley porte sa vie dans ses textes doux et ciselés, dans sa voix chaude, légèrement égratignée, qui rappelle celle de Tracy Chapman.
Days like these, en 2006, avait révélé le beau talent de cette jeune femme blonde. Seen, son nouvel album, le confirme. Enregistré en studio à New York, l'opus s'ouvre sur Somebody new, un slow tout droit sorti des années 50. Temporary lighthouses, et sa guitare aux accents country, fleurent bon les étendues du Grand-Ouest américain. Même parfum pour No Evidence qui raconte le sort de jeunes femmes soldats, abusées par leurs officiers en Irak.
"Je crois en une chose : la gentillesse"
A bien y songer le folk de Morley mérite moins son qualificatif d'urbain que celui de Joni Mitchell. Seen a perdu en dépouillement et répond un peu plus aux goûts d'un large public américain. Guitares country, mandoline, percussions reggae, arrangements un peu insistants, on avait déjà connu cette évolution, dans le jazz, avec Norah Jones : les deux artistes ont pour producteur Jay Newland.
Fidèle à ses débuts, Morley s'inscrit dans la longue tradition du folk engagé, sinon contestataire. On a déjà évoqué No Evidence. Il y aussi Crimes in the garden qui dénonce l'instrumentalisation des enfants dans les conflits. "Tous les conflits, précise la chanteuse, des plus guerriers aux plus courants, tels ceux entre maris et femmes, lors des divorces". Behind the rim évoque les dépendances. "Pour changer quelque chose dans la vie, il faut être capable de l'affronter". C'est ça Morley : résolument positive. "Je crois en une chose, la gentillesse."
Tokio Hotel - Zimmer 483, Live. Double DVD (sorti en novembre). Polydor. 29,99 euros
Les Tokio Hotel, c'est plus qu'un groupe de rock pour ados en mal d'identité, c'est un phénomène à eux tous seuls. Au point que la jaquette du DVD précise (en anglais...) que les sous-titres sont proposés en anglais, français, espagnol mais aussi polonais. Ça aide, quand on n'a pas fait comme les jeunes fans : apprendre l'allemand pour comprendre leurs chansons...
C'est donc parti pour une heure et quart dans l'univers des Tokio Hotel, avec le concert à Oberhausen, en Allemagne, et les coulisses de la tournée européenne. Les jeunes rockers allemands déchaînent les foules au féminin et font le plein à chaque concert. Les groupies ont fait la queue plus de 30 heures et s'habillent comme Bill...
Tout cela on le savait.
Côté pile, côté face
Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'à Paris, les Tokio Hotel sont passés en 3 mois d'une salle de 350 personnes (le Tarbendo) à 6000 au Zénith. Qu'ils sont scatos. Qu'ils jouent à l'avion téléguidé, au babyfoot, à la Playstation, et ping-pong "quand le show s'est bien passé". Que Bill est "égoïste" parce qu'il refuse de porter plus que son instrument de musique, soit son micro. Que Tom voyage avec une valise remplie de casquettes différentes pour recouvrir sa longue chevelure de rastas.
Que Gustav, le seul à avoir les cheveux courts est aussi le seul à ne pas être nerveux avant un concert. Du moins en apparence. Car il "perd 3 kilos (?) de liquide pendant un concert". Qu'en revanche le stress de Georg se traduit en fatigue, qu'il fait donc un somme sur le canapé avant le concert. Que certaines fans ont loué une caravane pour suivre le groupe dans sa tournée européenne. Que Bill signe des autographes sur la poitrine des filles.
Tout cela, c'est dans le 2e DVD.
David STRAUS - le 07/01/2008 - 12h04
Rooney
Calling the world
Polydor
Il y a quelque
temps, les types de Rooney usaient encore leurs jeans sur les
bancs de la fac à Los Angeles. Ils sortent aujourd'hui leur second album,
Calling the world, avec la quasi certitude de faire aussi bien que les
400.000 exemplaires vendus de leur premier opus éponyme.
Leur pop-rock ensoleillée, résolument joviale, et
les textes positive attitude rédigés par le chanteur Robert Schwartzman
ont tout pour emporter l'adhésion des plus jeunes et - mieux - conquérir les
playlistes des radios.
Et si les douze titres de Calling the
world laissent comme une impression de déjà-vu ou plutôt de déjà-entendu,
c'est normal : Rooney est un groupe sous influences. Des
pilleurs de tombes, accusent certains. Les mélodies rappellent les Beach Boys, les titres rock évoquent Blur,
notamment, et quelques rythmiques sonnent comme du David Bowie dans les années 80. Les cinq
s'aventurent même dans un mini-opéra rock avec I should've been after
You : du tout Queen.
Rooney n'amène rien de bien neuf. Mais il le
fait avec talent. Alors pourquoi s'en priver ?
es DJ avaient sauvé le disque vinyle à la fin des années 1980. Ils sont les premiers à l'enterrer définitivement le disque en ce nouveau siècle. Alors que les ventes de musique digitale peinent à décoller, les disc-jockeys se sont eux massivement convertis à la musique en fichiers. "Tout a vraiment basculé cet été, raconte DJ Chloé, dix ans de carrière entre Paris, Cologne, Londres ou Lisbonne. Jusqu'alors j'avais pu résister à la tendance du tout-numérique, mais c'est devenu impossible. Je ne reçois tout simplement presque plus de disques, CD ou vinyles."Lors de l'édition 2007 du festival des Transmusicales de Rennes, début décembre, le vinyle était d'ailleurs porté disparu, ou presque. De Girl Talk, jeune DJ armé de son seul ordinateur portable, aux deux gamins italiens de Bloody Beetroots qui brandissaient leurs rares CD comme des reliques, il n'y en avait que pour le mixage numérique.
A l'origine de ce mouvement, le passage au digital de nombreux labels face à la baisse des ventes depuis le début des années 2000. Presser des quantités de vinyles pour assurer la promotion d'un maxi qui se vendra en moyenne à 1 500 exemplaires devenait suicidaire. Sans compter les frais postaux. Le téléchargement permet de faire écouter le titre à tous les DJ du monde, en un clic.
Etienne de Crécy, DJ et producteur indépendant, s'est offert le plaisir d'une dernière pochette au format vinyle pour son nouveau maxi, Funk. "C'est la dernière fois, dit-il. Désormais, je me contenterai du fichier. Le support physique, même CD, n'est plus rentable. Et puis la musique en ligne permet aussi de sortir des projets qui n'auraient jamais vu le jour." Il vient ainsi de publier un concert de trente minutes qu'il a donné au château de Versailles en juin 2007. "Six titres, c'était trop court pour espérer sortir en CD. En téléchargement, ça vaut le coup."
Les DJ ont leurs boutiques en ligne : Beatport est la plus célèbre. L'équivalent des magasins très spécialisés qu'ils fréquentaient avant. Les morceaux ne sont pas en fichiers MP3, mais en MP4 ou WAV, des formats plus lourds, mais de meilleure qualité sonore. "La différence, c'est qu'on ne croise plus les copains", regrette Chloé.
"ON SE NOIE"
Elle télécharge beaucoup. A 2 ou 3 euros le morceau, c'est plus avantageux que les maxi vinyles qui contenaient pour 8 ou 10 euros trois ou quatre titres, dont certains ne plaisaient pas forcément. "Le plus perturbant, au départ, c'est la quantité de musique qui nous arrive sur l'ordinateur. Entre ce qu'on télécharge et ce que les labels envoient. On se noie véritablement, et pourtant notre métier nous apprend à écouter vite. Je commence tout juste à trouver mes repères."
La transition ne s'est pas faite sans douleur pour les plus anciens, mais le passage au CD avait préparé les esprits. Longtemps tabou dans la profession, le mix avec les CD s'est généralisé ces dernières années. Les DJ "commerciaux" ont été les premiers convertis.
Moins encombrant, le CD a aussi bénéficié des avancées techniques des platines professionnelles qui, tout en reproduisant les sensations d'un mix avec des disques vinyles, l'ont libéré de ses contraintes en lui ajoutant quelques atouts : possibilité de scratcher (une technique a priori indissociable du vinyle puisqu'il s'agit de faire crisser le diamant sur le sillon), calage au tempo automatique, possibilité de faire des boucles, de ralentir la vitesse sans changer de tonalité (et donc de mélanger des disques incompatibles auparavant).
LA BONNE OREILLE
Le mix numérique va encore plus loin. Le DJ peut séparer les pistes audio d'un morceau ou mélanger un nombre infini de sources sonores. Les platines sont désormais virtuelles, sur l'écran de l'ordinateur, pilotées par une petite console autonome.
"La véritable difficulté, explique Etienne de Crécy, c'est de se repérer dans sa discothèque numérique. Avec les vinyles ou les CD, on ne retenait pas les noms de morceaux, mais la couleur du disque, sa pochette. On écrivait des choses sur l'étiquette centrale, des aide-mémoire. Avec l'ordinateur c'est impossible. J'ai encore du mal à passer à cette étape."
Côté hip-hop, on ne rencontre guère de résistances. Des techniques qui nécessitaient des années d'apprentissage sont accessibles au premier venu. Reste à avoir la bonne oreille. Bien sûr, il y a les réfractaires, comme Jeff Mills, pionnier de la techno de Detroit, qui déclare régulièrement qu'il ne mixera jamais de CD, encore moins de fichiers numériques.
Figure du deejaying, Jeff Mills peut encore imposer ses choix, mais comme l'a remarqué Etienne de Crécy, les clubs ne renouvellent même plus les platines vinyles. "Souvent, elles sont rangées dans le placard, il faut demander de remplacer le diamant. A force, ça lasse."
Surtout, le mix numérique a un ultime allié de choix : la sciatique chronique qui fait des ravages chez les DJ à l'approche de la trentaine. Un sac de disques trop lourd vient encore d'avoir raison de Manu le Malin, grand nom de la techno hardcore, cloué au lit cet automne.
'était le concert du siècle où il fallait être. La reformation de Led Zeppelin, vaisseau amiral du hard-rock, pour un soir, lundi 10 décembre, à l'O2 Arena, de Londres, lors d'un hommage à Ahmet Ertegun, patron de la maison de disques Atlantic. Sur scène Robert Plant, chant, Jimmy Page, guitare, John Paul Jones, basse et claviers, et Jason Bonham, batterie, fils de John, dont la mort, le 25 septembre 1980, avait entraîné la dissolution de la formation britannique. Pour l'instant pas de CD ou de DVD en vue, ni de tournée.Mais depuis quelques jours, revivre l'événement est possible en quelques clics sur Internet. Mots-clés "Led Zeppelin + 02 Arena". Sur des plates-formes de partage, des pages personnelles ou des sites de vidéos, circulent une vingtaine d'enregistrements audio et une cinquantaine de films courts captés avec des téléphones portables ou des caméras vidéo. Le son est en audience quality, des enregistrements réalisés au milieu du public, les images prises de loin avec des zooms tremblotants.
Aux temps anciens du disque pirate, dans les années 1960 et 1970, il fallait plusieurs semaines ou mois pour dégotter, à prix d'or, ces enregistrements de concerts illégaux. Aujourd'hui, l'acquisition est possible, parfois quelques heures après la fin du concert, et ne coûte rien... Dans le même temps, la folie Led Zeppelin sur Internet exhume d'autres enregistrements historiques. Certains sous l'appellation de liberated bootleg, les pirates libérés. Soit un piratage des pirates, puisqu'il ne s'agit pas de commercialiser ces raretés mais de les copier dans une sorte de "chaîne de l'amitié". Dans l'édition de janvier du mensuel Rock & Folk, qui consacre un dossier aux bootlegs de Led Zeppelin, est présenté un enregistrement du 2 avril 1973, au Palais des sports de Saint-Ouen, qui s'arrête brutalement lors de "l'intervention de l'équipe de Peter Grant". Le manager du groupe, mort le 21 novembre 1995, traquait alors les amateurs dans les salles de concerts, réglant leur sort de manière expéditive. Internet lui aurait probablement donné plus de mal... mais il n'aurait pas dédaigné détruire le premier ordinateur à portée de main.
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| Crédit Photo : INTERNE | |||
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Le spectacle sera diffusé sur le site du groupe Radiohead.tv mais aussi sur les chaînes américaines et britanniques Current TV et le site associé Current.com selon BBC News. Le chanteur Thom Yorke a annoncé que la vidéo sera disponible sur le site de Radiohead à partir de minuit GMT (une heure du matin heure française). Le site Current.com la diffusera à minuit, heure américaine.
Thom Yorke a précisé que la vidéo montrera les membres du groupe jouant "quelques chansons et autres morceaux". Il a également écrit sur le site de Radiohead : "C'est une petite célébration pour la sortie, concrète et physique, du nouvel album, In Rainbows". Ce dernier sortira en CD le 31 décembre au Royaume-Uni et le 1er janvier aux Etats-Unis, après avoir été mis en ligne par le groupe dès le mois d'octobre.
concert
Thurston Moore, bruitiste toujours.
Michi-Hiro Tamaï
Porte-voix de Sonic Youth, Thurston Moore revenait ce lundi à Bruxelles, presque un an jour pour jour après un passage aux Halles de Schaerbeek. Cette fois, le leader du groupe rock bruitiste n'était pas accompagné de ses habituels comparses, mais défendait à l'Ancienne Belgique "Trees Outside The Academy" son deuxième album solo. Effort studio déboulant douze ans après le ténébreux, cacophonique et expérimental "Psychic Hearts", le nouvel opus présente un visage folk et acoustique plus doux. Sage, diront certains.
N'empêche que sur scène, Thurston, s'il joue de la guitare sèche, ne peut réfréner cette envie compulsive de gratter comme un possédé. Une relation presque sexuelle, appuyée par la rythmique frénétique de Steve Shelley. Le batteur de Sonic Youth ne calme donc pas le jeu et c'est à peine si l'on distingue le violon de Samara Lubelski, pourtant bien exposé sur les pistes de "Trees Outside The Academy".
Après quelques moments de bravoure, Thurston et ses musiciens marquent une pause. L'occasion pour lui de remercier le public de ne pas être allé à Londres assister au concert de Led Zeppelin qui se déroule le même soir. Et surtout de critiquer au vitriol le nom sponsorisé du stade où se tient la prestation. Reprenant le cours normal de la soirée sur "Fri/End", le chanteur aux cheveux mi-longs bardé d'un T-shirt promotionnel pour son petit label "Ecstatic Peace" finit par présenter Steve Shelley au public, entièrement conquis. D'autant que le son puissant, précis et parfaitement maîtrisé flatte les oreilles dans la salle.
Se terminant sur l'instrumental et hypnotique "Trees Outside the Academy", la prestation fait sans surprise l'objet d'un rappel très insistant de la part des spectateurs.
Salves de "Psychic Hearts"
Alors que le leader de Sonic Youth s'était tenu à ne présenter pendant une cinquantaine de minutes que des extraits de son nouvel album, il offre en bonus des salves de "Psychic Hearts". Un flash-back d'une dizaine d'années, appuyé cette fois par la guitare électrique de Thurston, savamment torturée sur les rythmes syncopés de "Queen Bee and Her Pals". "Feathers" et "Patti Smith Math Scratch" ne semblent pas recueillir les faveurs du public, assez perdu dans le répertoire de cet album plutôt méconnu. Pourtant, les deux morceaux sont joués avec force et conviction.
Un rappel éclatant donc, d'une vingtaine de minutes, qui se conclura par une version dépouillée de "Psychic Hearts" interprétée en duo par Thurston Moore et Steve Shelley.