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Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone:
cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos.
Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.
Sheryl Crow veut être la Springsteen, la Dylan de 2008. A quelques mois d'un scrutin crucial pour l'avenir des Etats-Unis, la chanteuse folk livre son neuvième album, Détours, son disque le plus personnel mais aussi le plus engagé depuis le début de sa carrière, il y a déjà 15 ans."Des leaders inspirés"
"C'est le disque le plus honnête que j'ai fait", avoue-t-elle. A l'heure où les Etats-Unis sont à la croisée des chemins, impossible en effet de soupçonner la chanteuse d'opportunisme, tant son implication idéologique pour diverses causes (opposition à la guerre en Irak, défense de la nature, des animaux) est connue et reconnue Outre-Atlantique. "Au travers de ce disque, j'appelle les gens, la société à se réveiller", dit-elle.
Pas question cependant de prendre ouvertement position pour un candidat à la présidentielle américaine, même si elle "se réjouit de voir de nouveaux leaders "inspirés" surgir", citant en exemple Barack Obama. Pas question non plus de s'impliquer plus concrètement en politique, en briguant un quelconque mandat. "Je peux servir mon pays bien mieux en poursuivant ma carrière musicale", estime-t-elle. Clairement et sans détours, ce disque en est la preuve.
RUADES ÉLECTRIQUES
Elle fait aussi écho à l'esthétique d'un dernier album, le très réussi Chrome Dreams II, où Neil Young varie les styles et les humeurs, de la ballade rustique au larsen maîtrisé. Une impression d'inventaire renforcée par l'aspect composite du trio qui l'accompagne : Ben Keith (pedal steel, claviers, guitares) était membre des Stray Gators, qui ont enregistré Harvest (1972) ; le bassiste Rick Rosas a participé à l'héroïque tournée Bluenotes de 1988. Quant au batteur Ralph Molina, il est le seul rescapé du groupe historique de Neil Young, Crazy Horse, avec ses fûts toujours surmontés d'un drapeau pirate.
Place d'abord aux ballades. Sept guitares et un banjo sont disposés en cercle sur une scène qui a envahi toute la profondeur en absorbant les coulisses. Elle tient à la fois du studio de répétition, de l'atelier d'artistes et du joyeux foutoir avec ses lettres de chrome cloutées et sa statue d'Indien en bois brut. Dès From Hank To Hendrix, la voix immaculée, l'harmonica et la guitare affirment leur présence, captivent tous les sens. Et le choix du répertoire contente tout le monde : trois titres d'Harvest, mais aussi des raretés (Ambulance Blues ou Journey Through The Past, jouée sur un piano de bastringue, prétexte à une évocation de sa grand-mère qui travaillait à l'entrée d'une mine de cuivre au Canada et recensait ceux qui n'étaient jamais remontés).
Après l'entracte, la charge est sonnée. Sous des lumières rouges et jaunes, le guitar hero se lance dans des ruades électriques, fait hurler et grésiller sa Gibson, défie le temps qui passe. No Hidden Path, récente chanson, devient un morceau de bravoure de près d'une demi-heure. Le folksinger sensible s'est métamorphosé en cavalier de l'Apocalypse.
by Paul Cashmere @ Undercover - February 12 2008
Lenny Kravitz has been taken to a hospital in Miami after suffering from severe bronchitis.
Kravitz was sent to the Mount Sinai Hospital on Monday. He had been suffering from the flu since mid-January and had respiratory tract infections.
It is bad timing for Kravitz who had only released his new album 'It Is Time For A Revolution' last week. He was meant to be in Europe this week promoting the new release.
'It's Time For A Revolution' is Kravitz' first album since 'Baptism' in 2004.
Comment un fils de pompier se met-il à la harpe ? La question ne tarde pas à venir en voyant Baby Dee, tout dernier bébé de l’année 1953 né entre deux usines chimiques à Cleveland (Ohio) - pour une baignade dans le lac, enjamber le tas de poissons morts… «Il y avait un piano dans la rue. Mon père est allé le désosser à coups de barre de fer. Très impressionnant : il ne restait que les cordes. J’ai touché : un son inouï…»
Terre vierge. On ne s’attardera pas sur le rapport du père à la musique. Même s’il demeure une influence majeure («C’est lui qui m’a appris à chanter. Ça ne lui ressemblait pas du tout. Ça a duré une minute. C’est resté»), on préférera le fils (devenu fille), original chez les originaux, fan du compositeur Renaissance Palestrina, qui déroule un air de cabaret sur une terre vierge entre Kurt Weill, Nino Rota et Robert Wyatt.
On ne comprend pas tout ce qu’il/elle raconte dans son mysticisme symboliste. Qu’il fut un «ours» quand il habitait une chambre de bonne rue Saint-Honoré, vers 1975, puis un «chat» dans ses freak shows donnés partout ensuite sur un tricycle. «Transgenre» comme ils disent, Baby Dee a dansé en marge de tout, chef de chœur dans une église du Bronx puis harpiste sur le premier album d’Antony & the Johnsons ; saltimbanque non moins croyant (lignée de catholiques irlandais), il n’avait aucun compte à rendre.
Et alors ? Il vient de troquer cette «liberté merveilleuse» contre quelque chose de différent : un album - son troisième - produit par le gourou folk Bonnie Prince Billy. «C’est la première fois que je ne faisais pas tout pour moi. La plupart des gens ont des enfants et leur vie en dépend. Moi, je ne connais pas cette expérience. Je pouvais aller partout avec mon tricycle. C’est très inhabituel, un tel degré de liberté.»
Ça rend seul aussi. Rencontré durant la tournée de l’album Superwolf, le prolifique Bonnie Prince Billy (Will Oldham à la ville) a joué ce rôle de producteur dont les artistes pensent toujours pouvoir se passer. Il a convaincu Baby Dee de s’attarder sur ses dernières chansons, d’une noirceur qui l’effrayait. «Mon épiphanie sombre, dit Baby Dee. Will m’a poussé à m’enfoncer tête baissée dans cette obscurité. L’épiphanie, ce n’est pas qu’une chose jolie. Ça peut être très étrange, quand la lumière disparaît, ce sentiment de perdre la foi dans un flash, comme un enfant qui hériterait de l’amertume de ses parents.»
«Douloureux». Si la chanson est une religion, Baby Dee a eu la foi sur le tard. Il s’y est mis à 45 ans. Premier couplet dans la maison d’Anne Frank à Amsterdam. «Je n’avais jamais fait le touriste, même pas la tour Eiffel à Paris. Là, l’endroit était si chargé… Alors, j’ai lu son livre. Ça a eu l’effet d’une vague qui oblitère tout le reste… Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais je ne pouvais plus me borner à une vie de sketchs. Ç’aurait été comme "les" abandonner dans les camps. C’était si douloureux que je me sentais enfin en vie. J’ai donc tout arrêté et suis allé rendre visite à ma mère.»
Pendant quatre ans, Baby Dee est resté dans l’Ohio, pour écrire. Il n’y avait quasi jamais remis les pieds pendant trente ans. Il y a repris le fil de son histoire, formulé la difficulté d’affronter le jour suivant à défaut d’être éternel, fouillé le doute, remué les souvenirs mauvais. «Je voulais arriver dans un endroit où j’aurais envie de vivre un autre jour, à nouveau. Je pense que j’y suis arrivé. Mais ça a été un sacré voyage.»
Voix douce haut perchée, voilà la ballade du roseau penchant : Safe Inside the Day. Avec une harpe, un piano, un violoncelle et un peu de barnum autour, c’est beau.

by Paul Cashmere @ Undercover - January 23 2008
Aussie actor Heath Ledger died in an apartment owned by Mary-Kate Olsen, it has been revealed.
The 28 year old actor died of a suspected drug overdose. Police have not ruled out suicide.
Olsen was not in New York. She was in California at the time of Ledger's death.
The apartment was at 421 Broome St in Soho.
Heath had booked a massage for 3.30pm. When the masseuse arrived, the housekeeper let her into the room after he failed to answer the door. Health was found dead in bed with pills around his body.
Ledger's last screen role was in the Bob Dylan biopic 'I'm Not There'. He had completed his role as The Joker in the next Batman movie 'Dark Knight'. His next scheduled role was meant to be in the Terry Gillam comedy 'The Imaginarium of Doctor Parnassus' which was due to start shorting in London shortly.
a grève des scénaristes américains commence à inquiéter les chaînes de télévision françaises, qui depuis quelques années engrangent l'essentiel de leur audience avec les séries importées d'Hollywood. Le mouvement dure depuis le 5 novembre 2007, mais les scénaristes campent toujours sur leurs positions. Ils réclament notamment des royalties pour la diffusion des films et des séries sur Internet. Faute de scripts, les tournages de toutes séries sont arrêtés. "Les Experts" de TF1, "FBI, portés disparus" de France 2, tout comme "Prison Break" de M6 sont au chômage technique."Le plan de crise n'est pas du tout déclenché à ce jour", rassure Laurent Stoch, directeur des acquisitions de TF1. Mais en pratique, le mouvement des scénaristes devrait produire ses premiers effets à l'antenne sur les chaînes françaises dans un an. "Si la grève n'est pas terminée au mois de mai, il faudra vraiment que nous nous posions des questions sur ce que l'on fait en 2009", explique M. Storch. Cette année, "Les Experts" ou le "Docteur Mamour" de "Grey's Anatomy" seront encore fidèles au poste. Grâce au décalage avec les télévisions américaines. Ainsi TF1 va-t-elle démarrer la septième saison des "Experts" début février, au moment où, aux Etats-Unis, les téléspectateurs regardent la huitième saison de cette série policière.
En revanche, dès janvier 2009, "toutes les chaînes du monde entier se retrouveront avec seulement des demi-saisons", déplore le directeur des acquisitions de TF1. La faute aux méthodes de tournage en vigueur à Hollywood. Les vingt-quatre épisodes de chaque saison sont tournés en deux périodes interrompues par les vacances de Noël. "Canal+ a toute l'année 2008 couverte", précise Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. La chaîne cryptée commencera de souffrir en janvier 2009. "La septième saison de "24 Heures" n'a pas été tournée sauf quelques épisodes", révèle M. Belmer. Il prévoit que celle-ci "sera décalée au premier semestre 2009 sur Canal+. Si la grève s'arrête..." "Desperates Housewives", l'autre série phare de la chaîne à péage, devrait ausi pâtir du conflit. La demi-saison dont dispose Canal+ doit être programmée en septembre ou en janvier 2008, mais après, c'est l'inconnu.
OXYGÈNE POUR LA FICTION FRANÇAISE
Pour faire face, les chaînes veulent puiser dans leurs réserves. "Paradoxalement, la grève arrive à un moment où nous avons un maximum de nouvelles séries à mettre à l'antenne", veut croire Arnaud Boucher, directeur de la programmation de M6. Selon lui, "Kyle XY", "Shark", "Dammages" ou encore "Women's murder club" devraient remplacer avantageusement "Prison Breack" ou "NCIS". "Elles ont fait leurs preuves sur les chaînes de la TNT du groupe", insiste M. Boucher. "Kyle XY" ferait partie des meilleures audiences de la chaîne W9, avec près de 600 000 téléspectateurs... très loin cependant des 4, 6 millions de téléspectateurs de "Prison Break" ou des 10 millions de fidèles des "Experts" sur TF1.
En guise de "plan de crise", la Une va se retourner vers les séries françaises. "La grève pourrait apporter une énorme bouffée d'oxygène à la fiction française", annonce M. Storch. Mais aussi au cinéma. TF1 songe à faire passer le nombre de ses soirées cinéma, qui ont été 60 en 2007, à 80. Sur France 2, Sophie Gigon, directrice des acquisitions et de la jeunesse, a cherché d'autres sources d'approvisionnement : "Depuis un an, nous nous sommes tournés vers d'autres marchés : le Canada et les Pays-Bas."
M6 pourrait être la première touchée par la grève. Officiellement, c'est pour "innover en matière de programmation et limiter le piratage", que la chaîne a programmé "Prison Break" avec seulement quelques épisodes de décalage avec les Etats-Unis. Dans quelques semaines, la chaîne sera à court d'épisode. Cela pourrait peser sur ses recettes publicitaires. Le spot de 30 secondes lors de l'écran de coupure de "Prison Break", le plus cher de la chaîne, est facturé 70 000 euros. Sur TF1, le spot le plus cher, dans l'écran de coupure des "Experts", vaut 125 000 euros. "Joséphine ange gardien", de loin la plus performante des fictions françaises, est loin de ces sommets. Le spot le plus cher ne coûte "que" 85 000 euros.
La grève pourrait fragiliser les télévisions généralistes face à des chaînes de la TNT qui ne cessent de gagner des parts de marché.
Cat P, alias Chan Marshall, possède une voix râpeuse, une petite fêlure dans les graves et une puissance, malgré tout, qui lui permettent la plus grande liberté : celle de transformer New York New York, le standard épique, en objet intimiste, ou de rebaptiser et réécrire Ramblin’ Man de Hank Williams, qui devient ici Ramblin’ (Wo)man. Il en faut, du talent, pour qu’à l’écoute on se mette à douter de la justesse mélodique des morceaux originaux, leur préférant souvent, et de loin, les arrangements et l’interprétation de la Catwoman d’Atlanta.
Chan Marshall est aussi cette fille tellement talentueuse et barrée qu’elle ne se révèle pas vraiment fiable sur scène - pouvant s’y montrer sublime ou pathétique. Après les vieilles légendes de la soul de Memphis, sortis de leur retraite pour l’accompagner sur scène l’an dernier, elle se produit cette fois-ci en formation plus restreinte, avec les garçons du Dirty Delta Blues.
Au fait : ce soir, Cat Power fête ses 36 ans. Il faudrait, au moins, que son public de fans (c’est complet depuis des lustres) lui chante un joli air. Nos vœux les plus sincères.
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| Crédit Photo : Polydor | |||
| Morley | |||
David STRAUS - le 14/01/2008 - 16h41
Morley. Seen. Polydor.
Morley, petite fille du Queens jamaïcain, veut devenir danseuse. Elle décroche une bourse. Mais une blessure l'empêche de poursuivre sur cette voie. Qu'importe elle fera danser les autres. Un temps. Morley aurait pu sortir son premier album il y a dix ans. Sun Machine est bouclé. Nouveau coup du sort, le label qui le produit doit mettre la clé sous la porte. Son premier disque attendra. Elle se produit dans des salles, dans des festivals, participe à une comédie musicale. Un temps. Puis elle enseigne le yoga. Un temps. Morley porte sa vie dans ses textes doux et ciselés, dans sa voix chaude, légèrement égratignée, qui rappelle celle de Tracy Chapman.
Days like these, en 2006, avait révélé le beau talent de cette jeune femme blonde. Seen, son nouvel album, le confirme. Enregistré en studio à New York, l'opus s'ouvre sur Somebody new, un slow tout droit sorti des années 50. Temporary lighthouses, et sa guitare aux accents country, fleurent bon les étendues du Grand-Ouest américain. Même parfum pour No Evidence qui raconte le sort de jeunes femmes soldats, abusées par leurs officiers en Irak.
"Je crois en une chose : la gentillesse"
A bien y songer le folk de Morley mérite moins son qualificatif d'urbain que celui de Joni Mitchell. Seen a perdu en dépouillement et répond un peu plus aux goûts d'un large public américain. Guitares country, mandoline, percussions reggae, arrangements un peu insistants, on avait déjà connu cette évolution, dans le jazz, avec Norah Jones : les deux artistes ont pour producteur Jay Newland.
Fidèle à ses débuts, Morley s'inscrit dans la longue tradition du folk engagé, sinon contestataire. On a déjà évoqué No Evidence. Il y aussi Crimes in the garden qui dénonce l'instrumentalisation des enfants dans les conflits. "Tous les conflits, précise la chanteuse, des plus guerriers aux plus courants, tels ceux entre maris et femmes, lors des divorces". Behind the rim évoque les dépendances. "Pour changer quelque chose dans la vie, il faut être capable de l'affronter". C'est ça Morley : résolument positive. "Je crois en une chose, la gentillesse."