Silver Mt. Zion news
Silver Mt. Zion à cordes et à cris.
Postrock.
Le groupe canadien, militant et atypique, sort
un cinquième album.
Recueilli par SOPHIAN FANEN, Libération : mardi
11 mars 2008
Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra &
Tra-La-La Band. 13 Blues for Thirteen Moons
(Constellation/Differ-ant).
Fin 2000 à Montréal, Godspeed You ! Black
Emperor vient de sortir son manifeste sonore, Lift Your Skinny Fists Like
Antennas to Heaven. Le rock instrumental renoue avec la tension progressive des
années 70 en y mêlant des nappes de cordes mélancoliques. Le groupe explose, la
musique de la métropole québécoise se retrouve sous les projecteurs mondiaux, et
Constellation, le label de Godspeed, vend des centaines de ses disques aux
pochettes jusque-là collées à la main. Mais Godspeed attaque déjà son dernier
acte, les musiciens sont vite lassés du message politique qu’on veut leur faire
porter.
Poussés par le guitariste Efrim Menuck, discret
meneur perpétuellement caché derrière ses longs cheveux et sa barbe, une partie
du groupe se replie vers un projet parallèle : A Silver Mt. Zion. Une
respiration pensée sans lendemain, pour faire plaisir à Menuck, qui veut y
expérimenter une musique moins cadrée et… parler de la mort de sa chienne.
Finalement, parvenu au bout de sa démarche musicale, Godspeed est mis entre
parenthèses après un dernier album furieux en 2002, et c’est Silver Mt. Zion qui
prend la relève. Instrumental à ses débuts, le groupe se met à chanter et à
produire un lent blues folk scandé, prostré devant un mur de son au sens
dramatique prononcé. «Plus d’action, moins de larmes» devient le mot
d’ordre.
Devenu Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra
& Tra-La-La Band, le collectif sort cette semaine un cinquième album : 13
Blues for Thirteen Moons. Quatre longues pièces chapitrées qui prolongent le
durcissement sonore entamé depuis quelque temps et laissent parler les mots, là
où les guitares s’exprimaient auparavant. Rencontre avec Efrim Menuck,
porte-parole d’un groupe militant et atypique. Thee Silver Mt. Zion a-t-il
définitivement pris la place de Godspeed ? Oui, de fait. Godspeed c’était trop
de frustration accumulée, un groupe de dix personnes, des concerts complexes. Et
puis la réputation du groupe était bien plus grosse qu’il n’était en réalité.
Nous étions militants, pas politiques ; au fur et à mesure, il est devenu
impossible de modifier l’image que le monde avait de nous. Godspeed n’était pas
un porte-drapeau. Nous avions aussi envie d’une musique moins méthodologique,
qui laisse davantage de place au hasard et à l’improvisation. Les morceaux de
Godspeed étaient très écrits et figés. Silver Mt. Zion est un territoire
d’expérimentation permanente. Pour cet album par exemple, nous avons développé
les morceaux sur scène avant de les enregistrer. Ce qui a fait naître cette
écriture plus directement rock ? Sans doute, mais il y a eu d’autres choses. On
a joué avec Patti Smith [en octobre, au festival Pop Montréal, ndlr], puis
travaillé avec Vic Chesnutt sur son dernier album et une tournée.
Ces expériences nous ont soudé en tant que
groupe scénique, alors qu’au départ Silver Mt. Zion était un projet studio.
Musicalement, ça change beaucoup de choses. Est-ce ce processus qui, d’album en
album, a accentué la place du chant ? Ça, c’est ma partie, et ce disque est plus
important que les autres pour moi de ce côté-là. Il est plus dur parce que 2006
et 2007 ont été des années difficiles, pour des raisons personnelles. J’étais
très triste et en colère, ce qui ressort forcément. Une impression diffuse
traverse les textes, comme une connexion avec le folk et le blues de la
dépression américaine des années 1920-1930. C’est une inspiration ?
Complètement, il y a du Bessie Smith et du Blind Willie Johnson dans les
chansons. Mais aussi quelque chose des premiers albums des Yardbirds, ce blues
britannique nerveux, dans le morceau 13 Blues for Thirteen Moons. 1 000 000 Died
to Make This Sound est pour sa part directement dédié à tous les musiciens
itinérants d’Amérique du Nord, ceux qui expliquaient les problèmes à la
population. On essaie de s’inscrire dans cette tradition.
C’est votre côté politique ? Ce n’est pas tant
de la politique que la vie de tous les jours : la pauvreté, la guerre qu’on ne
veut pas, l’aliénation par le travail, les délires bancaires… Ce sont des enjeux
sociaux qui ne sont pas assez pris en compte au Canada. J’ai quitté mes parents
à 17 ans et pendant trois ans j’avais nulle part où dormir, pas de boulot. La
pauvreté est un combat au quotidien.
Constellation, label échappé. La maison de
disques culte de Montréal continue d’œuvrer à part. S La maison de disques
montréalaise Constellation a fêté ses dix ans l’an dernier, avec la discrétion
qui la caractérise. Ce qui n’empêche pas de se poser quelques questions sur
l’avenir de cette forteresse anachronique, qui, avec ses belles pochettes
cartonnées, ses vinyles 180 g (format de luxe) et des albums numériques lâchés à
contrecœur, poursuit sa route au milieu du flou intégral qu’est le monde de la
musique en 2008.
Efrim Menuck : «Constellation n’a pas vraiment
changé. Nous sommes toujours une communauté soudée, avec pour seul principe de
réinvestir l’argent gagné. Ce qui passe par le financement de notre studio
d’enregistrement et la production de groupe locaux.» Une décision a tout de même
marqué une réelle rupture ces deux dernières années : Constellation a signé des
artistes hors Canada, des Américains. La rockeuse féministe Carla Bozulich, puis
le chanteur folk Vic Chesnutt. Et loin du faste des années Godspeed You ! Black
Emperor, des noms comme Do Make Say Think (postrock instrumental), Sandro Perri
(auteur du beau disque folk Tiny Mirrors en 2007) et Black Ox Orkestar (jazz
klezmer) trouvent une visibilité plus large et rompent avec l’enfermement de
Constellation dans le rock progressif grandiloquent. La suite ? «On croit au
format physique, affirme Efrim Menuck, serein.
Ceux qui aiment la musique ne seront jamais
heureux avec 3 000 albums dans leur disque dur.»
Jeff Healey
Jeff HEALEY nous quitte à 41 ans...
/ paru le 04/03/2008 /
Le guitariste de blues canadien Jeff Healey est
décédé dans un hôpital de Toronto des suites d'un cancer oculaire. Son épouse
Cristie devra élever seule leur fille Rachel (13 ans) et leur fils Derek (3
ans).
Le prodige de la 6 cordes avait perdu la vue à l'âge d'un an, suite
à un cancer de la rétine. A peine âgé de 3 ans, il apprit à jouer de la guitare.
Il développa un style particulier dû au fait qu'il était aveugle, il jouait la
guitare posée sur les genoux. A 6 ans, il donnait ses premiers
concerts.
Il collabora à la Canadian Broadcasting Corporation (radio
canadienne) pour un show hebdomadaire, il avait une collection de 25000 disques
78 tours de vintage music.
A 17 ans, il forme les Blue Direction, groupe
avec lequel il écume les clubs de Toronto. Très vite, ses qualités furent
reconnues par ses pairs, ce qui lui permet de partager la scène avec de grands
noms de la blues connection : Albert Collins, B B King, George Harrison (moins
blues), Stevie Ray Vaughan,...
Il forme le Jeff Healey Band avec Tom
Stephen aux drums et Joe Rockman à la basse. En 1988, ils signent chez Arista.
Bingo... l'album "See the Light" connaît un succès énorme, 300.000 copies
vendues au Canada ! Le titre "Angel eyes" (toujours les yeux...) atteint le top
5 du Billboard. Le groupe participe au tournage du film "Road House" avec
Patrick Swayze.
Le Jeff Healey Band tourne sans répit avant d'enregistrer
"Hell to pay", a star-studded project... Mark Knopfler, Jeff Lynne, G Harrison,
Bobby Whitlock, ... y apportent leur collaboration. On en vend 2
millions.
Le groupe sortira 8 albums, le dernier "Mess of blues" doit
paraître ce mois-ci en Europe. Pour être convaincu de son immense talent,
écoutez sa version de "While my guitar gently weeps".
Nous pleurons tous cette
perte immense !
Sheryl Crow
Sheryl Crow, digne héritière de Dylan ?
Chronique - La chanteuse sort ce mois-ci Détours, son album le plus personnel mais aussi le plus impliqué politiquement.
Si l'album est incomparable avec les "grands" du genre contestataire, il est incontestablement réussi.
Sheryl Crow veut être la Springsteen, la Dylan de 2008. A quelques mois d'un scrutin crucial pour l'avenir des Etats-Unis, la chanteuse folk livre son neuvième album, Détours, son disque le plus personnel mais aussi le plus engagé depuis le début de sa carrière, il y a déjà 15 ans.
Impossible de comparer ce disque à ses deux illustres prédécesseurs de la chanson contestataire américaine, mais la petite chanteuse du Missouri devenue star aurait pu s'y casser les dents, comme beaucoup d'autres. Mais le disque est une réussite, si l'on écarte les deux ou trois morceaux sirupeux taillés pour les ondes des radios américaines.Guitare en bandoulière, Sheryl Crow chante avec une émotion non dissimulée, rarement entendue depuis son troisième album, The Globe Sessions, en 1998. C'est sans détours, contrairement à ce que laisse entendre le titre de l'album, que Sheryl Crow s'aventure dans la chanson politique : elle évoque les génocides sur Out Of Our Heads, le drame de Katrina sur God Bless This Mess, le règne de l'argent et des puissants sur Love Is Free, Shine Over Babylon ou Gasoline. "Des leaders inspirés"
"C'est le disque le plus honnête que j'ai fait", avoue-t-elle. A l'heure où les Etats-Unis sont à la croisée des chemins, impossible en effet de soupçonner la chanteuse d'opportunisme, tant son implication idéologique pour diverses causes (opposition à la guerre en Irak, défense de la nature, des animaux) est connue et reconnue Outre-Atlantique. "Au travers de ce disque, j'appelle les gens, la société à se réveiller", dit-elle.
Pas question cependant de prendre ouvertement position pour un candidat à la présidentielle américaine, même si elle "se réjouit de voir de nouveaux leaders "inspirés" surgir", citant en exemple Barack Obama. Pas question non plus de s'impliquer plus concrètement en politique, en briguant un quelconque mandat. "Je peux servir mon pays bien mieux en poursuivant ma carrière musicale", estime-t-elle. Clairement et sans détours, ce disque en est la preuve.
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Détours (A&m) est disponible. 15 euros -
Neil Young live
Critique.
Les deux visages de Neil Young.
Difficile d'imaginer que l'homme qui vient d'offrir près de deux heures et demie de musique si intense sur la scène du Grand Rex, jeudi 14 février, a manqué de succomber à une rupture d'anévrisme en 2005. On sort ébloui, groggy, du premier des deux concerts que donne Neil Young dans le théâtre cinéma-parisien, uniques étapes françaises de sa mini-tournée européenne intitulée Continental Tour. Peu d'artistes de cette génération (62 ans en ce qui le concerne) sont capables de prendre autant de risques et de remettre leur titre en jeu devant un public qui se renouvelle à chacun de ses passages.

Au Grand Rex, le Canadien a rassemblé les deux faces de sa personnalité (la voix féminine et fêlée de la prairie canadienne et du Laurey Canyon californien, mais aussi le terroriste sonique dont le mouvement grunge a fait son parrain). Cette dualité quasi schizophrénique (Neil Young seul et paisible, puis accompagné et furieux) ramène exactement à un de ses chefs-d'oeuvre, l'album Rust Never Sleeps, qui, en pleine tornade punk (1978), lui avait permis d'échapper au cimetière des vieux hippies.
RUADES ÉLECTRIQUES
Elle fait aussi écho à l'esthétique d'un dernier album, le très réussi Chrome Dreams II, où Neil Young varie les styles et les humeurs, de la ballade rustique au larsen maîtrisé. Une impression d'inventaire renforcée par l'aspect composite du trio qui l'accompagne : Ben Keith (pedal steel, claviers, guitares) était membre des Stray Gators, qui ont enregistré Harvest (1972) ; le bassiste Rick Rosas a participé à l'héroïque tournée Bluenotes de 1988. Quant au batteur Ralph Molina, il est le seul rescapé du groupe historique de Neil Young, Crazy Horse, avec ses fûts toujours surmontés d'un drapeau pirate.
Place d'abord aux ballades. Sept guitares et un banjo sont disposés en cercle sur une scène qui a envahi toute la profondeur en absorbant les coulisses. Elle tient à la fois du studio de répétition, de l'atelier d'artistes et du joyeux foutoir avec ses lettres de chrome cloutées et sa statue d'Indien en bois brut. Dès From Hank To Hendrix, la voix immaculée, l'harmonica et la guitare affirment leur présence, captivent tous les sens. Et le choix du répertoire contente tout le monde : trois titres d'Harvest, mais aussi des raretés (Ambulance Blues ou Journey Through The Past, jouée sur un piano de bastringue, prétexte à une évocation de sa grand-mère qui travaillait à l'entrée d'une mine de cuivre au Canada et recensait ceux qui n'étaient jamais remontés).
Après l'entracte, la charge est sonnée. Sous des lumières rouges et jaunes, le guitar hero se lance dans des ruades électriques, fait hurler et grésiller sa Gibson, défie le temps qui passe. No Hidden Path, récente chanson, devient un morceau de bravoure de près d'une demi-heure. Le folksinger sensible s'est métamorphosé en cavalier de l'Apocalypse.
Prochain concert : vendredi 15 février au Grand Rex (complet).
Bruno Lesprit, Le Monde
Writers Guild of America
Les scénaristes américains votent la fin de la
grève.
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
Après plus de trois mois de grève, les scénaristes de
télévision et de cinéma se sont prononcés à une écrasante majorité, mardi 12
février, pour la reprise du travail.
"La grève est finie", a déclaré le
président de la branche de la Côte ouest du syndicat Writers Guild of America
(WGA), Patric Verrone, à l'issue d'un vote à bulletin secret à New York et Los
Angeles. Selon lui, 92,5 % des votants ont donné leur accord à la fin du
mouvement social.
DOUBLEMENT DES DROITS D'AUTEUR
Cette consultation, dont
l'issue ne faisait guère de doute, intervenait deux jours après que la direction
de la WGA eut soutenu à l'unanimité un protocole d'accord avec l'AMPTP, le
syndicat des producteurs, sur les termes d'un nouveau contrat triennal.
Les
adhérents de la WGA s'étaient mis en grève le 5 novembre 2007 pour réclamer un
contrat tenant davantage compte de l'exploitation de leur travail sur de
nouveaux supports, comme les baladeurs numériques et Internet. Ce nouveau
contrat prévoit de doubler la part des droits d'auteur leur revenant pour les
films et les séries vendus sur la Toile.
Le tournage de nombreux films gelé
depuis des semaines va désormais pouvoir reprendre. Plus de soixante séries
télévisées ont vu leur tournage suspendu, dont Desperate Housewives et 24 Heures
chrono. Les tournages des films Anges et Démons avec Tom Hanks, Pinkville
d'Oliver Stone et Shantaram de Mira Nair avec Johnny Depp ont notamment été
retardés.
La fin de la grève permettra l'organisation de la cérémonie des
Oscars le 24 février, alors que les Golden Globes, début janvier, avaient été
annulés.
Lenny Kravitz news
Lenny Kravitz Hospitalized.
by Paul Cashmere @ Undercover - February 12 2008
Lenny Kravitz
Lenny Kravitz has been taken to a hospital in Miami after suffering from severe bronchitis.
Kravitz was sent to the Mount Sinai Hospital on Monday. He had been suffering from the flu since mid-January and had respiratory tract infections.
It is bad timing for Kravitz who had only released his new album 'It Is Time For A Revolution' last week. He was meant to be in Europe this week promoting the new release.
'It's Time For A Revolution' is Kravitz' first album since 'Baptism' in 2004.
Baby Dee
Baby Dee, unique en son
genre.
Folk. Sortie de «Safe Inside the
Day», nouvel album de ce protégé de Bonnie Prince Billy, entendu au côté
d’Anthony and The Johnsons.
Ludovic Perrin, Libération
Baby Dee Safe
Inside the Day (Discograph).
Comment un fils de pompier se met-il à la harpe ? La question
ne tarde pas à venir en voyant Baby Dee, tout dernier bébé de l’année 1953 né
entre deux usines chimiques à Cleveland (Ohio) - pour une baignade dans le lac,
enjamber le tas de poissons morts… «Il y avait un piano dans la rue. Mon père
est allé le désosser à coups de barre de fer. Très impressionnant : il ne
restait que les cordes. J’ai touché : un son inouï…»
Terre vierge. On ne
s’attardera pas sur le rapport du père à la musique. Même s’il demeure une
influence majeure («C’est lui qui m’a appris à chanter. Ça ne lui ressemblait
pas du tout. Ça a duré une minute. C’est resté»), on préférera le fils
(devenu fille), original chez les originaux, fan du compositeur Renaissance
Palestrina, qui déroule un air de cabaret sur une terre vierge entre Kurt Weill,
Nino Rota et Robert Wyatt.
On ne comprend pas tout ce
qu’il/elle raconte dans son mysticisme symboliste. Qu’il fut un «ours»
quand il habitait une chambre de bonne rue Saint-Honoré, vers 1975, puis un
«chat» dans ses freak shows donnés partout ensuite sur un
tricycle. «Transgenre» comme ils disent, Baby Dee a dansé en marge de tout, chef
de chœur dans une église du Bronx puis harpiste sur le premier album d’Antony
& the Johnsons ; saltimbanque non moins croyant (lignée de catholiques
irlandais), il n’avait aucun compte à rendre.
Et alors ? Il vient de troquer
cette «liberté merveilleuse» contre quelque chose de différent : un album
- son troisième - produit par le gourou folk Bonnie Prince Billy. «C’est la
première fois que je ne faisais pas tout pour moi. La plupart des gens ont des
enfants et leur vie en dépend. Moi, je ne connais pas cette expérience. Je
pouvais aller partout avec mon tricycle. C’est très inhabituel, un tel degré de
liberté.»
Ça rend seul aussi. Rencontré
durant la tournée de l’album Superwolf, le prolifique Bonnie Prince Billy
(Will Oldham à la ville) a joué ce rôle de producteur dont les artistes pensent
toujours pouvoir se passer. Il a convaincu Baby Dee de s’attarder sur ses
dernières chansons, d’une noirceur qui l’effrayait. «Mon épiphanie
sombre, dit Baby Dee. Will m’a poussé à m’enfoncer tête baissée dans
cette obscurité. L’épiphanie, ce n’est pas qu’une chose jolie. Ça peut être très
étrange, quand la lumière disparaît, ce sentiment de perdre la foi dans un
flash, comme un enfant qui hériterait de l’amertume de ses parents.»
«Douloureux». Si la
chanson est une religion, Baby Dee a eu la foi sur le tard. Il s’y est mis à
45 ans. Premier couplet dans la maison d’Anne Frank à Amsterdam. «Je n’avais
jamais fait le touriste, même pas la tour Eiffel à Paris. Là, l’endroit était si
chargé… Alors, j’ai lu son livre. Ça a eu l’effet d’une vague qui oblitère tout
le reste… Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais je ne pouvais plus me borner
à une vie de sketchs. Ç’aurait été comme "les" abandonner dans les camps.
C’était si douloureux que je me sentais enfin en vie. J’ai donc tout arrêté et
suis allé rendre visite à ma mère.»
Pendant quatre ans, Baby Dee est
resté dans l’Ohio, pour écrire. Il n’y avait quasi jamais remis les pieds
pendant trente ans. Il y a repris le fil de son histoire, formulé la difficulté
d’affronter le jour suivant à défaut d’être éternel, fouillé le doute, remué les
souvenirs mauvais. «Je voulais arriver dans un endroit où j’aurais envie de
vivre un autre jour, à nouveau. Je pense que j’y suis arrivé. Mais ça a été un
sacré voyage.»
Voix douce haut perchée, voilà
la ballade du roseau penchant : Safe Inside the Day. Avec une harpe, un
piano, un violoncelle et un peu de barnum autour, c’est beau.
Damon Albarn
Escapades dans l'Ouest de Londres avec Damon
Albarn.

Crédit
Photo : LCI
The Good, The Bad & The
Queen
Le nouveau groupe de l'ex chanteur de Blur, The
Good The Bad & The Queen, sort son premier album.
En douze chansons,
The Good The Bad & The Queen explore Portobello, un quartier multiethnique
de l'Ouest de Londres.
Axel CONSTANTINOFF , LCI
Voilà
près de 20 ans que Paul Simonon n'avait pas touché à sa basse. L'ex membre
fondateur des Clash se consacrait à la peinture, entre deux apparitions
mondaines dans le West End de Londres. C'est par le plus grand des hasards qu'il
rencontra en 2004 le remuant Damon Albarn, qui, non content d'avoir formé deux
des groupes les plus excitants de ces dernières années, Blur et Gorillaz,
s'acharnait depuis quelques années déjà à donner vie à son nouveau projet, un
disque sur Portobello, un quartier de l'Ouest de Londres. Les deux hommes
habitaient à quelques maisons l'un de l'autre, sans le savoir. "Je suis passé en
studio pour écouter deux titres et je me suis dit que ça méritait qu'on essaye",
assure Paul Simonon.
Avec l'ancien Clash à bord, Damon Albarn, le
guitariste Simon Tong (The Verve, Gorillaz) et le batteur Tony Allen repartent
de zéro, réenregistrant complètement l'album. Conçu comme une balade dans cette
capitale multiethnique et multi facette, The Good The Bad & The Queen est un
patchwork des influences de ces quatre musiciens expérimentés : 80's Song fleure
bon les années 50, The Bunting Song et Nature Springs s'aventurent sur des
territoires musicaux électroniques jadis explorés par Air tandis que A Soldier's
Tale, soutenue par une guitare et un piano discrets, charme par sa simplicité et
sa fébrilité. L'album s'inspire aussi du dub sur Three Changes ou encore de la
britpop sur The Good The Bad & The Queen.
"Il ne s'agit pas d'un recueil de considérations
nostalgiques sur le fait d'être anglais, mais plutôt d'une vision inédite de
Portobello", explique Damon Albarn. "C'est un lieu de ralliement pour toutes les
communautés, les riches comme les pauvres", renchérit Paul Simonon. "Nous sommes
des produits de la vie dans ce quartier". The Good The Bad & The Queen est à
déguster dans les bacs depuis le 22 janvier.
The Good The Bad & The Queen, The Good The
Bad & The Queen (EMI) 16 euros
Heath Ledger RIP
Heath Ledger Found Dead In Olsen Twin
Apartment
by Paul Cashmere @ Undercover - January 23
2008
Heath
Ledger as The Joker in Dark Knight
Aussie actor Heath Ledger died in an apartment
owned by Mary-Kate Olsen, it has been revealed.
The 28 year old actor died of a suspected drug
overdose. Police have not ruled out suicide.
Olsen was not in New York. She was in California
at the time of Ledger's death.
The apartment was at 421 Broome St in
Soho.
Heath had booked a massage for 3.30pm. When the
masseuse arrived, the housekeeper let her into the room after he failed to
answer the door. Health was found dead in bed with pills around his
body.
Ledger's last screen role was in the Bob Dylan
biopic 'I'm Not There'. He had completed his role as The Joker in the next
Batman movie 'Dark Knight'. His next scheduled role was meant to be in the Terry
Gillam comedy 'The Imaginarium of Doctor Parnassus' which was due to start
shorting in London shortly.
Huelgas y Tele
La grève des scénaristes américains inquiète les chaînes françaises.
a grève des scénaristes américains commence à inquiéter les chaînes de télévision françaises, qui depuis quelques années engrangent l'essentiel de leur audience avec les séries importées d'Hollywood. Le mouvement dure depuis le 5 novembre 2007, mais les scénaristes campent toujours sur leurs positions. Ils réclament notamment des royalties pour la diffusion des films et des séries sur Internet. Faute de scripts, les tournages de toutes séries sont arrêtés. "Les Experts" de TF1, "FBI, portés disparus" de France 2, tout comme "Prison Break" de M6 sont au chômage technique.
"Le plan de crise n'est pas du tout déclenché à ce jour", rassure Laurent Stoch, directeur des acquisitions de TF1. Mais en pratique, le mouvement des scénaristes devrait produire ses premiers effets à l'antenne sur les chaînes françaises dans un an. "Si la grève n'est pas terminée au mois de mai, il faudra vraiment que nous nous posions des questions sur ce que l'on fait en 2009", explique M. Storch. Cette année, "Les Experts" ou le "Docteur Mamour" de "Grey's Anatomy" seront encore fidèles au poste. Grâce au décalage avec les télévisions américaines. Ainsi TF1 va-t-elle démarrer la septième saison des "Experts" début février, au moment où, aux Etats-Unis, les téléspectateurs regardent la huitième saison de cette série policière.
En revanche, dès janvier 2009, "toutes les chaînes du monde entier se retrouveront avec seulement des demi-saisons", déplore le directeur des acquisitions de TF1. La faute aux méthodes de tournage en vigueur à Hollywood. Les vingt-quatre épisodes de chaque saison sont tournés en deux périodes interrompues par les vacances de Noël. "Canal+ a toute l'année 2008 couverte", précise Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. La chaîne cryptée commencera de souffrir en janvier 2009. "La septième saison de "24 Heures" n'a pas été tournée sauf quelques épisodes", révèle M. Belmer. Il prévoit que celle-ci "sera décalée au premier semestre 2009 sur Canal+. Si la grève s'arrête..." "Desperates Housewives", l'autre série phare de la chaîne à péage, devrait ausi pâtir du conflit. La demi-saison dont dispose Canal+ doit être programmée en septembre ou en janvier 2008, mais après, c'est l'inconnu.
OXYGÈNE POUR LA FICTION FRANÇAISE
Pour faire face, les chaînes veulent puiser dans leurs réserves. "Paradoxalement, la grève arrive à un moment où nous avons un maximum de nouvelles séries à mettre à l'antenne", veut croire Arnaud Boucher, directeur de la programmation de M6. Selon lui, "Kyle XY", "Shark", "Dammages" ou encore "Women's murder club" devraient remplacer avantageusement "Prison Breack" ou "NCIS". "Elles ont fait leurs preuves sur les chaînes de la TNT du groupe", insiste M. Boucher. "Kyle XY" ferait partie des meilleures audiences de la chaîne W9, avec près de 600 000 téléspectateurs... très loin cependant des 4, 6 millions de téléspectateurs de "Prison Break" ou des 10 millions de fidèles des "Experts" sur TF1.
En guise de "plan de crise", la Une va se retourner vers les séries françaises. "La grève pourrait apporter une énorme bouffée d'oxygène à la fiction française", annonce M. Storch. Mais aussi au cinéma. TF1 songe à faire passer le nombre de ses soirées cinéma, qui ont été 60 en 2007, à 80. Sur France 2, Sophie Gigon, directrice des acquisitions et de la jeunesse, a cherché d'autres sources d'approvisionnement : "Depuis un an, nous nous sommes tournés vers d'autres marchés : le Canada et les Pays-Bas."
M6 pourrait être la première touchée par la grève. Officiellement, c'est pour "innover en matière de programmation et limiter le piratage", que la chaîne a programmé "Prison Break" avec seulement quelques épisodes de décalage avec les Etats-Unis. Dans quelques semaines, la chaîne sera à court d'épisode. Cela pourrait peser sur ses recettes publicitaires. Le spot de 30 secondes lors de l'écran de coupure de "Prison Break", le plus cher de la chaîne, est facturé 70 000 euros. Sur TF1, le spot le plus cher, dans l'écran de coupure des "Experts", vaut 125 000 euros. "Joséphine ange gardien", de loin la plus performante des fictions françaises, est loin de ces sommets. Le spot le plus cher ne coûte "que" 85 000 euros.
La grève pourrait fragiliser les télévisions généralistes face à des chaînes de la TNT qui ne cessent de gagner des parts de marché.
Guy Dutheil, Le Monde