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Nouvelles et commentaires à propos de culture alternative, pour la plupart issus de la presse francophone:
cinéma, littérature, politique, informatique, musique, concerts, groupes nouveaux, ainsi que coups de cœur persos.
Pour la petite histoire, je viens de Valparaiso au Chili et je vis à Montpellier, dans le sud ensoleillé de la France.
Cat P, alias Chan Marshall, possède une voix râpeuse, une petite fêlure dans les graves et une puissance, malgré tout, qui lui permettent la plus grande liberté : celle de transformer New York New York, le standard épique, en objet intimiste, ou de rebaptiser et réécrire Ramblin’ Man de Hank Williams, qui devient ici Ramblin’ (Wo)man. Il en faut, du talent, pour qu’à l’écoute on se mette à douter de la justesse mélodique des morceaux originaux, leur préférant souvent, et de loin, les arrangements et l’interprétation de la Catwoman d’Atlanta.
Chan Marshall est aussi cette fille tellement talentueuse et barrée qu’elle ne se révèle pas vraiment fiable sur scène - pouvant s’y montrer sublime ou pathétique. Après les vieilles légendes de la soul de Memphis, sortis de leur retraite pour l’accompagner sur scène l’an dernier, elle se produit cette fois-ci en formation plus restreinte, avec les garçons du Dirty Delta Blues.
Au fait : ce soir, Cat Power fête ses 36 ans. Il faudrait, au moins, que son public de fans (c’est complet depuis des lustres) lui chante un joli air. Nos vœux les plus sincères.
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| Crédit Photo : Polydor | |||
| Morley | |||
David STRAUS - le 14/01/2008 - 16h41
Morley. Seen. Polydor.
Morley, petite fille du Queens jamaïcain, veut devenir danseuse. Elle décroche une bourse. Mais une blessure l'empêche de poursuivre sur cette voie. Qu'importe elle fera danser les autres. Un temps. Morley aurait pu sortir son premier album il y a dix ans. Sun Machine est bouclé. Nouveau coup du sort, le label qui le produit doit mettre la clé sous la porte. Son premier disque attendra. Elle se produit dans des salles, dans des festivals, participe à une comédie musicale. Un temps. Puis elle enseigne le yoga. Un temps. Morley porte sa vie dans ses textes doux et ciselés, dans sa voix chaude, légèrement égratignée, qui rappelle celle de Tracy Chapman.
Days like these, en 2006, avait révélé le beau talent de cette jeune femme blonde. Seen, son nouvel album, le confirme. Enregistré en studio à New York, l'opus s'ouvre sur Somebody new, un slow tout droit sorti des années 50. Temporary lighthouses, et sa guitare aux accents country, fleurent bon les étendues du Grand-Ouest américain. Même parfum pour No Evidence qui raconte le sort de jeunes femmes soldats, abusées par leurs officiers en Irak.
"Je crois en une chose : la gentillesse"
A bien y songer le folk de Morley mérite moins son qualificatif d'urbain que celui de Joni Mitchell. Seen a perdu en dépouillement et répond un peu plus aux goûts d'un large public américain. Guitares country, mandoline, percussions reggae, arrangements un peu insistants, on avait déjà connu cette évolution, dans le jazz, avec Norah Jones : les deux artistes ont pour producteur Jay Newland.
Fidèle à ses débuts, Morley s'inscrit dans la longue tradition du folk engagé, sinon contestataire. On a déjà évoqué No Evidence. Il y aussi Crimes in the garden qui dénonce l'instrumentalisation des enfants dans les conflits. "Tous les conflits, précise la chanteuse, des plus guerriers aux plus courants, tels ceux entre maris et femmes, lors des divorces". Behind the rim évoque les dépendances. "Pour changer quelque chose dans la vie, il faut être capable de l'affronter". C'est ça Morley : résolument positive. "Je crois en une chose, la gentillesse."
Tokio Hotel - Zimmer 483, Live. Double DVD (sorti en novembre). Polydor. 29,99 euros
Les Tokio Hotel, c'est plus qu'un groupe de rock pour ados en mal d'identité, c'est un phénomène à eux tous seuls. Au point que la jaquette du DVD précise (en anglais...) que les sous-titres sont proposés en anglais, français, espagnol mais aussi polonais. Ça aide, quand on n'a pas fait comme les jeunes fans : apprendre l'allemand pour comprendre leurs chansons...
C'est donc parti pour une heure et quart dans l'univers des Tokio Hotel, avec le concert à Oberhausen, en Allemagne, et les coulisses de la tournée européenne. Les jeunes rockers allemands déchaînent les foules au féminin et font le plein à chaque concert. Les groupies ont fait la queue plus de 30 heures et s'habillent comme Bill...
Tout cela on le savait.
Côté pile, côté face
Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'à Paris, les Tokio Hotel sont passés en 3 mois d'une salle de 350 personnes (le Tarbendo) à 6000 au Zénith. Qu'ils sont scatos. Qu'ils jouent à l'avion téléguidé, au babyfoot, à la Playstation, et ping-pong "quand le show s'est bien passé". Que Bill est "égoïste" parce qu'il refuse de porter plus que son instrument de musique, soit son micro. Que Tom voyage avec une valise remplie de casquettes différentes pour recouvrir sa longue chevelure de rastas.
Que Gustav, le seul à avoir les cheveux courts est aussi le seul à ne pas être nerveux avant un concert. Du moins en apparence. Car il "perd 3 kilos (?) de liquide pendant un concert". Qu'en revanche le stress de Georg se traduit en fatigue, qu'il fait donc un somme sur le canapé avant le concert. Que certaines fans ont loué une caravane pour suivre le groupe dans sa tournée européenne. Que Bill signe des autographes sur la poitrine des filles.
Tout cela, c'est dans le 2e DVD.
«Gènes». Ces festivités marquent le coup d’envoi d’un programme de plus de trois cents manifestations, parmi lesquelles une rétrospective Klimt, une autre consacrée à Le Corbusier ou encore une exposition personnelle de l’artiste Pipilotti Rist. Le chef d’orchestre britannique Simon Rattle dirigera le prestigieux Philharmonique de Berlin en septembre et l’autre survivant des Beatles, Paul McCartney retournera dans sa cité natale pour un concert géant le 1er juin dans le stade mythique d’Anfield, antre du Liverpool FC. «Il fallait qu’ils soient là, ils font partie de nos gènes», a déclaré le directeur artistique Phil Redmond au Guardian à propos des ex-«garçons dans le vent». The beat goes on au mois de juillet célébrera la vibrante scène musicale des soixante dernières années.
De quoi faire oublier son image de cité laminée par la crise économique des années 70-80. Liverpool, synonyme de cimetière industriel, de misère sociale et de hooliganisme avec son taux de chômage flirtant avec les 25 % au plus fort de la crise est en pleine renaissance. La ville du nord-ouest de l’Angleterre qui compte 460 000 habitants a bénéficié d’une profonde réhabilitation ces vingt dernières années. Surnommée la «capitale des grues», elle aligne les bâtiments modernes, trois universités en plein essor, un commerce florissant.
Les quais et hangars en brique d’Albert Dock, sur les rives de la houleuse rivière Mersey, symbole longtemps de la désolation de Liverpool sont aujourd’hui le poumon culturel de la cité portuaire, avec le musée des Beatles, la Tate, le musée de l’esclavage. Des quartiers fantômes attendent toujours leur rénovation, notamment Toxteth, passage obligé du pèlerinage Beatles, un alignement de maisons identiques, où est né Ringo Starr.
Blason. Avec son titre de capitale culturelle, le berceau de la pop espère redorer son blason et attend 1,7 million de visiteurs en plus des 20 millions qui y passent chaque année. Reste à espérer que les dépenses des festivaliers suffiront à résorber le déficit de 20 millions de livres (26 millions d’euros) creusé par le festival dans les finances municipales.
David STRAUS - le 07/01/2008 - 12h04
Rooney
Calling the world
Polydor
Il y a quelque
temps, les types de Rooney usaient encore leurs jeans sur les
bancs de la fac à Los Angeles. Ils sortent aujourd'hui leur second album,
Calling the world, avec la quasi certitude de faire aussi bien que les
400.000 exemplaires vendus de leur premier opus éponyme.
Leur pop-rock ensoleillée, résolument joviale, et
les textes positive attitude rédigés par le chanteur Robert Schwartzman
ont tout pour emporter l'adhésion des plus jeunes et - mieux - conquérir les
playlistes des radios.
Et si les douze titres de Calling the
world laissent comme une impression de déjà-vu ou plutôt de déjà-entendu,
c'est normal : Rooney est un groupe sous influences. Des
pilleurs de tombes, accusent certains. Les mélodies rappellent les Beach Boys, les titres rock évoquent Blur,
notamment, et quelques rythmiques sonnent comme du David Bowie dans les années 80. Les cinq
s'aventurent même dans un mini-opéra rock avec I should've been after
You : du tout Queen.
Rooney n'amène rien de bien neuf. Mais il le
fait avec talent. Alors pourquoi s'en priver ?
a fin de l'année 2007 avait été marquée par les grands noms de la photographie américaine, avec des expositions sur Edward Steichen ou Helen Levitt. Le premier semestre de l'année 2008 célèbre encore l'Amérique, mais de façon plus discrète.A Paris, la Fondation Henri-Cartier-Bresson met en avant, du 17 janvier au 13 avril, un photographe méconnu autant que novateur, Saul Leiter, qui a misé dès les années 1950 sur la couleur, plutôt cantonnée alors aux magazines et à la publicité. Egalement peintre, Leiter a utilisé la rue pour composer des images poétiques, très loin des reportages en vogue à cette époque.
Au Jeu de paume, du 15 avril au 15 juin, Alec Soth, jeune Américain qui vient d'intégrer la célèbre agence Magnum, mène un travail sensible où l'intime se mêle à l'approche documentaire. Enfin, la Fondation Cartier pour l'art contemporain fera place, du 28 mars au 8 juin, à une figure mythique de la scène américaine, moins connue d'ordinaire en photographie que sur la scène musicale : Patti Smith exposera pour une fois son travail plastique, photos et dessins.
Les autres expositions de la rentrée se recentrent sur la France ou l'étranger proche : la Maison européenne de la photographie se penche, du 15 janvier au 30 mars, sur l'oeuvre poétique du Français Edouard Boubat (1923-1999), avec, en complément, l'aventure du magazine Réalités, où le photographe a travaillé avec Jean-Philippe Charbonnier, Frank Horvat et d'autres.
Le Jeu de paume confirme son intérêt pour l'image au sens large, avec une grande rétrospective, du 22 janvier au 30 mars, de la vidéaste finlandaise Eija Liisa Ahtila. Puis, du 15 avril au 15 juin, une exposition consacrée à la Française Valérie Mréjen, photographe, plasticienne et vidéaste, qui bâtit son travail autour de détails cruels et de lieux communs.
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es DJ avaient sauvé le disque vinyle à la fin des années 1980. Ils sont les premiers à l'enterrer définitivement le disque en ce nouveau siècle. Alors que les ventes de musique digitale peinent à décoller, les disc-jockeys se sont eux massivement convertis à la musique en fichiers. "Tout a vraiment basculé cet été, raconte DJ Chloé, dix ans de carrière entre Paris, Cologne, Londres ou Lisbonne. Jusqu'alors j'avais pu résister à la tendance du tout-numérique, mais c'est devenu impossible. Je ne reçois tout simplement presque plus de disques, CD ou vinyles."Lors de l'édition 2007 du festival des Transmusicales de Rennes, début décembre, le vinyle était d'ailleurs porté disparu, ou presque. De Girl Talk, jeune DJ armé de son seul ordinateur portable, aux deux gamins italiens de Bloody Beetroots qui brandissaient leurs rares CD comme des reliques, il n'y en avait que pour le mixage numérique.
A l'origine de ce mouvement, le passage au digital de nombreux labels face à la baisse des ventes depuis le début des années 2000. Presser des quantités de vinyles pour assurer la promotion d'un maxi qui se vendra en moyenne à 1 500 exemplaires devenait suicidaire. Sans compter les frais postaux. Le téléchargement permet de faire écouter le titre à tous les DJ du monde, en un clic.
Etienne de Crécy, DJ et producteur indépendant, s'est offert le plaisir d'une dernière pochette au format vinyle pour son nouveau maxi, Funk. "C'est la dernière fois, dit-il. Désormais, je me contenterai du fichier. Le support physique, même CD, n'est plus rentable. Et puis la musique en ligne permet aussi de sortir des projets qui n'auraient jamais vu le jour." Il vient ainsi de publier un concert de trente minutes qu'il a donné au château de Versailles en juin 2007. "Six titres, c'était trop court pour espérer sortir en CD. En téléchargement, ça vaut le coup."
Les DJ ont leurs boutiques en ligne : Beatport est la plus célèbre. L'équivalent des magasins très spécialisés qu'ils fréquentaient avant. Les morceaux ne sont pas en fichiers MP3, mais en MP4 ou WAV, des formats plus lourds, mais de meilleure qualité sonore. "La différence, c'est qu'on ne croise plus les copains", regrette Chloé.
"ON SE NOIE"
Elle télécharge beaucoup. A 2 ou 3 euros le morceau, c'est plus avantageux que les maxi vinyles qui contenaient pour 8 ou 10 euros trois ou quatre titres, dont certains ne plaisaient pas forcément. "Le plus perturbant, au départ, c'est la quantité de musique qui nous arrive sur l'ordinateur. Entre ce qu'on télécharge et ce que les labels envoient. On se noie véritablement, et pourtant notre métier nous apprend à écouter vite. Je commence tout juste à trouver mes repères."
La transition ne s'est pas faite sans douleur pour les plus anciens, mais le passage au CD avait préparé les esprits. Longtemps tabou dans la profession, le mix avec les CD s'est généralisé ces dernières années. Les DJ "commerciaux" ont été les premiers convertis.
Moins encombrant, le CD a aussi bénéficié des avancées techniques des platines professionnelles qui, tout en reproduisant les sensations d'un mix avec des disques vinyles, l'ont libéré de ses contraintes en lui ajoutant quelques atouts : possibilité de scratcher (une technique a priori indissociable du vinyle puisqu'il s'agit de faire crisser le diamant sur le sillon), calage au tempo automatique, possibilité de faire des boucles, de ralentir la vitesse sans changer de tonalité (et donc de mélanger des disques incompatibles auparavant).
LA BONNE OREILLE
Le mix numérique va encore plus loin. Le DJ peut séparer les pistes audio d'un morceau ou mélanger un nombre infini de sources sonores. Les platines sont désormais virtuelles, sur l'écran de l'ordinateur, pilotées par une petite console autonome.
"La véritable difficulté, explique Etienne de Crécy, c'est de se repérer dans sa discothèque numérique. Avec les vinyles ou les CD, on ne retenait pas les noms de morceaux, mais la couleur du disque, sa pochette. On écrivait des choses sur l'étiquette centrale, des aide-mémoire. Avec l'ordinateur c'est impossible. J'ai encore du mal à passer à cette étape."
Côté hip-hop, on ne rencontre guère de résistances. Des techniques qui nécessitaient des années d'apprentissage sont accessibles au premier venu. Reste à avoir la bonne oreille. Bien sûr, il y a les réfractaires, comme Jeff Mills, pionnier de la techno de Detroit, qui déclare régulièrement qu'il ne mixera jamais de CD, encore moins de fichiers numériques.
Figure du deejaying, Jeff Mills peut encore imposer ses choix, mais comme l'a remarqué Etienne de Crécy, les clubs ne renouvellent même plus les platines vinyles. "Souvent, elles sont rangées dans le placard, il faut demander de remplacer le diamant. A force, ça lasse."
Surtout, le mix numérique a un ultime allié de choix : la sciatique chronique qui fait des ravages chez les DJ à l'approche de la trentaine. Un sac de disques trop lourd vient encore d'avoir raison de Manu le Malin, grand nom de la techno hardcore, cloué au lit cet automne.
![]() Thom Yorke |
Radiohead signed a UK distribution deal with XL Recordings, home to Dizzee Rascal and the White Stripes, shortly after the digital release of In Rainbows in October, but not before their decision to effectively give away their music for free ensured it was the musical talking point of 2007.
Referring to this, Yorke said: "We have a moral justification in what we did in the sense that the majors and the big infrastructure of the music business has not addressed the way artists communicate directly with their fans." Added Yorke: "In fact, they seem to basically get in the way. Not only do they get in the way, but they take all the cash."
Guardian Unlimited © Guardian News and Media Limited 2008